V. L'ORGANISATION LOCALE
L'organisation locale correspond à l’organisation locale du parti national-socialiste.
On y trouve une administration de région (Gauwaltung), de cercle (Kreiswaltung) de, groupe local (Oriswaltung). Le commandant de chaque subdivision administrative, région, cercle ou groupe local dirige à la fois les bureaux d’administration locale constitués à l’image de ceux de l’administration centrale et les groupes d’entreprises locales. Les commandants (Gauwalter, Kreiswalter et Ortswalter du Front du Travail) sont en même temps chefs dans leur circonscription soit des cellules d’entreprises nationales-socialistes, soit de l’organisation nationale-socialiste de l’artisanat, du commerce ou de l’industrie, leurs représentants dirigeant celle des formations à laquelle ils n’appartiennent pas.
Après l’administration du groupe local se rencontrent les plus petites unités du Front du Travail : la cellule de rue, organisme local, et la communauté d’entreprises.
La cellule de rue se subdivise en équipes de rue (Strassenblôcke). Elle s’occupe particulièrement des travailleurs qui ne sont pas incorporés dans les communautés d’entreprises des usines à raison de la nature de leur travail, des artisans par exemple. Les équipes de rues forment au surplus unorgane de renseignement très précieux pour le parti. Les chefs d’équipes du parti ( Blockleiter), du Front du Travail {Blockwarte), de l’assistance
nationale-socialiste (Blockwalter), de la ligue des femmes nationales-socialistes (Blockfrau), travaillent ensemble et constituent un véritable directoire de conscience en contact immédiat avec le peuple.
Dans le groupe d’entreprises dirigé par le commandant d’entreprise (Betriebswalter) on retrouve les cellules et les équipes, mais ce sont des cellules et des équipes formées à l’intérieur d’une usine ou d’une exploitation quelconques.
Chaque cellule comprend de deux à six.équipes, l’équipe de dix à vingt-cinq membres. Dans les cellules d’entreprises on ne trouve que des membres du parti. Les autres employés forment la suite de l’entreprise. Les commandants d’entreprise et les commandants de cellules d’entreprise appartiennent à l'état-major du groupe local.
Il convient de mentionner spécialement la présence à l’échelon inférieur du Front du Travail, dans l’entreprise, de la femme de confiance (Vertrauensfrau). Celle-ci peut être ou non « homme de confiance » au sens de la loi sur le régime du travail national du 20 janvier 1934 et dans ce cas, elle en assume les fonctions ; ïl en est ainsi d’ailleurs dans 80 % des entreprises à personnel mixte et dans toutes les entreprises à personnel féminin. Mais en dehors de toute fonction légale, la femme de confiance est déléguée du Front du Travail, dans l’entreprise et sous les ordres du délégué d’entreprise des cellules nationales-socialistes, elle sert d’intermédiaire entre le chef et le personnel de l’entreprise.
Dans l’entreprise existent en outre parfois des assistantes sociales d’usines (Soziale Betriebs-
arbeiterin) dont le nombre doit être multiplié. Ces assistantes, encore très peu nombreuses =où en compte 165 en 1937 — sont formées par le sérvice féminin du Front du Travail ; ellés né doivent pas être, comme les assistantes sociales existant en 1933, de simples instruments du chef d’entreprisés ne possédant que des notions d’ordre théorique. Leur mission est d’aider le patron et le conseil de confiance dans léur tâche de prévoyance à l’égard du personnel ; elles sont responsables de leur action devant le service féminin régional du Front du Travail. Dans l’entreprise, l’assistante sociale peut être en outre femme de confiance du Front du Travail et déléguée de la communauté nationale-socialiste la Force par la Joie. Elle est rénumérée pat le chef d’entreprise suivant un tarif fixé pour les différentes catégories d’assistantes sociales.
Le recrutement et la formation des assistantes sociales répondent avant tout au souci de posséder ün personnel au courant de la vie pratique des entreprises. Lés candidates peuvent soit avoir été ouvrières ou employées pendant cinq ans, soit se destiner directement à la fonction d’assistante sociale d'usine.
Dans le premier cas, il leur est recommandé d’avoir exercé les fonctions de femme de con: fiancée ; elles doivent en outre avoir effectué les stages suivants : six semaines de service volon: taité du travail, six semaines dans un hôpital, six semaines dans l’œuvre de bienfaisance nationale:socialiste, quatorze jours de camp de service des femmes du parti national-socialisté,
quatorze jours de pratique sous les ordres d’une assistante sociale.
Le délégué des cellules d’entreprise, le chef d'entreprise et le commandant d’entreprises doivent en outre certifier que la candidate possède les qualités requises pour sa fonction.
Les candidates qui n’ont pas fait partie du personnel d’une entreprise reçoivent une formation théorique d’une durée plus longue : cinq à six mois de cours et trois mois de travaux pratiques pendant lesquels elles doivent mener la vie des ouvrières ; puis deux à quatre semaines de stage dans une entreprise et une période de quatorze jours dans un camp du service féminin du Front du Travail.
Pour prévenir l’excès de l'influence bureaucratique dans le Front du Travail, l’accord signé entre le D' Schacht et le Dr Ley à Leipzig le 21 mars 1935 prévoit que dans toutes les formations du Front du Travail, les chefs d’entreprise et le personnel doivent participer en nombre égal à la présidence des séances et aux délibérations. Des réunions des chefs d’entreprise et du personnel doivent être organisées en vue de permettre une compréhension réciproque des besoins des uns et des autres, l’étude de la situation et des possibilités économiques de chaque entreprise.