‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 61 sur 68 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LÉON, DESROSIEKS.

Qu’est- ce qui leur prend donc à tous deux?

DESROSIERS

Qu’ils veulent te tuer... et cela se comprend

11 leur prend

ncP

Un duel!

DESROSIERS

Deux !

LÉON, passant à droite.

Très-bien !

DESROSIERS

Mais c’est épouvantable !

Mais vous jouez, monsieur, un rôle abominable ! Vous vous faites nourrir par deux pauvres maris.

DESROSIERS

Certainement, toi!... J’ai tout vu, tout compris! Tu déjeunes chez l'un, et chez l'autre tu dînes;

Pour les payer tu fais la cour à tes cousines ;

Sans calcul, je le sais, sans espoir de retour.

Sans même avoir pour toi l’excuse de l’amour.

Si j’avais tes vingt ans, si j’étais à ta place,

Dans le fond de mon cœur voyant ce qui se passe , Comprenant que je n’ai, car tu n’as aujourd'hui Qu’un insensé besoin d’aimer... n’importe qui;

Je dirais à mon oncle : « Au secours, je me noie!...

» Je veux me marier!... >>

LÉON

Moi?

DESROSIERS

i< Bien vite... avec joie

» Je suis un bon infant... un peu fou... je ferai » Un excellent mari dès que je le pourrai. .»

A cela je réponds : Connue ou non connue,

Brune ou blonde, choisis... la première venue !

Je t’en montrerai cent ce soir au bal.

LÉON

Merci !

DESROSIERS

Et tout s'arrangera le mieux du monde ainsi.

Sans larmes, sans duel, avec un bon notaire!...

— Jeanne, certainement, était bien ton affaire ;

Je n’ai jamais rien vu de plus délicieux :

On peut être aussi bien, on ne peut être mieux.

Mais je t’ai prévenu, tu dois le reconnaître.

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