‹ Le frondeur, comedie en un acte et en versChapitre 24 sur 26 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

JULIE

Bon ! Valère plaisante,

Ma sœur; une folie aussi déshonorante Ne se pourroit jamais proposer autrement.

CLITANDRE

Sans doute.

VALÈRE

C’est , ma foi , très-sérieusement Que j’ouvre cet avis, que j’invite à le suivre.

S'il est des gens fâcheux, qu'on leur apprenne à vivre. De ce tour après tout quel mal résultera?

Des prudes vont crier, et le monde en rira.

Il dira : c’est bien fait.

JULIE

Oui; d affliger un père De flétrir ses vieux ans, d’exciter sa colère,

Et de fouler aux pieds sans crainte et sans pudebr Les lois de la nature et celles de l’honneur.

ERMINE

Oh ! vous prenez, ma sœur, les choses au tragique. VALERE.

Moi, je ne voyois là qu’un incident comique,

Un moyen un peu vif, deux hymens impromptu.

Ce seroit, suivant vous, outrager la vertu;

Il n’y faut plus penser. Armons-nous de constance; Puisque vous I ordonnez, aimons sans espérance. Car, avant de vouloir couronner notre amour.

Votre père attendra les faveurs de ia cour,

Qui pourroient n’étre point le prix de ses murmures, De son humeur caustique, enfin de ses injures.

CLITANDRE

A vous dire le vrai, ma foi, je le crains bien.

JULIE

Vous le connoissez mal. Non : il n’attendra rien Pour terminer au gril de votre impatience Losfortunés liens de la double alliance.

Il vient.

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