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I. L'ÉDUCATION POLITIQUE

L'éducation politique est une des tâches principales du Front du Travail. Elle tend à faire pénétrer dans les masses ouvrières plus ou moins ralliées au régime le dogme, la doctrine du parti national-socialiste. Pour atteindre ce but, les moyens employés sont divers ; l’organisation même du Front du Travail en est un puisque pratiquement aucun travailleur allemand ne se tient et ne peut se tenir à l’écart de cette association qui rassemble tous les travailleurs encadrés par une puissante bureaucratie des membres du parti.

Cette éducation politique est l’œuvre notamment de la presse, des rapports d’entreprise et des pelotons du travail. Elle doit être distinguée de la formation politique directe proprement dite (politische Schulung) qui ne s’adresse qu’aux

cadres, c’est-à-dire aux fonctionnaires du Front du Travail et non aux membres des entreprises.

A. Les rapports d’entreprises.

Les rapports d’entreprise ( Betriebsappele) sont un des moyens qui, au même titre que les réunions, les marches en commun et les jours régionaux, apparaissent indispensables pour réaliser la communauté populaire. Ce sont des réunions de tous les membres de l’entreprise, employeur et employés, tenues à intervalles plus ou moins réguliers. Elles constituent parfois un moyen de reprise en main d’un personnel (1) qui, au garde-à-vous, avant de défiler, écoute les discours du chef d’entreprise ou du commissaire du travail. Ces rapports ont également lieu dans certaines circonstances solennelles comme lors de la mort d’un ouvrier.

Les thèmes des harangues sont les thèmes habituels : le directeur du cirque Busch en mai 1937 avant le départ de son établissement de Berlin a ainsi parlé de la vraie camaraderie nécessaire pour accomplir un véritable travail en commun (2). Le commissaire spécial du Travail pour la navigation, lors du départ d’un paquebot, a réuni tout l’équipage afin de lui exposer les grandes lignes de la législation sociale du tra-

vail (3).

(1) WerNerT, L’arl dans le IIIe Reich. Une tentative d'esthétique dirigée.

(2) Angriff du 19 mai 1937.

(3) Angriff du 15 mai 1937.

B. Les pelotons du travail.

À l’occasion des cérémonies réunissant le personne] de l’entreprise, des fêtes de camaraderie, des fêtes sportives, des excursions en groupes et particulièrement des appels ou rapports d’entreprises, les pelotons du travail ou troupes d’usines (Werkscharen) jouent un rôle particulièrement important. Ces pelotons encadrent leurs camarades de travail et doivent aider à la diffusion et à la pénétration des idées nationales-socialistes, eux seuls, d’ailleurs, recevant à cet effet dans des écoles une formation spéciale.

Les pelotons du travail se recrutent volontairement parmi les travailleurs âgés de dix-huit à vingt-cinq ans, membres ou non du parti national-socialiste, qui appartiennent au Front du Travail. Ce sont « les soldats du travail ». Le soldat étant, conformément aux vues générales de l’éducation nationale-socialiste, un homme quisait à qui il obéit, un homme qui se sent le soldat d’une idée concrète, le missionnaire d’une donnée historique (1).

À l’origine les pelotons du travail veillaient particulièrement au maintien des usages dans les entreprises et des coutumes locales ; ils participaient aux fêtes des usines, aux chœurs. Mais leur caractère a nettement évolué : l’éducation politique, sportive et militaire a pris le dessus sur « le développement culturel de la vie labo-

(1) Conférence du professeur Baeumler à Berlin le 12 juin 1933.

rieuse ». Grâce aux pelotons du travail le parti national-socialiste a noyauté les travailleurs plus ou moins hostiles au régime, a encadré une catégorie de la population dans laquelle se recrutaient très peu de membres des troupes d’assaut. A mesure que l’importance de ces troupes d’assaut a diminué, celle des pelotons d’usines a augmenté. Il existe d’ailleurs une certaine interpénétration entre les deux troupes : les troupes d’usines comprennent en premier lieu tous les membres des troupes d’assaut d’un établissement, l’encadrement est fréquemment assuré par les chefs des détachements d’assaut. Ce n’est d’ailleurs que grâce à des accords avec la direction des sections d'assaut, que l'effectif des pelotons du travail a pu progresser de 90.000 hommes en 1936 à 600.000 hommes en 1937.

Actuellement chargés « d’approfondir » les rapports entre ouvriers et patrons, les pelotons du travail remplissent principalement des services multiples dans l’usine : services d’honneur, appels d’usine, défense contre l’incendie, défense passive, postes sanitaires. En dehors des établissements, ils participent aux grandes démonstrations et aux réunions régionales du Front du Travail allemand, aux quêtes en faveur de l’œuvre du Secours d’hiver.

Aux pelotons du travail correspondent pour les jeunes gens un encadrement spécial dirigé par le chef de la jeunesse de l’entreprise (Betriebsjugendwalter) qui doit prendre soin de ses jeunes camarades.

Il existe en outre actuellement quatre cents pelotons du travail féminin dont les membres

assurent le service des soirées récréativés en chantant, et én maintenant la pratique des danses populaires.

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