CHAPITRE VII
Composition de la division Fromentin le !•' avril 1794. — Arrivée de rennemi en masse devant Landrecies. — Investissement de cette place malgré les efforts de Fromentin (18 avril). — Combat du Grand-Fayt (18 avril). — Autres engagements dans la région du camp retranché de Maubeuge entre Impériaux et Français commandés par Duhesme, Soland, Desjardin et Fromentin. — Combat très inégal de la Capeile et de la forêt de Nouvion (22 et 23 avril). — Trait de bravoure d'un volontaire des Vosges. — La faiblesse numérique des troupes mises à sa disposition oblige Fromentin & un rôle défensif durant le siège de Landrecies par les coalisés. — Ne pouvant faire lever le blocus de cette place, il se voit réduit de protéger Avesnes et d'assurer les communications entre Avesnes, Maubeuge et son quartier général. — Heureuse affaire de Bousignies (26 avril). — Prise de Beaumoot par la division Desjardin (26 avril). — Trait de bravoure d'un sous-lieutenant du 7« dragons. — La jonction de Desjardin avec Tarmée des Ardennes met Maubeuge à Fabri d*un coup de main. — Reddition de Landrecies (30 avril 1794).
Le i*"* avril 1794, la division Fromentin, dont le quartier général était fixé à Avesnes, et dont les troupes se répartissaient de cette ville à Catillon, renfermait les régiments ci-après : 4* hussards, 12* chasseurs à cheval, 22* et 25* régiments de cavalerie, i"" bataillons des 19®, 45% 47* et 56* d'infanterie, 2« bataillon du 74'; les bataillons de volontaires suivants : 6® de Paris, 5® des Vosges, 10" de Paris, 10" de Seine-et-Oise, 2" de la Vienne, 2" de la
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Meurthe, i" de TOrne, 5« de TOise, 32* bataillon d'infanterie légère, 34* division de gendarmerie, 1'* compagnie d'artillerie légère, parc d'artillerie, de la gendarmerie nationale, soit en tout : 533 officiers, 18,333 soldats et 2,651 chevaux. Les généraux de brigade de cette division étaient Soland, Montaigu ^ et Duhesme, Tadjudant général se nommait Ormancey '.
Le 15 germinal an II (4 avril 1794), les quartiers de Cobourg fitrent établis à Englefontaine, à l'extrémité de la forêt de MormaL à mi-chemin du Quesnoy et de Landrecies.
Vers le 10 avril 1794, l'armée des alliés s'avança en huit colonnes pour investir cette ville, où commandait la général de brigade Rouland. Fromentin leur en interdit d'abord l'accès, mais, après quelques engagements terribles, il fut refoulé. Il songea alors à couvrir Maubeuge, que défendait Favereau '.
Le 17 avril, les postes de Catillon, d'Ors et de la Croise, possédés depuis le 30 germinal par lès troupes de la République, furent attaqués. L'ennemi, à la tête d'un corps d'armée d'environ 70,000 hommes, éprouva peu de mal à s'en rendre maître, tant la résistance était impossible de notre part devant une pareille multitude. Fromentin, tout en maintenant dignement la défensive, se replia vers Prisches, Favril, Petit et Grand-Fayt, tandis que Balland était obligé de reculer. Les voies furent interceptées entre nos colonnes et Guise, mais nous continuâmes de surveiller les abords de Landrecies, afin de communiquer avec elle, car son camp retranché avait été entamé à l'affaire du 9 germinal.
Barère, en faisant le rapport de cette journée à la Gon-
i. Basset (Anne-Gbarles), dit Montaigu, naquit à Versailles le 10 juin 1751 ; il était fils de Thomas Basset, officier du roi et de Marie-Marguerite Perrard.
2. Pièce justificative, n^ XXL Situation de la division du général Fromentin au 1^' avril 1794. A. G.