I . Serviteurs et servantes de Dieu en Canada^ p
Dieu s'est fait un plaisir d'attirer l'attention des peuples, aux temps choisis par sa Providence, sur celui qui s'était fait un plaisir de vivre humble, pauvre et inconnu.
Mais le Très-Haut ne s'arrête pas toujours là dans la glorification, même ici-bas, de ses serviteurs ; il veut les voir honorés sur la terre d'un culte public. Il veut que par un jugement solennel de son organe infaillible, l'Eglise, ils soient déclarés bienheureux dans le ciel, et que leurs noms soient inscrits au catalogue des saints. Dieu veut encore que ses élus, ainsi glorifiés, soient invoqués dans les prières publiques ; que des églises ou chapelles leur soient dédiées ; que des monuments rappellent leur mémoire ; que l'auguste sacrifice de la messe soit célébré en leur honneur ; que des fêtes solennelles soient instituées pour chanter leurs louanges ; que leurs images et portraits soient ornés du nimbe de la gloire ; que leurs reliques soient précieusement conservées et religieusement vénérées.
Quels grands, quels puissants selon le monde, obtiennent après leur mort de tels honneurs t
Aucun. Eux, ils s'effacent à la mort, les sainst revivent et leur mémoire est en perpétuelle bénédiction : Celui qui s'abaisse sera exalté.
Cette dernière partie du triomphe réservé par Dieu à ses plus fidèles serviteurs, n'a pas encore été réalisée pour notre Récollet. L'Eglise n'a pas encore porté le jugement solennel qui permettra d'inscrire au catalogue des saints le nom du Frère Didace Pelletier. " Ce jour si désiré^ " de la glorification suprême du premier Canadien-Français mort en réputation de sainteté, quand luira-t-il sur la Patrie Canadienne ? Dieu seul le sait. Nous avons déjà signalé les démarches qui ont été faites en cour de Rome, une première fois peu après la mort du serviteur de Dieu ; une deuxième fois il y a près de vingt ans ; nous devons ajouter que de nouvelles démarches sont encjore tentées à Rome auprès de ceux qui sont chargés de l'introduction de semblables causes.
Personne ne peut et ne doit assister en spec-
I. DrN. E. DiONNE, Serviteurs et servantes de Dieu -en Canada, p 170.
tateur insouciant à la poursuite de la cause de béatification du Frère Didace ; en Canada elle intéresse au plus haut point les Canadiens ; en tous lieux elle intéresse les enfants de la sainte Église ; car un saint de plus, c'est un fleuron nouveau ajouté à la couronne de gloire qui orne le front de notre Mère.
Est-ce que chacun ne peut pas prêter un -concours efficace à cette cause ? Mais certainement. Demandez et vous recevrez, a dit le Christ. Demandons la glorification du Frère Didace ; demandons que le serviteur de Dieu soit de plus en plus connu ; que la liste, déjà longue, de ses bienfaits, s'allonge toujours. Recourons nous-mêmes à la puissante intercession du bon Frère dans nos nécessités spirituelles et temporelles, publions hautement les faveurs reçues, et inspirons à ceux que nous verrons dans quelque besoin de l'âme ou du corps la confiance au bon Frère Didace. Nous ^.servirons ainsi sa cause avantageusement et nous hâterons le jour où l'Église sanctionnera notre dévotion à l'égard du Frère Didace en le plaçant sur les autels.