‹ Le foyer bretonChapitre 10 sur 25 · L'ILE DE SAINT-NICOLAS · texte numérisé non relu

L'ILE DE SAINT-NICOLAS

Parmi toutes les baies qui découpent les côtes de la Bretagne, il n'en est aucune qui puisse être comparée, pour l'aridité sauvage de son aspect, à la baie d'Audierne. Les côtes de Douarnénèz , de Saint-Mathieu, de la Forest, de Peroz, de Lezardrieux, de Qaiberon, montrent encore, parfois, au milieu de leurs rochers, des oasis tapissées de bruyères roses ou de landes fleuries; des chaumières couvertes de genêts, au-dessus desquelles se penche un aubépin étayé de lierre; quelques vaches maigres, à l'œil farouche, et quelques moutons bruns broutant l'herbe rigide qui perce les cailloux ; mais, à Audierne, tout est dépouillé et désert ; nul ombrage, nulle fleur, nul bruit de vie, si ce n'est le cri du goéland qui passe efl'aré sous vos pieds

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en effleurant l'écume de la houle. C'est à peine si , par intervalles, quelques pâles traînées de gazon marin rongé par le vent teignent le granit du promontoire ou le sable de la dune; tandis que ça et là s'élèvent des menhirs penchés par l'ouragan et des dolmens à demi enfouis, que l'on prendrait, de loin, pour les squelettes pétrifiés de quelque animal gigantesque.

Je venais de parcourir à cheval tout le contour de cette côte sauvage; j'avais successivement visité l'enceinte druidrique de la pointe du Soc'h (i), les pierres levées de Plovan,Tréguennec et Plomeur (2), lorsque j'arrivai enfin à Kerity Penmar'ch(3), pauvre village qui fut une grande ville , et auquel il n'est resté de sa prospérité d'autrefois que les six églises qui prouvent encore son importance disparue î

Après les avoir visitées, ainsi que les ruines qui indiquent la place de cette cité où les moindres

(1) Soc'h ou souc'h signifie soc de charrue; nom qui a sans doute été donné à cette pointe à cause de sa forme et parce qu'elle fend la mer comme un soc fend les guérels.

(2) Plomeur signifie peuplade nombreuse.

(3) Peninarc'h, tète de cheval.

bourgeois, suivant le témoignage d'un contemporain , « buvoient dans des hanapes d'argent (1), » je me dirigeai vers une cabane de batelier, placée au bord de la mer, et où j'étais venu, trois années auparavant, louer un canot pour doubler la pointe de Penmarc'h. Désirant renouveler la même promenade, j'espérais retrouver, au môme lieu , mon ancien conducteur.

L'aspect extérieur de la cabane me confirma dans cette pensée. Rien en effet n'y était changé. Adossée à un débris de mur crénelé qui avait autrefois appartenu à une des maisons fortifiées de Penmarc'h (2) , la chaumière du batelier formait une sorte d'appentis dont le toit était couvert d algues marines retenues par de lourds galets. iJne claie de genêts verts tournant sur des liens d'osier tenait lieu de porte , et l'étroite fenêtre sans vitres et sans volets laissait échapper un léger nuage de fumée. Le sentier conduisant au seuil était parsemé de co-

(1) Le chanoine Moreau, Histoire de la Lijue en Cornouailles.

(2) Les habitants de Penmarc'h étaient exposés aux attaques des pirates, et, comme leur ville était sans défense, plusieurs d'entre eux avaient fortifié leurs maisons.

quillâges brisés. Un filet , blanchi par un long usage,, pendait du toit que couronnaient quelques épis d'orge nés dans cette couche d'algue presque réduite en poudre; enfin un oiseau de mer, dont on avait rogné les ailes, se tenait accroupi près de l'entrée, la tête cachée dans ses plumes. Au bruit de mon pas il se leva avec un cri rauque , et s'enfuit en agitant ses ailes mutilées. Un jeune garçon de douze ans parut aussitôt sur le seuil ; mais , en m'apercevant, il rentra précipitamment.

Accoutumé à cette sauvagerie des enfants de la côte et de la montagne, je le suivis dans la cabane.

Sa mère était à genoux sur le foyer, occupée à allumer un feu de goëmon ; en m'apercevant elle se releva.

— Que Dieu bénisse le gentilhomme (1), dit-elle en breton.

— Et vous, chère femme, répliquai-je. Je cherchais votre cabane.

— Elle est ouverte aux chrétiens, reprit -elle

(1) Les paysans bretons donnent ce litre de gentilhomme, diqentil, aux habitants des villes.

avec ce laconisine un peu prétentieux des paysans de la côte.

Je me retournai vers l'enfant qui, retranché derrière sa mère, continuait à me regarder d'un air de curiosité effarouchée.

