SCÈNE PREMIÈRE
SOEUR NOUVELLE, SOEUR BRIGITTE, SOEUR MO- DESTE, DEUX AUTRES SOEURS, rangeant le couvert.
SOEUR BRIGITTE, parlant très-vile, et entrant.
Je vous dis que la chanoinesse a tort!
SOEUR NOUVELLE, parlant aussi très-vile et la suivant.
Je vous dis, moi, qu’elle a raison !
SOEUR BRIGITTE
Si!
SOEUR NOUVELLE
Non!
SOEUR MODESTE, d'un tou trainanl.
Mes sœurs !
SOEUR BRIGITTE
Eh! mon Dieu! si mademoiselle de Vermandois veut absolument gouverner ici, qu’elle cesse d’être chanoinesse et se fasse nommer, si elle le peut, supérieure de Fontevraut.
SOEUR NOUVELLE
Elle le sera quand elle voudra.
SOEUR BRIGITTE
Oh! quand elle le voudra!...
SOEUR NOUVELLE
Sans doute! sans doute! sans doute!
SŒUR BRIGITTE
Alors, elle prendra le voile et prononcera des vœux. En attendant, quelle obéisse à la véritable supérieure, madame de Bois- Robert, qui a mille fois raison de ne pas vouloir que mademoiselle de Vermandois s’arroge, comme elle l’a fait nier, le droit de changer l’heure du souper de nos pauvres et de nos villageois de Fontrevaut. Cette prétention chez mademoiselle de Vermandois, cet orgueil caché sous une feinte douceur!...
oO
SOEUR NOUVELLE
(jette douceur n’est point feinte; et quand mademoiselle de Vermandois daigne elle-même, tout comme nous, surveiller lu nourriture des pauvres et tailler elle-même de ses mains de princesse de Coridé, par humilité chrétienne, le pain qui leur est destiné, je trouve que la taxer d’orgueil!...
M Ue de Vermandois parait au haut de l’escalier gu'etle descend lentement pendant les phrases suivantes.)