SCÈNE XI
LES MÊMES, POMMIER, qui est couché sur te baquet et enveloppé du porte-manteau.
POMMIER, se levant, le porte-manteau ouvert sur les épaules.
' Ne courez pas! ne faites rien jouer du tout ! *
ZOÉ
Mon père!...
RENAUD, l'empoignant.
Je ne vous lâche plus ! •
POMMIER, l'empoignant. ,
Ni moi non plus!...
ZOÉ, l’examinant. •
Dans une valise!... Voyons, consolez-vous, papa... vous partez avec nous... Mon mari oublie tout, et il vous pardonne!
.POMMIER, rejetant le porte-manteau en arrière, qne Dominique ramasse.
Mais je ne veux pas qu’on oublie... je ne veux pas qu’on par- . donne!... Et, pour me punir moi-même, ce n’est plus trente mille francs de rente que je vous donne... c’est cinquante... c’est quatre-vingt mille... toute ma fortune enfin!
RENAUD
Allons, vous êtes un brave homme au fond... Mais qui est-ce qui est donc parti avec la chaise de poste? *
RENAUD
Dunois}...
POMMIER
Qui court après sa Graziella. Moi, je me suis, incrusté dans un colis, pour être plus sûr de vous suivre, de ne pas vous quitter!
RENAUD.'
Voyons... embrassons-nous !
, POMMIER
Vraiment... Ah! je sens un pleur dans chaque œil... Venez, mes enfants.... venez.... je suis heureux... j’ai mon gendre... j’ai ma fille... . **
* Renaud, Pommier, Zoé, Dominique deuiième plan.
* . RENAUD
Sans compter que nous vous promettons avant peu... un petit vicomte...
POMMIER, i loi.
Vraiment?
ZOÉ
Dame ! mon père... . *
POMMIER
Faut pas rougir , ma Glle... faut pas rougir... Ta chaste mère ne rougissait pas... (a Renaud.) Et quand je pense que j'ai eu l'affreuse idée...
RENAUD
Bail ! c’est oublié... L’amour paternel est votre excuse!
POMMIER
D’ailleurs, comme l’a dit la Bruyère : Le repentir d’un beaupère est un torchon qui essuie bien des fautes !