MAD. POPE LARD
Et vous-même? Vous v'ià comme nous. Cets mamzelle qui ne voit pas le moment d'arriver.., Ce n'est pas moi qui court après; je ne suis jamais si bien que chez moi, au coin de mon feu, ou n'importe.
BOUVIER
C'est donc aujourd'hui le grand jour?
MAD, POPELARD.
Le plus beau jour de la vie, comme on dit... Ce n'est pas toujours le plus beau.
BOUVIER, r/rtn<.
C'est quelquefois le plus vilain, hé! hé 1
MAD. POPELARD.
Moi , j'en suis contente pour Virginie ; c'est une bonne fille, elle méritait ça ; avec ça, dame, qu'on n'est pas toujours jeune, on en prend un tous les ans , on avance , on est à charge à sa famille... Elle a trouvé, elle a, ma foi, bien fait d'en profiter... Vous connaissez le futur, je crois?
BOUVIER
Nous sommes camarades.
MAD. POPELARD.
Ah! oui, dans vos bureaux. C'est M. Lecamus , pas vrai , qui a fait le mariage ?
Je crois me rappeler, en effet,
MAD. POPELARD,
Je le reconnais bien là, celui-là ; il marierait chien et chat ; pourvu qu'il y ail du gigot , lui, ça y est égal.
BOUVIER
Mon Dieu ! personne de plus surpris que moi. 11 y a trois semaines, Plumet ne songeait pas plus à se marier qu'à... autre chose. Tout à coup, le lendemain, il me dit : Je me marie. Je lui en témoignai mon étonnement. 11 me dit : Oui, mon cher, on m'a parlé d'une personne...
MAD. POPELARD.
Voyez-vous ça! C'était Lecamus.
BOUVIER
Ma foi, je dis : Mon cher, je vous télicile... sans calembour. (// rit.)
MAD. POPELARD,
Vous avez sans doute vu Mlle Cheval?
BOUVIER
Je l'ai entrevue ; elle m'a paru bien , un air très convenable.
MAD. POPELARD.
Mais certainement, Virginie est fort bien. C'est grand, c'est fort, c'est charpenté, et puis elle se tient bien, elle a de la fraîcheur.
Je ne suis pas tout à fait de votre avis ; je trouve
d'eustache plumet. 0
le teint un peu foncé.., avec ce grand nez, ces sourcils noirs, ça lui donne un air... dur.
MAD. POPELARD.
Ah, dame !
BOUVIER
Un air... raale; elle a l'air trop mâle.
MAD. POPELARD.
11 VOUS faut ça, messieurs. {Ils sourient tous deux en se détournant.) Son futur la trouve-t-il bien ? voilà l'essentiel.
BOUVIER
Vous savez, les amoureux sont suspects. Encore est-il douteux que Plumet le soit, ou cela lui serait venu bien vite. Il m'en a parlé en camarade : il la trouve un peu grande pour lui.
MAD. POPELARD.
Pas fournie, n'est-ce pas?... Dame! si c'est son goût?
BOUVIER , finement.
C'est pour lui bien entendu; pour elle, ça fait très bien. Nous avons des phénomènes bien plus extraordinaires. C'est pour lui qu'il parle.
MAD. POPELARD.
Que voulez-vous? La plus belle fille ne peut donner que ce qu'elle a. (A sa fille.) Mais sontils méchants, ces hommes ! ils remarquent tout.
BOUVIER
Ah ! c'est une confidence, vous abusez d'une confidence ! c'est vrai, Plumet n'a rien de caché
'lO LES NOCKS
pour moi. Je puis dire que j'ai contribué pour ma part à son mariage ; je Tai conseillé hier dans une circonstance
MAD. POPELARD.
Bah I quoi donc ?
BOUVIER , *e rapprochant.
On lui avait écrit une lettre anonyme.
MAD. POPELARD.
Sur Virginie ?
BOUVIER
Oui... des ennemis.
MAD. POPELARD.
Ça, par exemple, ce n'est pas bien. Non, je n'approuve pas ça ; car enfin vous pouvez dire des horreurs de n'importe qui par ce moyen-là. Je ne dis pas ça pour Virginie , si elle était coupable... Une jeunesse se conduit mal, elle est dans son tort; elle trompe un homme, c'est tant pis pour elle: mais Tempécher de s'établir , causer des raisons dans une iainille!... faut être goujat.
BOUVIER
C'est ce que j'ai dit à Plumet: Méprisez ces choses-là.
MAU. POPELARD.
Eh ben oui , mais il reste toujours quelque petite.... castille. Mon Dieu, que je suis donc l'âcbéedeca ! il a l'airsidoux, ce M. Plumet!
DEUSTACHE PLUMET. \ !
BOUVIER
Excellent camarade. Nous sommes aussi liés qu'on peut l'être.
MAD. POPELARD.
A-t-il des grands moyens?
BOUVIER, riant.
Comment Tentendez-vous?... Vous me mettez dans rembarras — ^ ce n'est pas un génie...; il en est bien loin... même... Entre rj. ^nous, c'est un esprit assez... borné.
^' '^*\ MAD. POPELARD.
7^-" 1^1 U"^ P^" bêta?