DU 16 SEPTEMBRE
( Le général Christophe-Louis-Léon Juchault de La Moricière, capitaine illustre parmi les capitaines de son siècle par sa valeur, par ses vertus, par sa réputation sans tache, était à votre tête. Plus soucieux de répondre au noble élan de son cœur magnanime que de pouvoir dire avec Epaminondas : Je meurs invincible, il était accouru, à la grande voix qui l'appelait du Vatican à la défense des droits du père commun des fidèles, gardien suprême de la liberté et de la dignité du genre humain racheté.
« Fils très-tendre de la nation qui se glorifie d'être appelée l'aînée de l'Église, l'amour même de la patrie l'enflammait à défendre sa mère, sans craindre le nombre et les artifices de l'ennemi.
« Vous savez comment il a été vaincu ! Il n'attendait maintenant que l'occasion propice de pouvoir encore utilement offrir et même sacrifier sa vie. Il a plu à Dieu de le rappeler à lui dans la nuit du 10 au 11 septembre 1865, frappé mais non surpris par la mort; Christophe de La Moricière a été trouvé mourant à genoux et le crucifix dans les mains. Dans cette perte si douloureuse de celui qui avait vécu pour l'honneur, pour le devoir, il nous reste ses exemples, sa mémoire; que l'ambition d'être digne d'un si grand chef reste dans le cœur de tous.
« Des funérailles solennelles seront célébrées vendredi, 22 du courant, à 10 heures du matin, dans l'église d'Ara Cœli. »