IX. Les Zélatrices
Dans la petite armée, c'est le bataillon d'élite. Elles ont l'endurance, l'entrain, le courage que rien n'altère ou diminue. Elles vont bravement au feu, c'est-à-dire au travail. Elles sont sur la brèche, aux endroits attaqués et menacés. Elles défendent et gardent la citadelle.
Je les salue avec respect, le respect qu'on a toujours pour le mérite qui s'ignore, pour le sacrifice qui se perpétue obscurément, pour la vie qui se dépense sans compter, au service des causes généralement délaissées. Les oeuvres catholiques vivent et progressent par ces dévouements effacés, comme les champs reçoivent et fécondent la semence par le travail constant des humbles laboureurs. Le Foyer le sait bien. Il se rappelle avec reconnaissance tout ce qu'ont fait pour lui ces chrétiennes vaillantes groupées peu à peu autour de ses oeuvres, et qu'il a poussées ensuite dans toutes les directions, à la conquête des hésitations, des doutes, des préjugés, de tout ce qui s'opposait à son action et à sa marche en avant. Une fois par mois elles se réunissent, écoutent le récit de ce qui s'est passé, reçoivent les informations nécessaires sur ce qui va bientôt se faire : un regard en arrière avec la mention: voilà ce qui a été accompli; un regard en avant avec l'indication: voilà ce qui sera fait. Et partout et toujours le mot qui résume leur histoire: travail. Travail pénible, ennuyeux, mais fécond, mais efficace, que la pureté des intentions élève pardessus les susceptibilités et les mécomptes, jusqu'à Dieu qui voit, se souvient et récompense.