ACTE CINQUIÈME
MARIE
Des craintes vagues! depuis le peu d^nstants que vous êtes ici, j'ai cru distinguer des bruits étranges. (RedescendaDt leotemeot.) Enfin il me semble qu'il y a comme un danger dans Tair.
r.HATELARD.
Madame.
LA REINEy s'asseyaDt et avec uoe tendresse chaste et un pea mélan colique.
Non... je ne suis pas mçidame, je ne suis pas la reine; mais plus que tout cela. Je suis la femme qui croit en vous ! Je suis la Marie qui vous aime, qui vous Ta dit déjà... et qui est heureuse de vous le redire là, seule avec vous, loin de. tontes ces ambitions et de toutes ces haines qui s'agitent et
qui s amassent. (Ch&telard s'est agenouillé et il porte -respectiiensement la main royale à ses lèvres. — Troablée, mais sonriante.) Oui, prenez meS
mains dans les vôtres!... que vos lèvres leur donnent un dernier adieu, car il vous faut partir.
CHATELARD, suppliant.
Déjà?
LA REINE, frémissante.
J'ai peur!...
CHATELARD.
Enfant!
Oui, je suis une enfant! ils me le disaient aussi cette nuit ces hommes qui marchent dans mon ombre et lisent dans mon âme! et ils en voulaient prendre prétexte pour me donner un maître. (Avec une sorte de fièvre.) Le trésor est vide, disaient-ils, et selon eux, la fortune publique refleurirait du jour où mes vingt ans seraient greffés sur une nouvelle branche!... Ils croyaient avoir facilement raison de Penfant, mais ils se sont bien trompés... Il fallait de Targent
pour armer leurs flottes, pour fondre leurs canons; alors, je leur ai toat abandonné, mes biens, mes joyaux, mes couronnes... Quant à mon cœur... (TeDâremeot.) avais-je le droit d'en disposer puisqu'il ne m'appartient plus?
CHATELARD.
Ma bien-aimée, mon âmel... Oh! ma vie est bien à vous désormais.
LA HEINE, se levant et l'attirent à elle.
Oui; elle esta moi, je le sens! aussi en dois-je être avare, et comme elle est en danger ici, vous allez partir.
CHATELARD.
Marie !
MARIE
Tout est préparé pour que vous puissiez sortir du château sans être rencontré!... Écoutez bien ce que je vais vous dire.
CHATELARD.
Un instant! un instant .encore!... Marie, pardonnez à mon âme jalouse! hier, Oarnley vous parlait tout bas.
Ne prononcez pas le nom de cet homme.
CHATELARD.
Si un jour, fatiguée, vaincue, cédant à leurs instances, aux violences de la noblesse, à la raison d'État, oh ! dites bien non, madame. (Elle vent lever la maia.) Ne jurcz pas... dites non, seulement.
LA REINE
Non, jamais!
CHATELARD.
Alors, permettez-moi de le tuer.