le bureau des services techniques
L'organisation par groupes d’entreprises est postérieure de quelques mois à la création du Front du Travail. Elle a été rendue nécessaire par l’incorporation au Front du Travail des
associations professionnelles du commerce, de l'artisanat et des métiers. Elle permet de rejoindre les institutions économiques du IIIe Reich.
Les groupes d’entreprises sont au nombre de dix-huit : minéraux et métaux, cuir, agriculture, artisanat, commerce, professions libérales, assurances et banques, transports et services publics industriels, mines, papier, impression, chimie, métallurgie, bois, construction, confection, textile, alimentation.
Ces groupes économiques d’entreprises ont pour tâche de représenter la profession en groupant indistinctement les travailleurs : employés et chefs d’entreprise et de résoudre les questions d'ordre professionnel touchant une branche d'industrie. C’estune représentation toute bureaucratique des intérêts professionnels. Chacun des dix-huit groupes d'exploitation du Reich comprend des bureaux correspondant aux services centraux précédemment énumérés : bureau de la jeunesse, de l’éducation professionnelle, de la presse, bureau social, etc. Les questions y sont traitées par les spécialistes d’une branche professionnelle et non d’une manière générale pour l’ensemble du Reich. Ces groupes économiques sont en liaison constante avec le Ministère de l'Économie Nationale.
Cette répartition bureaucratique des problèmes du travail répond au dessein d'éviter les heurts qui pourraient rappeler la lutte des classes. Mais si, selon la conception nationalesocialiste, « organiser veut dire simplifier, simplifier et créer des relations simples », on ne saurait dire que le but semble véritablement atteint.
L'appareil administratif du Front du Travail semble éxcessivement lourd, Les bureaux du Front du Travail occupent à Berlin plus de quinze immeubles. En les visitant on éprouve l'impression d’être en présence d’une gigantesque bureaucratie ; chaque agent est strictement can“ tonné dans sa sphère et si aucun agent ne cherche à empiéter sur les attributions de son collègué, la plupart d’entre eux manquent de vués générales sur les problèmes traités. La superposition dés organismes né semble même pas aller sans doubles où triplés emplois, À tous les échelons la liaison avec d’autres services exige la présence d’un personnel considérable. D’une manière générale il faut compter un nombre d'agents très supérieur à celui employé en France à une besogne correspondante. On fait toutefois remarquer que le nombre des fonctionpaires de l’administration centrale du Front du Travail qui s’élève à 7.000 serait bien inférieur à celui des syndicats et que les frais d’adminis: tration ne représentent que 18 % des cotisations alors que les frais d'administration des syndicats auraient absorbé 40%, des mêmes ressources,