ACTE III
MADAME DE PRIE, k distance.
J’atteudais avec impatience, depuis que j'ai la joie d'êlre dans celte sainte maison, le moment de vous dire à vous, que je regarde comme la véritable supérieure, le motif grave et triste qui m'y amène.
MADEMOISELLE D E V E R M AK D 01 9
Je vous écouterai avec l'attention du cœur et le recueillement de l'esprit, madame.
SOEUR MODESTE
Puis-je me retirer, digne mère?
MADEMOISELLE DE VERMANDOIS
Un mot.
(Elle se lève et va vers le fond causer bas avec Soeur Modeste.)
MADAME DE PRIE, à elle-même, sur le devant du théâtre.
Aussi jeune qu'on me l'avait dit, mais beaucoup plus belle encore que je ne le supposais ! Connaissons maintenant son caractère, car tout est la. Afin d’atteindre ce but, le seul qui m’amène ici, n’oublions pas un mot du roman que j’ai arrangé en chemin et sur lequel chacune de ses opinions sera un indice, un trait de lumière pour moi.
MARIE, à part, avec anxiété.
Quelle est donc cette madame de Prie dont le nom est déjà venu deux fois se lier à celui de monsieur Le Tellier comme pour exciter ma curiosité et la blesser?
(M"e de Vermandois congédie Sœur Modeste et revient en scène, au milieu.)
MADAME DE PRIE, à mademoiselle de Vermandois.
Vous voyez en moi, madame, une pauvre martyre du despotisme impitoyable du cardinal Fleury.
MADEMOISELLE DE VERMANDOIS
Cet ennemi implacable de mon frère ! Dites-moi quel mal il a pu vous faire.
MADAME DE PRIE
Voici, madame. J’ai épousé, pour mon malheur, l’un de ses petits-neveux, monsieur de Saint-Révial, dont vous avez peutêtre...
MADEMOISELLE DE VERMANDOIS
Une ancienne famille de robe de la Bretagne.
MADAME DE PRIE
Oui, madame.
MADEMOISELLE DE VERMANDOIS
Poursuivez.
MADAME DE PRIE
Léger autant qu'ingrat, monsieur de Saint-Révial... excusez,