TOUS
Quoi, voudrait-ou, par aventure, L'envoyer coucher «n prison?
FRINGALE
Coucher... coucher... un instant... passe encore pour y dîner... je ne dis pas... parce que enfin, dès qu'on dîne. /n'importe la salie à manger... mais permettez, Monsieur... le gendarme... j'ai deux mots à vous dire... [à part.) Je crois qu'il est prudent d'abdiquer.
( Il lui parle bas à V oreille. )
LE GENDARME
Comment ! Monsieur, vous n'êtes pas M. Dorval?...
FRINGALE
Je suis monsieur Fringale... ex-employé aux subsistances; je vous en donne ma parole d'honneur -, et vous auriez dû voir à la tournure...
LE GENDARME
Que j'ai d'excuses à vous demander... j'avais ordre, il est vrai, d'emmener M. Dorval... mais c'était de l'emmener dîner chez lui... où sa femme , ses amis, son pendre, mon colonel, et un dîner superbe l'attendent., pour célébrer son installation à Bercy...
FRINGALE
Gomment c'était pour cela!... Dieu!... si je pouvais me re« constituer prisonnier i...
LE GENDARME
Il faut vous dire qu'on avait résolu de ne pas laisser dîner M. Dorval... parce que sa femme et mon colonel avaient parié. dorval, se levant et jetant sa seniette. Ils ont perdu... car mon dîner est fini.
LE GENDARME
Comment !
dorval.
Oui, mon cher, vous arrivez un peu tard... je ne me doutais pas de la fèt<» qu'on me préparait... mais j'y cours prendre part.*, comme spectateur... (Riant avec Leblanc.) Et nous régalerons nos convives dé notre aventure d'aujourd'hui. {Aux paysans) Mes amis , voici le pour-boire que Monsieur vous a promis en mon nom. (Il jette une bourse aux paysans et donne une pièce de monnaie à un petit garçon qui lui
offre des cure- dents.) Quant à vous , mon cher Amphitryon, nous vous remercions de votre aimable invitation, et vous n'oublierez pas la mienne.