SCÈNE IV
Lrs Mêmes, moios ROSE, puis sortie de THOMASSIN,
et eatrée des CHANTEURS.
THOMASSIN, ioscrivaut sar soa carnet.
Le viDgt-quatre du dit mois, huit pistoles !
ARTABAN
De Tordre? parfait. Inscrivez, monsieur Tliomassin, inscrivez.
THOMASSIN
J Inscris de mon mieux, monsieur le chevalier, et le plus souvent possible.
En ce moment, on entend au loin la ritournelle de l'air suivant. ARTABAN, après avoir écouté un instant.
Mais je ne me trompe pas, c'est un air du pays. (Regardant par la fenêtre.) Mais oui, saugdioux ! et là, sur cette place, se trémoussant au son des violes et des tambourins, ce sont des Béarnais, des compatriotes!... (a Thomassin.) Monsieur Thomassin, courez à ces braves gens et faites-les venir à rinstant même...
THOMASSIN
Oui, monsieur le chevalier.
Il sort on courant.
ARTABAN, aveu émotion.
Ah! ma chère madame Samuel! ce refrain de mes montagnes vient d'achever ma guérison; mon cœur bat plus fort, un sang plus ardent circule dans mes veines!... En ce nioment, madame Samuel, je serais capable de choses vraiment extraordinaires.
Il veut l'embrasser.
RÉBBCCA, se dégageant.
Mais oa peut venir ! . . .
THOMA.SSIN, reotraot.
Monsieur le chevalier, voilà nos chanteurs ! ^
ART A BAN) courant à eax.
Entrez I entrez! mes bons amis, mes chers compagnons ! je suis Artabah! Artaban le Gascon, votre compatriote! Venez que je vous regarde 1 que j'entende votre voix, cet écho de là-bas que le temps n'a pas encore affaibli dans
mon cœur. (Parlaot sar la ritonroelle de l'air.) Thomassin, apporte
du vin et du meilleur! Je veux choquer mon verre contre leur verre en tenant leur main dans ma main ! Allons, mes amis, dites-moi vos chansons.
LA CHANTEUSE BEARNAISE, chantaut.
Non loin du pays de Gascogne^ Mon père avait uu vieux château, Fièrement se doublant dans Veau, Dans Teau verte de la Dordogne, Un soir d'été j'ai pris mon vol, Et j'ai fui la sombre tourelle !
Mon aïeul était rossignol, Ma grand'mère^était hirondelle !
REPRISE EN GHCëUR
ARTABAN, parlant sur la ritournelle.
On la chantait jadis le soir dans le palais de ma bonne fée!
LA CHANTEUSE, coDtiQU)«Dt.
Faisant courir mes doigts agiles.
Guitare en main, plume au chapeau, D'aplomb campé sur mon manteau Je traverse les hautes villes I...
Et ma chanson prenant son vol, Grimpe au balcon de quelque belle,