— Le fils du logis ne me paraît pas mieux apprivoisé que son goëland, fis-je observer en souriant, j'ai fait fuir le garçon aussi vite que l'oiseau.

— Loïzik voit plus d'habits de toile que d'habits de drap, me répondit la paysanne^ les gentilshommes lui font peur.

— Il faudra pourtant que nous fassions connaissance, je viens ici chercher une barque.

— Il y en a une attachée au piquet.

— Et elle pourra me mener à Loctudy?

— Le vent est bon pour cela.

— Où est le maître pour me conduire?

La paysanne ne répondit pas sur-le-champ ; elle poussa du pied, dans le feu, quelques brins de goënion épars sur l'âtre , puis répliqua enfin :

— C'est moi qui manœuvre la barque.

— Vous? répétai-je étonné.

— Avec LoïzJk.

— Que fait donc alors le batelier?

— Il est mort.

Je relevai brusquement la tête , la femme et l'enfant étaient impassibles. Ces mots: // est mort ^ avaient été dits par la mère^ entendus par le fils, sans qu'un seul muscle de leurs visages eût frémi.

— Et y a-t-il longtemps? demandai-je.

— Voilà deux jours que son corps est dans la terre.

— Comment cela a-t-il pu arriver? le batelier était un homme fort et encore jeune , quand je l'ai vu il y a trois ans.

La paysanne me regarda.

— Oh! c'est le gentilhomme qu'Olyerr a conduit aux rochers de Penmarc'h, dit-elle; oui, je le reconnais; il avait donné à Olyerr un écu d'argent et à Loïzik deux réaies pour acheter des sabots. Olyerr disait bien qu'il avait promis de revenir.

— Et vous voyez que j'ai tenu parole.

— Oui, mais lui, il n'a pas pu attendre! voilà un an que la mort le cherchait; depuis un coup qu'il avait reçu à la lutte de Tretiagat, son cœur ne pouvait plus tenir dans sa poitrine... Enfin, la

semaine dernière, il s'est couché au milieu du jour j je suis ailé lui cherclier du pain blanc et de l'eau de feu ; mais il n'a pu ni manger, ni boire. Alors, le prêtre est venu, et, le lendemain soir, nous lui avons fermé les yeux.

Quoique tout cela fût dit d'un ton ferme, l'émotion était visible pour l'observateur attentif. Il y avait dans l'accent de la veuve quelque chose de bref qui témoignait la défiance de ses forces, et un léger tremblement agitait les narines. Quant à l'enfant , il avait détourné la tête et grattait la terre du talon.

Je hasardai une de ces consolations qui paraissent banales à nos esprits blasés, mais que les cœurs simples acceptent parce qu'elles sont les seules vraies. Je parlai à la veuve de son fils.

— Oui, oui, répliqua-t-elle après m'avoir écouté, ce que vous dites est d'un homme sage et d'un chrétien. Olyerr est maintenant dans la gloire (1), il n'a rien à désirer; et, quant à moi, je dois remercier Dieu , puisqu'il m'a laissé la force pour

(î) Expression brelonnc pour dira qu'un homme jouit de la béatitude céleste.

nourrir l'enfant. Si le canot et moi nous durons jusqu'à ce que Loïzik soit un homme, il n'y a i^as à se plaindre.

— Et c'est vous , maintenant , qui conduisez la barque? demandai-je.

— Avec le petit. Uon maître verra comme il gouverne déjà bien. Est-ce tout de suite qu'il faut partir ?

J'hésitai un instant. Le mer de Penmarc'h est difficile, et l'habileté nautique de la veuve et de son fils m'inspirait peu de confiance -, mais tous deux comptaient sur le gain de ce voyage , Loïzik s'était déjà chargé de la voile, et sa mère réunissait les avirons pour les porter au bateau j je me laissai entraîner à les suivre, et dix minutes après, nous faisions force dévoiles pour doubler la Torche,

Une révolution visible s'était opérée dans Loïzik, à partir du moment où nous avions débordé. Assis à l'arrière du canot, la tête droite et les cheveux au vent, il nous regardait en face, il me parlait sans crainte. Sa main tenait la barre avec une sorte de fierté joyeuse, et son pied nu, appuyé sur le bord de la barque, trempait dans la lame à chaque

embardée. On devinait l'enfant de la grève, habitué, comme le dit un poëte breton, « à prendre dès son enfance les flots pour coursier. » Quant à la veuve, elle se tenait près de la voile dans une morne immobilité.

Cependant le ciel était sombre , la mer lourde , et, à mesure que nous avancions , le vent devenait plus violent. La barque labourait les vagues avec effort , tressaillant à chaque lame. La vergue fatiguée criait contre le mât. Je regardai l'horizon : un nuage noir commençait à poindre vers le nord-ouest. Les oiseaux de mer passaient devant nous en rasant de plus près les flots, et l'on apercevait plus distinctement les courants, dont les traînées moiraient çà et là le vert pâle de la baie.

