SCÈNE PREMIÈRE
CLAIRE, assise sous U bosquet, un livre tombé A côté d'ellr.
DE VARENNE
DE VARENNE
Plus maussade et plus triste encor qu’à l’ordinaire !... Certainement elle a quelque chose. Eh bien, Claire ! Qu’est-ce que nous ferons jusqu’au dîner?
Silence.
Tu dors?
CLAIRE
Non.
DE VARENNE
Son livre l’amuse énormément. — Je sors...
Si j'allais me baigner? non, l’idée est mauvaise.
Je viens de déjeuner... très-mal, par parenthèse.
Si j’allais pêcher?.,, diable... encore des goujons,
Comme hier... plus j’en prends et plus nous en mangeons. Léon n’arrive pas! est-il insupportable...
Il aura trop dansé cette nuit... c’est probable...
Hier, en s’en allant, il t’a dit comme à moi...
N’est-ce pas, qu’il viendrait par le premier convoi?
C’est celui-là qu’il prend tous les matins... Que faire? L’attendre ou bien... Voyons... veux-tu, pour te distraire. Venir te promener jusqu’à la station?
Nous le rencontrerons, j’espère... viens-tu?
CLAIRE
. Non...
Je reste.
DE VARENNE
En quatre mois, quelle métamorphose !
Je ne sais ce qu’elle a, mais elle a quelque chose.
Je ne vois pourtant rien qui puisse l’affliger.
Jamais personne ici ne vient nous déranger,
Pas d’importuns, jamais d'ennuyeuses visites...
Seuls, au milieu des champs, nous vivons en ermites !
Ce bon petit Léon ne peut pas la gêner.
Il s’en va tous les jours après le déjeuner;
Vingt fois je l’ai prié de rester davantage,
Mais vainement, monsieur a toujours de l’ouvrage! Monsieur fait et refait sa thèse!... De mon temps J’employais un peu mieux que cela mes vingt ans.
Enfin, il est gentil, je l’aime, et sa cousine Jusqu’ici lui faisait à peu près bonne mine...
A sa mauvaise humeur loin de contribuer,
11 ne pourrait, je crois, que la diminuer.
S’il lui déplaît pourtant, bien qu’il me divertisse,
Je ferais au repos ce dernier sacrifice.
Quand on parle du loup...