I.a plus grosse
LE SECRÉTAIRE, à part.
Sa folie... *
LE CHEVALIER
Je suis son parent, parce que mon père... non, parce que ma mère... je disais bien... parce que mon père est le mari de ma mère, et parce que ma mère a été, par le fait légitime de mon père, la nourrice du roi Louis XV : je suis le frère tle lait du roi... Voilà!
LE SECRÉTAIRE, A part.
Ah ! oui, j’ai entendu parler... (iiaut, avec respect.) Monsieur le frère de lait!...
LE CHEVALIER
Ah! très-bien! vous me reconnaissez maintenant! Or, puisque je suis le frère de lait du roi, il n’a rien à me refuser. Et jusqu’ici, je l’avoue, il 11e m’a rien refusé. Ah Upionsieur, quel ac-
cueil en arrivant d’Isigny ! Vous savez que le jeune roi étant fort triste depuis quelque temps, fort mélancolique, on est venu me chercher à Isigny pour le distraire... J’ai tant d’esprit! J’arrive donc d’Isigny... j’attends ma famille : mon grand oncle, ma grand’tante et Colette... Colette, c’est... Ah ! monsieur, quel ' accueil!... lin me voyant, le roi s’est écrié : Voilà mon frère de lait! Puis il m’a embrassé, puis il m’a fêté, puis il m’a présenté à tous les courtisans. Ce n’est pas tout, il m’a donné douze belles culottes de satin... celle-ci est la moins belle, — un logement dans le château, une voiture bleue, deux chevaux blancs, trois domestiques jaunes... Ah ! si j’avais un habit rouge ! mon rêve, monsieur, un habit rouge ! Entin, le roi m’a encore donné beaucoup de petits écus, beaucoup de pistoles et le titre de chevalier Eustacne.