M"» de Genlis, Mcmoircs IV, p
duc d'Orléans n'avaient été jusque là ni bien profonds, ni d'une fjrande originalité. Ce prince, en faisant de ro[>position à la Cour, suivait tout bonnement les traditions de sa famille et, dans le désordre de sa vie, c'était là son sentiment le plus noble. Les d'Orléans vivaient sui- le souvenir de la Régence. Ils se considéraient comme la ressource libérale de la France. Le fils du Régent mourut en janséniste intraitable. Le père de Louis-Philippe-Joseph, l'homme le plus doux et le plus débonnaire, fit au Parlement Maupeou une opposition violente et, plutôt que décéder, partit pour l'exil avec son jeune fils. 11 déclarait, dès 1772, que le roi tenait son trône du « choix de la nation ». Collé l'assurait qu'il était adoré du public, qu'on le regardait comme un des (( derniers citoyens qui soutiennent la liljerté » , mais qu'on craignait que, par lassitude, il ne se raccommodât avec la Coui'. « Ce que vous dites là, » Collé », répondit le gros homme, qui allait perdre 800.000 livres de rente, « est fondé en raison et est » déjà arrivé. Quant à moi, je ne me rendrai » jamais '. » A quoi bon énumérer maintenant les griefs personnels, qui animaient en 1789 le duc d'Orléans contre la famille loyale : le refus de la place de grand amiral, les querelles d'étiquette lors du voyage de Maximilien d'Autriche, les reproches du roi sur sa conduite, les difficultés apportées à ses voyages à Londres, l'échec du mariage du duc d'Angouléme et de M''" d'Orléans. Des froissements de vanité, des gênes apportées à ses plaisirs, des injustices aussi, même des calomnies, avaient aigri son âme frivole et indifférente ; Marie-Antoinette et lui se haïssaient avec exaspération et brûlaient de