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Extrait du Cours de paysage, par Allongé

LEÇONS ÉCRITES 81

la dislance du poteau de droite au premier et la distance des poutres transversales ; puis on massera le taillis qui se trouve derrière, vigoureusement, sans se préoccuper des arbustes ni du peuplier, qu'on indiquera ensuite en promenant légèrement le fusain; on esquissera les trois peupliers en traçant une ligne verticale de haut en bas, sans s'occuper du feuillage qui par places viendra masquer la tige. On dessinera ensuite les deux arbustes qui forment coulisse ; l'ombre portée de la barrière s'indiquera sans ménager de blanc, avec le fusain écrasé au tortillon; le terrain sera esquissé cle deux façons : au fusain écrasé avec le tortillon dans la partie ombrée à droite, de fusain légèrement appliqué et laissant voir le grain du papier dans la partie lumineuse à gauche; puis on procédera à l'exécution finie du dessin. Le ciel, composé d'un ton très léger de sauce de fusain, devra être dégradé insensiblement et rendu lumineux par de larges touches de mie de pain. Après avoir passé un ton un peu vigoureux sur la tête de vos peupliers, écrasez ce ton au tortillon; puis, pour donner du mouvement à votre arbre, placez des vigueurs par masses verticales du côté ombré, de petites touches légères et saccadées du côté lumineux, en travaillant de bas en haut; de même pour la base des arbres, en passant devant la tige, qui doit disparaître par places sous le travail; les lumières entre les branches peuvent se rattraper à la mie de pain. Si vous n'avez point ménagé la barrière, ainsi qu'il est dit plus haut, vous la dessinez à l'estompe de peau sur le fond, et vous la rehaussez ensuite au fusain; mais, surtout, ne revenez plus sur le travail du fond; cela donnerait de la sécheresse au des-

Karl Robert. — Le Fusain sans maître. 6

sin; il n'y aurait plus d'air entre ce fond et la barrière. Vous faites ensuite les détails du terrain avec le grattoir; enfin vous obtenez l'ombre portée de la barrière sur le ton préalablement posé à l'aide de la mie de pain. C'est presque toujours de cette manière que vous devez rendre les ombres portées des objets, en ayant soin surtout de ne point cerner les ombres, car ici, si le dessin en était cerné, vous auriez plus qu'une ombre; et cela ressemblerait à une autre barrière ou à des planches posées à terre.

Le terrain est ici fait d'une exécution variée : à droite le grattoir, à gauche la mie de pam, vous donnent les touches voulues pour indiquer ici l'herbe éclairée par le soleil, là les détails dans la demi-teinte de la partie ombrée.

ALLONGÉ

6e leçon, — Porte normande.

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