‹ Le gascon: drame en cinq actes, neuf tableauxChapitre 5 sur 126 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

graves les motifs qui m'obligent à m'abseaier de chez moi pendant la foire Saint-Germain. Je vous confie donc tous nos intérêts.

RÉBECCÂ, avec ennui.

Et quand revenez-vous?

SAMUEL

Je rignore, ma mie, mais faites toujours comme si je devais être de retour la minute qui va suivre, (châteiard débouche

snr la place. Il Bemble très-agité. — A Rébecca.) Ah ! j*aperçois le jeUUe

comte de Châteiard. Il vient sans doute remplir son escarcelle, jouons serré, (saluant.) Monsieur le comte...

cbatblàbd. Bonjour, Samuel, entrons chez loi.

SAMUEL

Je VOUS prie humblement de m'excuser, monsieur le c()mte,^mais je pars à Tinstant pour un long voyage!

. CHATELARD.

Raison de plus.

SAMUEL

Vous avez quelque chose à vendre?

CHATELARD.

Cette bague.

SAMUEL, examinant.

Il y a un défaut dans le saphir!

CHATELARD.

Il n'y a aucun défaut.

SAMUEL, raiUant.

S'il en est ainsi, monsieur le comte, je ne suis pas assez riche pour le payer.

CUATELARD.

Ëb! je le sais biea, juif! Aussi ne te demandé-je que de me prêter dessus cent pistoles.

SAMUEL

Cent pistoles! Monseigneur, mais c'est tout ce que je possède. Je suis donc aux regrets, mon gentilhomme, mais...

CHATELABD.

Allons, donne-moi cinquante pistoles,et quand je te rap~ porterai huit cents livres parisis, tu me restitueras mon gage...

SAMUEL

Ah! vous pouvez bien dire que vous me dépouillez, monsieur le comte, et que je ne saisrien vous refuser, (iipreuddaas toutes ses pociien.) Votre Seigneurie peut s'apercevoir que, pour ell^, je me saigne à toutes les veines.

CHATELARD.

Coquin, c'est de l'or en fusion qui coule dans tes veines, et elles ne sont pas près d'être taries. Bonjour.

Il va à la tODoelle.

SAMUEL

Adieu, monsieur le comte. Tu comprends. Rébecca? Il en sera de cette bague comme de ses bijoux, il ne la dégagera jamais. Ça vaut deux mille livres. Tu vois, ma mie, que j'ai gagné mon voyage. Va serrer ce bijou. Allons, au revoir, ma mie. (il l'embrasse.) Que le Dieu de Jacob veille siir toi et sur mon commerce.

RÉBECCA, à part.

Oh! il fera toujours bien la moitié de la tâche.

SAMUEL

Allons, adieu! adieu!

Il s'en va. — Jehan reparaît et suit «les yeux Sa lubI qui s'éloigoe. Jeliaa s'élance dans la boutique. La messe sonne.

Page 1