ACTE î
DESROSI EH S.
Voyons, vilain enfant gâté.
Rentre un peu dans le calme et dans la vérité;
Pour une illusion, à tort, tu te tourmentes ;
Depuis quand trouves-tu tes cousines charmantes,
Toi qui faisais le fier, quand je te les offrais ?
Depuis que des maris sont-là, des maris vrais;
— La contradiction tourne toutes les têtes ;
Ces deux cousines-là pour toi n’étaient pas faites ;
Malgré leur gentillesse et malgré leur vertu !...
Tu ne les aimes pas.
Mais...
DESROSIERS
Laquelle aimes-tu ?
Quand on en aime deux, on n'en aime pas une.
LÉON
Mon oncle!...
DESROSIERS
Cher enfant, ma raison t’importune.
Pardon... si j’ai le cœur de plaisanter ainsi.
C’est que tout peut encor s’arranger, Dieu merci ;
Jamais de mon trésor je n’ai fait le partage,
Jamais je n’ai rêvé le moindre mariage,
Sans songer que mon frère, heureux quand je le suis,
A la meilleure part avait droit pour son fils.
Rassure-toi... Tandis que ton ingratitude Accuse un vieil ami, plein de sollicitude,
Ma pauvre Jeanne est là, tremblante, et ne sachant •
Ce qui rend aujourd’hui son cousin si méchant...
LE FRDIT DÉFENDU.
— Viens donc, Jeanne...
I » è Lion.
Regarde... As-tu vu dans le monde Rien de plus ravissant que cette tête blonde...
Et ce cher petit cœur?... un ange du bon Dieu!. .
Voilà ce qu'il te faut...
LÉON
Adieu, mon oncle, adieu!...
DESROSIERS
Non pas, mauvais sujet...
JEANNE
Qu'a-t-il donc?...
DESROSIERS
11 plaisante...
Voici nos mariés, viens que je te présente.