‹ Le frère de Piron, comédie-vaudeville en un acteChapitre 20 sur 23 · PIRON, M-« PIRON · texte numérisé non relu

PIRON, M-« PIRON

M""^ PIROIV , V arrêtant et Vamenant sur le devant de la scène. Restez , monstre.

PIRON. Qu'est-ce qu'il y a , madame Piron?

jime piROiV. Il y a que vous êtes un infâme;

PIRON. Yoilà encore autre chose.

M™e PIRON. Je sais ce dont vous êtes capable , maintenant. C'est qu'il faisait le rigoriste encore; jamais un mot pour rire: mais je l'ai mise à la porte votre Babet.

PIRON. Quelle Babet?

jjme PIRON. Celle dont vous parlez si souvent. Je m'étais toujowrs doutée qu'il y avait quelque chose. Quelle horreur ! une domestique ! ça arrive de son village , encore ! . .

PIRON. Je veux mourir si...

jvjme PIRON. Je ne vous parle pas de vos Colin, Colinette; un tas de débauchés.

PIRON. Madame Piron, si c'est une gageure, je vous préviens qu'elle me fatigue ; et vous trouverez bon...

M-ne PIRON. Un moment I vous allez me dire quel est cet abbé qui s'en va la nuit... Il est bon qu'on le connaisse, qu'on sache à qui on a à faire à Dijon.

PIRON. Voulez- vous me laisser tranquille ?

M™^ PIRON. Mais vous comprenez que je ne resterai pas plus long-temps avec un homme qui affiche une pareille conduite.

PIRON. Comment?

5ime PIRON. C'est que dans toutes ces aventures il n'est jamais question de sa femme!.. Je quitte dès aujourd'hui cette maison pour n'y pas remettre les pieds; jamais, monsieur... vous n'aurez plus besoin de vous contraindre.

PIRON. Allez-vous en au diable.

M™^ PIRON. Et j'emmène ma fdle... la pauvre enfant ne sera pas témoin des scandales de son père. .

Air de la Colonne.

y*' Sur sa jeunesse et sur son innocence Je dois aller veiller en d'autres lieux ; De vos leçons la funeste influence , Profanerait ce trésor précieux...

L'exemple, Lélas ! est si contagieux!

PIROîf.

Ma patience est grîinde et je l'admire f

\^ De grâce, un mot, pour finir ces dtibals, i Dites-moi donc...

3,nie piRON.

Ail î ne nrapprochcz pas, Je A'ous trouve l'œil d'un satyre.

PIRON. Madame, je vous déclare que je ne sais ce que vous v($ulez dire avec vos Colin, Colinette...

M""* PIRON, se bouchant les oreilles, Alil vous aller me réciter... c'est bien assez de ce que j'en ai lu dans votre ouvrage...

PIRON. IMon ouvrage ?

jiitne PIRON. Taisez-vous, monsieur I s'il vous reste un peu de pudeur, taisez-vous.

PIRON. On me fera sortir de mon caractère.

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