‹ Le fusainChapitre 14 sur 17 · PAPIERS · texte numérisé non relu

PAPIERS

Les papiers généralement adoptés pour le dessin au fusain sont choisis, suivant le genre que l’on veut traiter, parmi les papiers mécaniques en main ou en rouleau de diverses nuances, ou parmi les papiers vergés à la forme.

MM. Allongé, Appian, Bellel, etc., se servent plus parti culièrement de papiers mécaniques blancs , bulles ou bleutés

dont le grain fin se prête mieux à leur manière de faire.

Les papiers vergés à la forme ont au contraire été plus favorablement adoptés par M. Lalanne, qui excelle à y jeter la variété de ses effets.

Ces sortes de papiers vergés, connues sous la dénomination de papier Ingres, offrent par leur vergeure des ressources d’effets très-étendues ; malheureusement il est trèsdifficile de trouver la réunion des qualités désirables en elles.

D’une fabrication à f autre, on rencontre des différences fâcheuses dans l’aspect du grain, dans le collage et la coloration de la pâte; des plis, des trous, des taches obligent à un choix presque impossible. De plus, le degré du collage n’étant pas sérieusement observé en fabrique, il arrive qu’un excès de colle empêche le passage du fixatif à travers le papier; dans le cas contraire, ce passage du liquide devenant trop prompt, entraîne le travail en amollissant le dessin. Collés inégalement, ces papiers offrent sur une même feuille l’effet d’une fixation complète et trop rapide dans certaines parties, puis nulle dans d’autres.

Pour obvier à ces inconvénients et pour avoir l’assurance d’un type invariable, nous faisons fabriquer spécialement, sur des données précises de grains, de nuances et de collage, une sorte de papier vergé marque Lalanne, réunissant toutes les qualités désirables, avec l’avantage de n’avoir de marque qu’au bord du papier, ce qui donne à l’étendue de la feuille une uniformité parfaite.

Ce papier existe de deux forces et de quatre nuances; il mesure o’”,6o sur o"q5o. Son grain, très-homogène, accroche le fusain en l’abandonnant complètement à la mie de pain ou à l’estompe, et permet des travaux pleins et nourris à côté de finesses extrêmes.

FIXATIO N.

Le fixatif composé d’essence de térébenthine et de vernis copal est d’un emploi économique et facile, mais il offre

des inconvénients qui ne *permettent pas de l’adopter : il graisse le papier, alourdit les tons du fusain et à la longue détermine une coloration trop sombre, en même temps que, par la complète évaporation, il ne laisse plus au fusain qu’une fixation imparfaite.

Le fixatif réellement supérieur est celui composé de gomme laque et d’alcool. Il est très-fluide et d’une grande puissance de fixation. Il relève les vigueurs du dessin, et donne à l’ensemble une coloration chaude et brillante sans détruire les valeurs. Il faut néanmoins, dans l’exécution du dessin, tenir compte de son effet sur les demi-teintes et les légèretés des lointains, en les maintenant très-blondes pour obtenir une harmonie générale après la fixation.

Pour fixer un fusain avec ce fixatif, l’opération est des plus simples, surtout si deux personnes peuvent prendre part à l’opération. Dans ce cas, l’un des opérateurs, saisissant la feuille de papier par deux de ses coins, en tournant le dessin de son côté, permet à l’autre de maintenir d’une main la feuille dans une position de pente légère et de pavSser, de l’autre main, le fixatif derrière le fusain à l’aide d’un pinceau de petit-gris chargé de fixatif. On suspend ensuite la feuille de papier à l’aide d’une pointe dite punaise contre un objet quelconque, en tenant le dessin en dehors ; en quelques minutes l’évaporation étant complète, on peut mettre son dessin en portefeuille sans aucune crainte.

Si l’on est seul pour faire l’opération, on attache la feuille de papier par deux de ses coins, à l’aide de pointes, contre une saillie quelconque, et l’on opère comme dans l’autre cas.

Si l’on a eu soin de se munir d’un châssis de la grandeur de son papier, le dessin, maintenu par les quatre coins sur le vide de ce châssis, se fixe avec la plus grande facilité. Nous parlerons plus loin de portefeuilles à châssis spéciaux disposés à cet effet.

