Montjoio. Conjurât. d'Orléans, III, p
:i80 LE GENERAL CHODERLOS DE LACLOS
» de cet ouvrage sur |iapier de Hollande. Les exem- » plaires en papier commun se vendaient trente sous ; » ceux-ci valaient dix sous de plus. Tu ne m'as » pas olïert une épingle. Paie-moi les cinquante » louis dont tu m'es débiteur. Si tu ne le fais » pas, j'imprimerai cette lettre et j'annoterai ton » silence. »
C Fauchet,
Evèque du Calvados, l^aris, rue Ghahanois, n" 47, le 2!2 janvier 1793, Tan premier de la République ^ .
« Quand on a 400.000 livres de rente, » disait Lepelletier de Saint-Fa rgeau au duc d'Orléans, « il faut » être à Coblentz ou sur le faîte de la Montagne. » Le premier prince du sang alla donc s'asseoir à côté de Marat. Il eût, comme dit (iarat, préféré u un rocher de Norvège ». « Le côté droit disait en se tournant » vers la gauche. Que fait ce Bourbon parmi les » sans-culottes? En Télevant en haut de la Montagne, » ne vous essayez-vous pas à l'élever plus haut en- » core. Le côté gauche disait, en se précipitant tout » entier sur le droit: Oui, Egalité est de notre côté ; » mais s'il reste encore en lui quelque chose d'un » Bourbon, c'est de votre parti qu'il est ; c'est aux » hommes d'Etat, au\ habiles que les Bourbons et » les rois conviennent. Parmi tant de clameurs dont » il était l'objet, d'Orléans ne souillait pas mot.
1. Corr. de L.-Pli.-Joscph d'Orlcans. Préface p. L"). L'authenticité générale du recueil, que nous avons maintes fois contrôlée, en le comparant à nos archives publiques, nous garantit l'authenticité de cette lettre. Les papiers du duc d'Orléans devaient en contenir bien d'autres semblables. V. le chapitre suivant.
» Redoutant peut-c'tro un peu plus ses amis que ses » ennemis, c'était son asile surtout qui le faisait )) trembler '. » Sur sa demande, la Commune lui avait donné 1 e nom d'Egalité . La franc-maçonnerie étant de\enne suspecte, il donna sa démission de grandmaitre. D'après Michelet, M""' de Buifon serait devenue la maîtresse de Danton. Le 16 décembre, pour répondre à une motion antifédéraliste delà Montagne, les Girondins Buzot et Louvet demandèrent l'exil de tous les Bourbons, et spécialement de la brancbe ambitieuse des d'Orléans. Le montagnard Chabot objecta que Phili])pe était représentant. Les tribunes grassement payées applaudirent et, le 19, Pétion, bien que Girondin, sans doute en souvenir de M""' de Genlis, lit ajourner la motion. Le duc d'Orléans « en son ame et conscience », vota la mort innnédiate du Roi. Biron fut désespéré et le duc de Chartres écri- \it à son père une lettre indignée. « Je suis l'esclave » d'une faction, » dit le prince à M""' EUiott, « plusque » personne en France. » Louis XVI lui pardonna sur l'échafaud. 11 était devenu sombre, taciturne et rêvait d'être un fermier anglais au milieu de ses prairies. En votant la mort du Roi, il croyait avoir sauvé sa vie. Ce fut le duc de Chartres qui perdit son père, en suivant Dumouriez dans sa trahison. 11 risquait d'envoyer sa mère elle-même et tous les siens à la guillotine.
Quels étaient les projets de Dumouriez au mois de marsl793? Voulait-il être le régent de Louis XVU ou le premier ministre du duc de Chartres, fondateur d'une dynastie nouvelle ? Il fréquenta de bonne heure le Palais-Royal et passait, à Cherbourg, pour l'agent du duc d'Orléans, qui pensionnait sa maî-