UNE VOIX DANS LA FOULE
Écoutons, écoutons.
Le cercle se resserre. Les bouches s'agrandissent. ARTABAN, après iia nioaient. — Reprenant.
Sachez donc qu'à vingt 'lieues d'ici j'ai été assailli, moi et mes gens, par une bande de malandrins qui, non contents de m'avoir enlevé mes équipages et les sommes considérables que renfermaient mes coffres, après m'avoir laissé pour mort an prix de qainze des leurs expédiés par moi, ont encore lâchement profité de l'évanouissement causé par la perte de tout mon sang pour me dépouiller jdes habits de maconditionet m'affubler decesloques sordides. (Rires contenus
dans la foule. L'exempt et ses hommes rient comme les autres. — Se dressant
fièrement.) Douteriez-vous, par aventure, de la véracité de mes paroles? (Les rires augmentent.) Apprcuez quo VOUS avez cu face de vous le chevalier Artaban de Puycerdac, lequel est assez bon gentilhomme pour que le roi l'appelle « son cousin » après boire. Le chevalier de Puycerdac, dis-je, avec château, donjons, ponts-levis et tourelles, et cent vassaux qui sont à moi.
THOMASSIN, à part.
Cent vassaux!
Nouveaux rires.
ARTABAN
Je suis venu à Paris toucher une succession tout à fait extraordinaire.
THOMASSIN, à part.
Voilà l'homme qu'il me faut.
ARTABAN
Et saluer M. l'Amiral, car je suis de la religion. (Rires cres-
ceudo. — A vue colère.) Mordloux !... sl CCS Hres continuent...
(Rires riaforzaodo. — Criaot et portant la maio à son épée.) sl CeS rireS
continuent, il y aura tout à l'heure, je le jure, quelques bé-
litreS de moins sous le soleil. [Rires frénétiqnes, 86 ravisant ] Mals
non, cette lame esl trop noble... un bâton suffira.
Il saute de la voiture et cherche no bâton dans la foule qui s'écoi'te et se bouscule en s' éparpillant.
PREMIER ÉTUDI4NT.
Doit-il être amusant aux chandelles !
ARTABAN, s'arrôtant. •
Aux chandellesl