ACTE DErXlÈME. lOÔ
DUFRÈUE
Mlle Rambert?... Je vous croyais au Foyer?
COURTIN
J'en viens... j'y suis depuis ce matin, mais pas de Mlle Rambert... Où est-elle? Où est-elle?... Je l'ai attendue jusqu'à trois beures... J'ai laissé un mot lui intimant l'ordre de me rejoindre ici... un mot bref!
DUFRÈRE
Je m'en rapporte à vous...
COIRTLX
Ah! cette journée!... Mon cher, ce que j'ai appris est inouï !... Je le prévoyais d'ailleurs... La lettre de ce matin avait un accent de sincérité...
DUFRÈRE
Alors?... Ces scènes... de flagellation?...
COURTIN, protestant.
Flagellation... flagellation! (Changeant de ton.) Le fait est qu'on les fouettait... Et puis, je sais des histoires, mon cher!...
DUFRÈRE, ironiquement, souriant.
L'abbé Laroze s'est donc décidé à violer le secret de la confession?
COURTIN, protestant.
Non... non... Oh! non!... (Changeant de ton.' G'est-àdire qu'il m'a désigné celles que je devais interroger... et soufflé les questions... Il y a des détails... (Dufrère s'approche.) pas à répéter... En tout cas, on les fouettait un peu rudement.
DUFRÈRE
Nues ?
110 LE FOYEU.
COURTIN, vite.
Très peu vêtues... très peu vêtues.
DUFRF.RE
Les témoins
COURTIN
Malheureusement exact... de témoins ou alors... c'était bien pire !
DUFRÈRE
AIil... Et Louisette Lapar?... ses blessures?
COURTIN
Elle est couchée... elle est blessée... Il n'y a pas à dire... très blessée... de grandes raies sanglantes sur les épaules, le dos... Oui, enfin... Et de la fièvre... du délire... Elle m'inquiète... Ah!
Uii silence.
DUFRÈRE
Ces histoires de nourriture?...
Ça !... quand elles se sont mises use plaindre... toute la kyrielle, naturellement... « Les ateliers sont infects... On travaille trop... On les éreinle... Il n'y a pas d'air... » C'est le cas de tous les ateliers...
DUFRÈRE
Le fait est...
COURTIN
« Les dortoirs dégoûtants... pas de place entre les lits, pas moyen de se laver... » Est-ce que je sais ?... Il est vrai que les dortoirs... Mais qu"y faire ?... Tous les établissements de charité en sont là... Quand on a passé.