La veuve du batelier était toujours plongée dans sa rêverie distraite ; je me tournai vers Loïzik.

— Vois-tu ce nuage, là-bas ? lui demandai-je en désigant le point du ciel qui s'assombrissait de plus en plus.

— Oui, me répondit-il.

— J'ai peur qu'il ne nous amène du p^auvais temps.

f:2i LE FOYER DKETON.

•— Cest sûr.

— Mais ne vaudrait-il pas mieux alors virer de bord ?

— Ce serait aller au-devant du grain.

La réponse était sans réplique. Je réfléchis d'ailleurs que le vent, qui nous servait pour continuer notre route, serait contraire si nous rebroussions chemin, et qu'après tout il valait mieux recevoir la tourmente au large que près des récifs; je m'enveloppai donc dans mon caban, et je me résignai à attendre.

Le nuage noir s'allongeait de plus en plus vers nous. A le voir glisser rapidement au milieu de ce ciel pâle, on eût dit un des dragons des légendes bretonnes poursuivant notre barque à tire-d'aile. Son approche ne tarda pas à se faire sentir. La voile se tendit, tout à coup, en sifflant, le canot s'enfonça dans la lame , comme un cheval qui bronche, puis se releva brusquement et s'élança en avant avec la rapidité d'une mouette.

La veuve , arrachée à son immobilité par ce mouvement, prit quelques ris et assura l'écoute. Nous continuâmes ainsi quelque temps, fuyant pour

ainsi dire devant l'ouragan ; mais il finit par nous atteindre. Les sombres nuées qui nous avaient longtemps poursuivis nous entourèrent ; le rivage, le ciel, la mer, disparurent en même temps, et nous ne vîmes plus que le lit d'écume sur lequel notre barque courait comme une flèche.

Pas une parole n'avait été, jusqu'alors, prononcée. La veuve était toujours à la même place, les yeux tournés vers la voile, tandis que Loïzik, les deux mains appuyées sur la barre, maintenait avec effort la barque dans sa route.

Quelque préoccupé que je fusse du danger personnel auquel je nie trouvais exposé, je demeurai saisi de ce calme silencieux. La mère et le fils avaient évidemment une conscience aussi claire que complète de ce danger, et cependant ils le regardaient sans peur. Ce n'était, chez eux, ni dédain de la vie, ni orgueil devant la mort ; mais une sorte de stoïcisme natif, je ne sais quelle fermeté de nerfs qui fait partie du tempérament chez certaines races.

Celle de mes deux guides ne se démentit point un seul instant. La tempête devenait de plus en plus cITiénée. Obligés d'obéir au vent qui nous éloignait

de la côte, nous trouvions une mer toujours grossissante. Les lames qui balayaient la barque menaçaient, à chaque instant, de la faire sombrer, et nous ne suffisions point à la vider à mesure. H devint enfin évident qu'on ne pouvait continuer sans périr. Je proposai encore de gouverner vers la terre : la veuve secoua la tête.

— Si nous sommes trop faibles avec le vent, nous serions encore plus faibles contre lui, dit-elle : virer de bord, ce serait donner son corps aux poissons.

— Mais que faire alors ? m'écriai-je.

— Nous avons les îles sous le vent, hasarda Loïzik.

— Les Glénans ! répéta la veuve ; il a raison ! Un jour que le grain nous avait pris un peu plus loin, Olyerr a gouverné sur les Glénans. Oui, en gagnant les îles, on peut sauver la barque ! Ah ! le garçon, voyez-vous, a de l'eau de mer autour du cœur (1).

Ces mots ne firent passer aucun éclair d'orgueil sur les traits de l'enfant ; aussi impassible devant

(1) Dour vor èa dro è halon, expression bretonne pour dire qu'on est né marin.

réloge que devant le danger^ il fit décrire un quart de cercle à la barre, et mit le cap sur les îles.

Une déchirure qui venait de se faire dans le brouillard, permettait d'apercevoir, à l'est, ce groupe de cyclades lilliputiennes que l'on eût pris, de loin, pour un cercle de récifs. Une demi-heure suffit pour nous conduire en vue del'île Saint-Nicolas, Le vent soufflait avec moins de violence sur ces eaux, et nous pûmes aborder dans une anse où s'étaient déjà réfugiées plusieurs barques.

Nous trouvâmes leurs équipages réunis au milieu de l'île, près d'un puits à demi Cétruit. C'étaient des pêcheurs et des douaniers, surpris comme nous par la tempête. Ils entouraient un feu au-dessus duquel trois avirons croisés soutenaient une chaudière pleine de poisson, et ils étaient abrités par les voiles de leurs canots. Nous fûmes accueillis comme des convives attendus.

