‹ Le fou du Palais-RoyalChapitre 5 sur 127 · X. Quoi! cela n'est pas démontré pour vous · texte numérisé non relu

X. Quoi! cela n'est pas démontré pour vous

— Mais non ! dirent-ils tous.

X. Tenez, voici mon ami le docteur Frank qui va vous expliquer cela. N'est-il pas vrai, docteur, que les sources qui fécondent les vallées sont dues à l'existence des forêts?

Le docteur. Oui, sans doute; en permettant aux pluies de s'infiltrer lentement dans le sol, elles donnent naissance aux ruisseaux permanents, qui sans elles n'auraient été que des torrents destructeurs et passagers; déplus elles font office de carder les vents, d'abriter les coteaux. Placées dans de certaines circonstances, elles protègent les villes contre les maladies pestilentielles ; ainsi, à Rome, il est de tradition que le bois sacré, lucus^ où Numa consultait la nymphe Egérie, est indispensable à 'la salubrité de la ville ; et la science vient justifier la tradition.

X. Très bien! Maintenant je vais vous prouver que les Romains, tout barbares qu'ils étaient, eux et leur tradition, n'avaient garde d'être aussi imprévoyants que les Modernes avec leur Civilisation et leur sublime politique.

Un comédien. Qu'est-ce que la politique a à faire dans tout cela?

X. Vous Tallez voir. N'est-il pas vrai, docteur, qu'en cultivant la terre scientifiquement, en disposant les vignes, les bois, les terres arables et les prairies, non suivant les ca-

prices de tel ou tel, mais en consultant des règles générales» on élèverait, on équilibrerait la température, on rétablirait les climatures, enfin Ton régulariserait Tordre des saisons?

Le docteur. Ah ! ah ! ah ! Il est bien certain qu'en combinant et calculant tout cela... Oui... je crois bien que... Mais où voulez- vous en venir?

X. Maintenant, convenez-vous qu'en France nous n'avons plus qu'une saison passable, qui est Tautomne? que les étés sont arides? que les hivers se prolongent aux dépens du printemps, et que le mal gagne avec une rapidité effrayante? Dites-moi s'il est naturel de geler comme nous le faisons aujourd'hui, 28 avril 1839?

Le docteur. A vrai dire, il ne fait pas chaud... Après?

X. Maintenant, avouez-vous que l'on a fait depuis 300 ans tout le contraire de ce qu'indique la Science relative à la culture combinée? Conviendrez- vous que, grâce à cette anarchie, la vigne est chassée du Nord, que l'olivier et l'oranger disparaissent peu à peu de la Provence, et que, sur ces campagnes naguère encore si fertiles, aujourd'hui sèches et désolées, le mistral règne en maître absolu?

Le docteur. C'est un fait, messieurs.

X. Un autre fait que l'un de vos savants, que M. Raoul- Rochette a remarqué dans son voyage de Grèce , c'est que dans ce pays tant de fois dévasté tous les cours d'eau sont à sec ; c'est que l'Ilyssus n'est plus qu'un ruisseau perdu au milieu du lit où coulait, au temps de Socrate et de Platon> ce fleuve alors si vanté. M. Raoul-Rocbette a-t-il donné la cause de ce phénomène? Non! il n'a pas même songé qu'il fût utile de la rechercher... Maintenant, un autre fait tout opposé et tout récent. Le pacha d'Egypte, qui» dit-on, est un barbare, a eu l'idée de faire des planta-

tiohs de forêts Sans là Hanle<'Egy|>te ; il y a peta d'iinnéeà de oela. SaTeas-^vous le réssltat qa'a amené l'idée de œ barbare qai Ile s'en doutait guère ?e'est que les inondations do Mil se rcgolarisent, c'est que la fécondité du sol rem(tlace pea à peu l'aridité qui ruinait ce pays. Eh ! mon dieu ! n'allons pas cherclier nos preuves si loin : consultez les documents anciens , et vous verrez de combien la section actuelle de la Seine est moindre qu'il y a six ou huit cents ans...

L'architecte. J'attends la conclusion.

X j La conelusion ! Est-ce que si) à Philadelphie et à Pékin, situés comitië Maples au 40* degré de latitude^ les hivers sont jpluà rigoureux qu'à Francfort situé au 50*; et si à Québec et Astrakan, situés comme Toufi M 47* degfé , lé froid est souvent plus intense qu'à Pétersbourg, bien que la disposition relative deà lieux soit sensiblement la même pour Cbaetine de ces latitudes^ est'^ee qu'il n'y a pas une raison à tout cela? Et si les hdmmes reeoilnaissedt que leur action, soit anaf'ehique^ soit combinée, modifie en bien ou en mal lés elimattirëSj est-ee tpi'il faut s'en prendre à Dieti de ee que les elimatures S6 déghtdent jonmdlemént? esi-ee qn'il faut detâânder eompte à Dieu des pestes, phthisies, hydro* pîsies, fièvreiSj hhumes et autres maladies qui désôieai Phumanité? Ce qu'il y a de plus triste, c'est que, suivant un adage, hélas! trop vrai dans ce monde à rebours, les bons s'en Voilt, les mauvais restent I . • j Est-ce qu'il est naturel que tant de braveà gens meurent ainsi avant Fâge? Est-ce qtle Dieu a Voulu que des généfations ëniièi*es disparussent viotitaies d'un fléau deàtruetèur? Gardez-votiS donc dedireeomnie Mtrë ami Pierre Dbrand dans le Sièchi car bien que je ne lise guère leâ jëumaux, belui-là m'est totebé ce thatin entre tes mains, et qu'àl-jë Ib? Le voici en propres lerlnés s«Le •I ciol a décidé» ( le eiél a décidé ! c'est fàbùlettx ! } » qde no«s é pasiéHuns le printemps en palletot. » Goncevet tous tîet homine qui s'eii ()rend au ciel? Parole d'honnettri c'est à

n'y paé tmUt ; ih ont tïoinmé ceh une fo«le dé mots tidi^s de seoti «vée lesqu A ib remplirent tel coioami d'un Journal; et ce qne j'admire le pl«tB^ t'ëlt qu'il y iit^ daiii les 86 départements, des gens, et en grand nombre, je ne dis pas poor lire ces vacuités, mais pour payer régalièrement lear abdnfienkem... OU n'aj^i d'Mée de trih! ^Ycilà, ajbnte

* notre spiHttiel autetir, voilà uh vêtement ( te pullëtot ) ijni

• s'accommede aaseÉ mal avec la courcmne dé roséft dom «les poètes classiques coiffent poétiquement la riante saison « de Flore.» Èhi ne voyez- vous pas que les poètes ont raison contre vous ; car si la saison de Flore n'est pas riante, elle devrait l'être, et lorsqu'elle ne l'est pas, ils t)nt dû rabins le bon esprit de ne point accuser le cielt

L*âà(::bit£ctë. J^àttehds tiaujours la eoneltision.

X. Vous croyez que je l'oublie, ma conclusion ! La voici, et si Vbils êtê^ bOto& logiciens, vous serez bieii fot'cés de l'admettre : c^elît Une '«l'atmosphère est, comme la tétre ellemême , un champ soumis à la culture de i'bemme I n

A cette proposition, tous partirent d'un éclat de rire, excepté Frank qui dit : <« Hum I il y a quelque chose •• il est ^miûiu il y A quelque «ho^é de vHli là-dMèASi.:.

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