SCÈNE III
MADAME DE PRIE, seule, entrant par le panneau aeerel.
Non, monsieur de Fleury, non! notre jeune roi n’épousera pas l’infante d'Espagne; et pour qu'il ne soit plus question d’elle, cette grave aflaire du mariage sera terminée aujourd’hui, terminée à tout prix. C'est le vœu , c’est la volonté de monsieur le duc de Bourbon, c'est la mienne. Aussi bien suisje fatiguée d’entendre toujours parler de ce mariage. Les ambassadeurs qui s’en inquiètent sont constamment dans mes antichambres; les membres du conseil privé en parlent sans cesse au duc de Bourbon ; le duc m’en parle à son tour le soir et le matin, le matin et le soir; c’est un ricochet de persécutions dont il faut que j’arrête le cours. Eh ! la ! la ! je n’ai plus le temps de penser ni aux fêtes, ni aux plaisirs, ni aux bals, ni aux toilettes, ni à mes goûts... ni à rien. Pour toutes ces raisons, monsieur le duc, mariez-le donc au plus vite ce jeune roi si passionné ; mais marions-le, surtout et avant toute chose, pour nous, dans notre intérêt d’abord, dans l'intérêt de la France ensuite. Et qu’on ne nous parle pas de l’infante d’Espagne... avec l’infante, jamais! — Puisque M. le duc n’est pas là, c’est moi qui recevrai pour lui : c’est encore un ennui que je lui épargnerai, (eiir mnne h gauche.)