SCÈNE XV ET DERNIÈRE. 3i
En quelque lieu du monde où vous désiriez vivre ,
Ne nous refusez'pas la grâce de vous suivre ;
Mon père, vos enfans l'implorent à genoux.
Soit; mais pas de cousins.... Il me faut des époux (i).
Je ne résiste point au bon coeur de Julie.
Nous partirons demain. Ce soir, on se marie.
J'en suis, et pour jamais serviteur à la cour.
LISIMON.
Mon frère, avant deux mois y sera de retour.
Non, c’est bien résolu. N’attendant plus rien d’elle,
A ma franchise au moins je resterai fidèle,
Sans crainte des jaloux, sans courir de danger,
De ses torts envers moi je pourrai me venger.
Je vous ferai sentir ses fautes, scs méprises,
Et de nos I’haétons voyant les balourdises.
L’orgueil, les faux calculs, les défauts, les travers,
Vous direz : « Quelles mains gouvernent l’univers ! »
Le dépit aujourd’hui te domine et t'inspire.
Va , va, l’ambition reprendra son empire.
Tu n’as pas fait fortune au métier de frondeur.
Quitte un rôle odieux qui t’a porté malheur.
En tout genre, crois-moi , la meilleure manière De critiquer autrui, ce seroit de mieux faire.
(1) Il y a ici un jeu de the’àlre à observer: les acteurs doivent paroitre tour à tour, désoles, singulièrement attentifs et joyeux. Après ces mots : Pas de cousins , tous s’attristent. Après Si me faut, ils prêtent une attention expressive. Après des époux , ils font éclater leur joie.
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