I. Leclercq, 1er établissement de la foi. vol. 11, p
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âmes, il était bien propre à servir de maison pour la formation des aspirants à la vie religieuse et franciscaine ; son éloignement d'une demi-lieue de Québec lui procurait une solitude très favorable à un noviciat.
On ne peut s'empêcher de voir une bénédiction divine dans les deux premières vocations canadiennes à la vie franciscaine. Le premier novice canadien fut, dans son Ordre, un homme de haute valeur et de vertu peu ordinaire ; le deuxième fut un saint. Le premier fut Jacques Denis, fils de Pierre Denis, Sieur de La Ronde et de Catherine Leneuf, il reçut l'habit de Saint François le 9 mai 1677 des mains du R. Père Potentien Ozon, Commissaire Provincial et fut admis à la profession l'année suivante par le R. Père Valentin Le Roux, successeur du Père Potentien ; il fut ensuite envo)'é en France pour y faire ses études théologiques et y recevoir les ordres sacrés. Nous avons déjà nommé ce premier Récollet canadien, le Père Joseph Denis, premier biographe du deuxième Récollet canadien, le Frère Didace.
En même temps que le Frère Didace, un autre postulant avait revêtu l'habit de Saint François en qualité de Frère convers ; c'était un normand, natif "de Rouen.'" Charles Bazire, agent de la Compagnie des Indes occidentales, un des principaux marchands de Québec, en même temps qu'un homme de bonnes œuvres et un bienfaiteur des Récollets, était son cousin ; mais celui-ci était décédé depuis deux ans lorsque son parent embrassa la vie religieuse chez les Récollets sous le nom de Frère Charles Bazire. Ce compagnon de noviciat du Frère Didace était à peu près de son âge,^ mais sa carrière fut deux fois plus longue ; il est mort en France " à Corbeil, le I" juil-
ï. Table générale des Ré collet s de Saint- Denys Biblioth. Nat. Paris.
2. Nous n'ignorons pas que le recensement de 1681 lui donne 30 ans, donc 28 en 1679. Mais ce même recensement donne faussement 26 ans au Frère Didace, l'erreur peut aussi exister pour le Frère Bazire. Elle existe si nous nous en rapportons à la Table générale des Récollets de Saîjit-Denys que nous citons.
let 1738, âgé de 80 ans et de 59 en religion.' " Quel Récollet eut le bonheur de diriger les premiers pas du Frère Didace, dans la vie religieuse, c'est-à-dire quel était alors le Père Maître des novices au couvent de Notre-Dame des Anges ? Le R. Père Valentin Le Roux, Commissaire Provincial nous apprend par une lettre adressée au Père Chrétien Leclercq missionnaire des Gaspésiens, qu'en 1679 il y avait, en outre du Père Commissaire lui-même, sei7,e Récollets prêtres dans la Nouvelle-France. Douze se dépensaient dans diverses missions, et quatre demeuraient à Québec.^ Le Père Le Roux compris, il y avait donc cinq Récollets prêtres à Notre-Dame des Anges ; deux nous sont parfaitement connus : le Père Commissaire et le Père Luc Filiastre. Le Père Hilarion Guénin devait être un des trois autres. Un document le dit Vicaire du couvent en 1681.^ Son successeur