— Je disais bien que ce gueux de vent du coin (1) nous amènerait de la société ! s'écria un vieux pêcheur à cheveux gris et à visage parcheminé;

(1) Nom donné au vent d'ouest, kornaouek; on l'appelle aussi vent du coucher du soleil, avel ar c'hus-héol.

quand il souffle, le salon de M. Kergos devient le quartier général (l). Approchez-vous donc, bourgeois ; c'est ici logement militaire ; tout le monde a droit au feu et à la chandelle... et c'est le bon Dieu qui paye !

— Tiens, mterrompit un douanier en apercevant la veuve qui me suivait, c'est la mère Jagu et- Loïzik.

Le vieux pêcheur se retourna.

— Ah ! vous êtes en mer, la veuve, dit-il avec une certaine gravité sympathique ; je suis bien aise de vous voir. Morvan m'a dit hier ce qui vous était arrivé ; et, foi d'homme ! ça m'a fait de la peine. Appuyez un peu à bâbord , vous autres , pour donner place à la veuve ; et vous, Laurent, roulez un fauteuil au bourgeois.

Le douanier auquel il s'adressait avança un gros galet arrondi par la mer, sur lequel je m'assis ; tandis que la mère de Loïzik se mettait à genoux devant le feu.

Le grain auquel nous venions d'échapper si heu-

(0 Les îles Gîénans appartiennent à M. de Kergfos.

reusement avait gagné le sud-est, et l'on commençait à revoir les pointes de Penmarc'h et de Trévignon éclairées par le soleil couchant. Le vent, tout à l'heure si furieux, était presque subitement tombé et ne soufflait plus que par rafales interrompues; mais l'agitation de la mer n'avait point cessé, et le vieux pêcheur déclara que nous ne pouvions songer à regagner le continent avant le lendemain.

En toute autre occasion, la perspective d'une nuit passée sur cet îlot sans abri et battu par TOcéan m'eût sans doute trouvé peu résigné (J);

(1) Les Glénans, placées à environ quatre lieues et demie de la pointe de Penmarc'h, sont au nombre de neuf. Les principales sont les îles Guyotek, Guinenek, Drenek, Penfret, du Lock, de Saint-Nicolas et de la Cigogne : les trois premières n'ont rien de remarquable ; l'île Penfret a un puits d'eau douce, quelques pâturages et quatre anses où les bateaux peuvent aborder ; l'île du Lock renferme un étang (ce qui lui a donné son nom) ; l'île Saint-Nicolas a été habitée, et l'on y trouve un puits, elle sert de refuge ordinaire aux pêcheurs ; enfin l'île de la Cigogne, placée au centre des Glénans, est dominée par un fort qui défend ce petit archipel. -» f

Pendant l'empire, alors que les Anglais étaient maîtres de toutes les passes et bloquaient tous nos ports, rien ne leur eût été plus facile que de prendre ce petit fort ou obliger à l'abandonner, en arrêtant la chaloupe qui transportait des

mais le danger que je venais de courir m'avait disposé à l'optimisme. Encore brisé des secousses de ia barque, je trouvais une véritable volupté à sentir sous mes pieds un granit immobile; mes yeux, brûlés par l'écume des lames, se reposaient délicieusement sur les touffes de rares genêts qui parsemaient, autour de moi, le rocher; j'éprouvais enfin, quoique en petit, la joie de se reprendre à la vie qui rend les convalescents d'humeur si gaie et si facile. Cette halte au milieu de la mer était d'ailleurs une chose trop nouvelle pour n'avoir point son côté attrayant; je pris donc mon parti avec bonne humeur, j'acceptai l'offre que me firent mes compagnons de partager leur souper.

Je ne tardai pas d'ailleurs à trouver un nouveau motif de consolation. Occupé de la recherche des traditions populaires, je tournai bientôt l'entretien

vivres, toutes les semaines, à la garnison; mais, par une sorte de compromis tacite, ils laissèrent en paix les canonniers de la Cigogne, qui, de leur côté, ne tirèrent jamais sur leurs péniches lorsqu'elles venaient aborder aux Glénans.

Ce nom de glen-an signifie, mot à mot, pays de l'été; il a été sans doute donné aux îles à cause de leur positipn, au midi de la baie de la Forest.

de ce côté et je reconnus, à ma grande joie, que le hasard m'avait pour ainsi dire conduit par la main. Sur mes neuf compagnons, il y en avait quatre, le pêcheur , un douanier, la veuve, et au vieux patron qui pouvaient être regardés comme des conteurs d'élite. Ce fut d'eux, et pendant les heures passées au foyer de ce campement maritime, que je recueillis les traditions suivantes. Elles me furent racontées sous un ciel étoile, tandis que le vent, devenu plus calme , apportait jusqu'à nous les mille senteurs du rivage et que la mer grondait à nos pieds avec un reste de colère.

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