ACTE PREMIER i
THOMÂSSIN.
On m'appelle comme on veut, monsieur le chevalier. Mais moi, je m'appelle Thomassin.
ARTABAN
Fort bien... mais... es-tu homme de ressource seulement?
THOMASSIN
Je tirerais une âme du corps (fan Juif, monsieur le chevalier.
ARTABAN
Et saurais-tu tirer aussi de l'argent de tes poches ?
THOMASSIN
Oui, monseigneur.
Il fait sonner des pi!<toles.
ARTABAN
Tu sais que j'ai été dépouillé complètement.
THOMASSIN, & part.
Oh ! oh! il y a encore beaucoup à faire et je m'en charge.
ARTABAN
Dii reste, j'ai. coutume de n'avoir jamais sur moi un maravédis... et, si tu étais à mon service, il te faudrait prendre le maniement de ma fortune...
THOMASSIN, vivemeut.
Je le prendrais.
ARTABAN
Mais je t'ordonnerais en ce cas de tout inscrire avec un soin que tu pousserais jusqu'au scrupule... car je ne compte jamais...
THOMASSIN
Je compterais double... (se reprenant.) Je veux dire pour deux.
ARTABAN
Eh bien!... peut-être Vélèverai-je au grade que ta ambitionnes.
THOMASSIX.
Ahl monseigneur! ^
ARTABAN, è part.
Je souperai. (Hant.) Voyons d'abord comme tu dresses on repas.
Monsieur le chevalier sera éclairé là-dessus tout à Theure. (Appelant tout en riisposant la table.) Monsieur l'hôtelier I monsieur rhôtelier. (L'hdteiier paraît.) Promptemcut vos assiettes les plus reluisantes, votre linge le plus lin. (luî donnant de l'argent.) nous compterons après.
L'hôte s'empresse.
ARTABAN
Ton zèle me plaît ; mais un peu de science est aussi nécessaire... Saurais-tu découper proprement une de ces volailles qui se dorent là-bas au soleil des fourneaux?
L'hâte a disposé la table et apporté dn vra.
THOMASSIN
Le temps seulement de goûter ce beaujolais et M. le chevalier saura aussi à quoi s'en tenir là-dessus.
Il disparaît nn instant.
ARTABAN
Mais, d'honneur, il semblerait que dame fortune, si revêche pour moi hier encore, est aujourd'hui de meilleure composition... (se versant.) Accueillous SOU premier sourire.
Il boit.