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Extrait du Cours de paysage, par Allongé

Karl Robert. — Le Fusain sans maître.

LEÇONS ÉCRITES 67

telle façon qu'on sente bien que la rivière en tournant forme un îlot entre les peupliers. Il est bien entendu que vous ne réservez rien des lumières qui découpent le sommet de vos arbres, cela se doit obtenir avec la mie de pain. Votre quatrième plan ainsi fait, vous vous basez dessus pour obtenir les autres. Les tons écrasés et vigoureux sont toujours difficiles à obtenir, et pour cela il ne faut pas craindre que la couche de fusain que vous étendez pour l'écraser ensuite soit bien noire, le tortillon enlèvera toujours assez de vigueur. Avec ce qui reste de ton sur votre tortillon, faites la teinte qui forme le second plan, et vous arriverez au premier plan, que vous écrasez perpendiculairement et que vous régularisez ensuite horizontalement sans vous occuper des détails qui sont devant; mais souvenez-vous que, lorsque vous exécuterez les plantes et les roseaux, vous ne pourrez revenir sur voire ton de terre qui doit être solide. Enfin vous exécutez vos roseaux et vos plantes, et, ici, je me permettrai une observation toute personnelle sur la manière d'enseignement et de progression que l'on doit suivre dans ces études qui est le corollaire de ce que j'ai dit à la planche précédente : Doit-on procéder de l'ensemble au particulier ou du particulier au détail, si vous aimez mieux, à l'ensemble? Pour mon compte, je me range à cette dernière opinion tant qu'il s'agit des études. Je crois que lorsqu'on possède bien un détail, une plante, un roseau, etc., etc., lorsqu'on connaît la forme habituelle et l'allure particulière, on a ensuite plus de facilité à former un groupe de ces divers objets, et alors même qu'on les met en esquisse, on arrive à les interpréter de telle façon que celui qui, à

l'improviste, se trouve devant votre travail arrive à se dire sans hésitation : là il y aura des roseaux, ici des pierres, là du terrain, ici des masses d'herbes et de plantes différentes; cela s'appelle avoir de l'esprit en fait de dessin. Un croquis spirituel est donc un dessin dont les quelques coups de crayon jetés à la hâte sur le papier vous mettent tout de suite au courant de l'ensemble que l'artiste a vu lui-même et qu'il a voulu reproduire.

L'examen seul des modèles doit vous indiquer la manière de faire les roseaux : dans les parties vigoureuses, si vous vous servez du fusain, travaillez de haut en bas dans les demi-teintes et les lumières ; ou si vous vous servez du grattoir et de la mie de pain, travaillez de bas en haut; enfin vous indiquez la lumière de vos eaux et l'hirondelle qui plane à leur surface, qui doit l'emporter de beaucoup en vigueur sur le reste de votre paysage.

LEÇONS ÉCRITES

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