‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 3 sur 68 · ACTE r · texte numérisé non relu

ACTE r

Je revins ici... pauvre... et vous millionnaires!

Oui, de tout cet argent je ne suis pas jaloux;

Je n’eusse pas été le gagner là sans vous!...

Prenez-le, faites-en trois parts pour mes trois filles; Bientôt, à votre tour, vous aurez des familles!...

Le troisième mari, j’espère, n’est pas loin;

Prenez donc cet argent dont vous aurez besoin.

Pas de remercîmonts surtout, je vous en prie ;

Faire votre bonheur est ma coquetterie.

Pour que vos deux maris fussent dignes de vous,

J’ai suivi vos instincts et consulté vos goûts...

Vive, aimant le plaisir, dans l’hôtel de Varenne,

Claire, à Paris, vivra comme une Parisienne ;

Tandis que, campagnarde encore plus que moi,

Marguerite s’installe au château de Brunoy...

11 faudra bien qu’un jour Jeanne aussi m’abandonne; Jusque-là, je te garde à Melun, ma mignonne ;

Ainsi, chacun de nous, fidèle à ses penchants,

Habitera Paris, la province et les champs...

Je resterai souvent seul ici, mais ma porte

Sera toujours ouverte aux enfants qu’on m’emporte ;

Tout ce que je demande en mon dernier adieu,

Moi qui les aime tant, c’est qu'ils m’aiment un peu!...

— J’ai dit!... Pour ce long speach je vops demande grâce, Et votre vieil ami tous les cinq vous embrasse!... Maintenant, la gaîté doit reprendre son cours,

Assez d'apologie et de fades discours!

Livrons-nous sans contrainte au bonheur, à la joie!...

On tonne deliots.

Bien !... voilà quelque ami que le ciel nous envoie !

• On enlève la labié A manger.

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