Depuis quelque temps, divers appareils ^ en verre et en métal, munis d’une soufflerie en caoutchouc, permettent de pulvériser le fixatif et de le projeter directement à' la surface du dessin sous forme d’une vapeur qui, s’y incorporant, en fait adhérer toutes les parties sans la moindre altération.

Les conditions de fixation se trouvent, par ce fait, on ne peut plus simplifiées, et les résultats obtenus offrent en toutes circonstances une réussite certaine.

Avec ce mode de fixation, le papier pouvant n’être plus en feuilles libres et volantes, nous avons disposé à cet effet des blocs de feuilles réunies, de plusieurs formats et en diverses sortes,

La fixation directe donne encore l’avantage très-important de permettre des retouches successives après la première fixation, et de les fixer isolément et directement, ce qui n’est pas possible avec la fixation au pinceau par derrière, le papier une fois imprégné de fixatif ne se laissant pas de nouveau traverser par ce liquide.

Pour rendre le transport du fixatif plus facile, nous avons disposé des bidons métalliques avec bouchon à vis, de capacité de litre et de demi-litre.

Il existe également en métal dés petits bidons pouvant recevoir, à leur orifice, les divers appareils à fixer.

MENUS OBJ ETS.

Le crayon blanc américain^ d’une fabrication très-fine, se fixe en même temps que le fusain, sans jaunir ni tomber de valeur; il est d’un emploi plein de ressources pour les rehauts et les retouches.

Le crayon lithographique permet de faire certains noirs intenses après la fixation.

I. Le prospectus de la tin donne la description détaillée de ces divers appareils. ",

Le pinceau de petit-gris^ de forme plate et de largeurs diverses, sert à poser le fixatif derrière le papier.

Le taille-fusain^ de divers modèles formés d^une petite tablette en composition spéciale, montée sur un socle en bois, permet par son grain particulier d’obtenir, à l’aide du frottement, des pointes très-fines et très-solides. Le bout du fusain, tout d’abord dégrossi avec le canif, est ainsi jusqu’à la fin maintenu à l’état de pointe parfaite.

Les tortillons de papier gris laissent sur les travaux un peu de ton, les blancs produisent des efîets plus secs; ceux en papier buvard rose et en papier de soie servent à des travaux variés. Ces différentes propriétés tiennent à la nature du papier.

12 estompe de papier gris avec pointes ordinaires et celle en forme de patte de lièvre s’emploient pour étendre les tons dans les parties plus larges.

12 estompe en peau blanche enlève le travail, celle en peau jaune l’étale.

12 estompe de liège accentue les contours dans la demiteinte.

12 estompe en moelle de sureau étend les touches dans le ton donné sans en rien enlever.

12 estompe de soie donne des tons lavés, en imitant le travail du pinceau.

La ouate s’emploie pour les ciels et les eaux; V amadou de choix, pour les teintes plates, légères et fondues.

PORTEFEUILLES ISOLANTS.

Ces portefeuilles de campagne, pour l’étude d’après nature, sont couverts en toile grise très-solide.

Il en existe de trois grandeurs, basées sur la feuille de papier deo'",6o vsur o“,5o, soit entière, soit en moitié, soit en quart.

Ces portefeuilles sont formés de deux cartons réunis par un dos, et entre lesquels se meut, sur une charnière, un châssis à feuillure; ce châssis peut maintenir, en Tisolant, une feuille volante, ou recevoir, en les protégeant de même les blocs collés ou tendus.

En supposant qu’on adopte av'ec ce portefeuille l’emploi de la feuille volante, la fixation du sujet se trouve trèssimplifiée. Avant tout travail, on fixe préalablement sa feuille de papier aux quatre coins sous le châssis, à l’aide de clous dits punaises, et, dessinant à Pintérieur du châssis dont la saillie garantit le travail, on n’a plus, quand le dessin est terminé, qu’à soulever le châssis en le maintenant légèrement en pente pour passer le fixatif derrière, sans avoir nullement à déplacer son fusain. Le même portefeuille est disposé avec un double châssis pour recevoir deux études.

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