RENAUD, DOMINIQUE
RENAUD, entrant par la gauche, en toilette do matin.
Onze heures... très-bien... Ah! c'est toi, Dominique... Tiens, cette lettre a la poste... (U lui donne la lettre. A lui-même.) Je Viens d'écrire à mon oncle, à Fontainebleau ; je lui donne les détails de mon mariage... j’espère que ça le calmera.
DOMINIQUE
Voici les journaux que j’apportais à monsieur le comte...
RENAUD
. C’est inutile.. . Je sors. ..
DOMINIQUE
Si monsieur Pommier demande monsieur le comte?
RENAUD
Je serai rentré dans dix minutes... A propos, as-tu fait ce que je t'ai dit?
DOMINIQUE
Exactement... (Avec myatêre.) j’ai pris avec de la cire l’empreinte de la serrure... et le serrurier m } a promis qu’avant midi...
* RENAUD
Très-bien... J’y passerai moi-même... Ah! mon cher beaupère... vous mettez ma femme sous clef la première nuit de mes noces... et moi, vous me donnez pour compagnie une gardemalade, des pots de tisane, des médicaments de toute espèce...,
DOMINIQUE, riant.
C'était drôle!... et la résignation de monsieur le comte m’a étonné!
RENAUD
Que veüx-tu?... Pour me fâcher, il fallait avouer au papa Pommier qu'hier, à Clicby, je me suis moqué de lui... cela nous eût brouillés peut-être... Quant à briser la porte de l’appartement de ma femme, c'eût été brutal!... J'ai préféré me résigner... et après avoir congédié ma garde-malade... je me
* Renaud, Dominique.
suis paisiblement endormi... tout seul... (Regardant sa montre.) Mais en voilà assez!... il se fait tard... Ah! le cocher est en bas?
DOMINIQUE
Oui, monsieur le comte.
RENAUD
Très-bien... Je vais en passant lui dire de se tenir prêt...
(il »ort par le fond.)