‹ Le gascon: drame en cinq actes, neuf tableauxChapitre 42 sur 126 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Le Président, DARNLEY, MAXWELL.

LA REINE, à Maxwell, froide.

Soyez le bienvenu, milord ! (pius affectueuse.) Bonjour, mon cousin.

DARNLEY, timidement.

Que Votre Majesté daigne m'excuser.

LA REINE, avec douceur.

Avez- VOUS donc besoin d'excuses?

UARNLEY.

Peut-être; car vous le voyez, madame, notre seule approche fait taire et met en fuite toute cette cour folâtre et rieuse qui vous entoure.

LA REINE

Si l'on s'éloigne discrètement de vous, milord, c'est que Ton vous sait des gentilshommes graves, sérieux et dédaignant un peu les plaisirs frivoles dont on s'occupe ici... Mais qui vous amène après de nous?

OARNLEYf après avoir regardé Maxwell.

J'ai oui dire que vous alliez vous remarier, madame, serait-il vrai que vous y eussiez sérieusement songé?

Non et oui; non, car je n'aime personne; oui, car tout me conseille de chercher un prince puissant qui donne à ma couronne un nouvel éclat et soit assez fort pour me proléger contre les entreprises et les complots de mes ennemis.

DARNLEY

Votre Majesté a fait un choix?

LA REINE

J'hésite. Il y a, vous le savez, l'archirduc Charles, fils de l'empereur Maximilien, don Carlos d'Espagne, le roi de Suède ; les envoyés d'Allemagne et d'Espagne seront ici ce soir et nous seront officiellement présentés. Conseillez-moi, Henry. Quel est votre avis? L'archiduc Charles?

DARNLEY, tonjotirs après avoir pris cooseil de Maxwell.

C'est un prince étranger, pauvre, dont les États sont fort éloignés, et qui toujours sera sans force et sans moyens pour faire valoir vos droits 5 lu couronne d'Angleterre. Je

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