‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 53 sur 73 · Arch. de la famille Fromentin · texte numérisé non relu

Arch. de la famille Fromentin

2. Le 27 octobre 1793, sur la réquisition du commissaire des guerres, on avait pourtant renvoyé de la place de Maubeuge toutes les bouches inutiles.

Si Ton envoyé pas bientôt un représentant du peuple ici, je

prendrai mon parti, car je n'ai pas envie de me déshonorer, ou

de passer pour un traître.

Salut et fraternité.

COLAUD.

Maubeuge, ce 11 pluviôse, 2» année républicaine (30 janvier 1794). Le général de division Colaud au général de division Fromentin,

Mon cher camarade,

Je reçois à Tinstant ta lettre du 11 pluviôse, tu me fais grand plaisir de m'annoncer l'arrivée des bœufs car je devais faire délivrer de la viande salée demain, à force de crier tous les deux, peut-être obtiendrons-nous à la fois les approvisionnements nécessaires à nos divisions.

Le général Maisonneuve partit ce matin pour faire Topéralion relative à la cavalerie, il m'annonce en ce moment, que deux colonnes d'infanterie et troupes à cheval filent devant hanter sur Beaumoni, il a donné des ordres pour surveiller cette marche, et il en a instruit le général Duhesme à Beugnies. Tu peux le faire prévenir de ton côté eu cas que la lettre de Maisonneuve n'arrive pas.

(Fonds de la famille Fromentin.)

Salut et fraternité. Colaud .

Guise, le 3 Mars 1794.

Le Général Colaud au général Fromentin^ Commandant à Avesnes.

Je te préviens, mon cher camarade, que le bien du service et la sûreté de la place de Landrecies exige que je fasse relever les

3 bataillons formant la garnison de cette ville. J'envoie l'adjoint Marchand pour faire filer le 7* Bataillon des fédérés sur cette place, ainsi que le 6* Bataillon du Nord qu'il ira prendre à Dour- 1ers pour le faire arriver à Landrecy le 15. Il serait nécessaire que tu puisses envoyer un de tes bataillons à Landrecy et tu prendrais le 47* d'infanterie de la garnison de Landrecy pour le remplacer; le second bataillon de la Meuse viendra à Guise, et le 17" d'infanterie ira à Iron dans la Division de Balland. Tu recevras

après demain 500 fusils.

Signé : Colaud.

Guise, le 9 Mars 1794.

Le Général Colaud au Général PkJiegru,

Je te rends compte, citoyen général, que le général Favereau n'est point encore arrivé, et c'est bien mal de sa part de compromettre ainsi les intérêts de la République. Gomment de trois généraux de Division qu'il doit y avoir à Maubeuge on ne peut en avoir un seul; le représentant Laurent m'a écrit à ce sujet; il n'est pas trop content, et il a raison.

Tu es sûrement instruit que l'ennemi est déjà campé sur plusieurs poiuts, et que ses cantonnements sont en mouvement. Ta présence serait bien nécessaire ici pour différens objets que je ne puis décider; d'ailleurs, ma tête n'est pas assez forte pour un fardeau aussi lourd.

Le Général Fromentin a perdu dans un fourrage 32 chevaux et

16 voitures. Les paysans de plusieurs villages se sont rassemblés

et sont tombés sur le convoi.

Signé : Colaud.

Guise, le 9 Mars 1794.

Le. Général Colaudy au Général Fromentin.

Citoyen général, les Divisions de Dunelibre (Dunkerque), a qui j'ai envoyé le modèle d*état d^armement, l'ont envoyé depuis deux jours; je te préviens que je dois faire passer au Général en Chef rétat d'armement de toutes les Divisions et que si le tien n'arrive pas, je serai forcé d'en rendre compte.

Je te préviens que l'ennemi est déjà campé en avant de Maubeuge; il serait possible qu'il tentât de forcer le poste de Maroilles et de tomber sur Avesnes; il intercepterait par cette manœuvre toute communication avec Maubeuge. Prends tes mesures en conséquence, préviens-en le commandant de la place, et fais la demande de tout ce qui peut être nécessaire.

Signé : Colaud.

Guise, le 14 Mars 1794.

armi£e du nord.

Le Général Colaud au Général Desjardiny Commandant à Mauhetige,

J'ai reçu, mon cher camarade, ta lettre du 12. Le Commissaire Ordonnateur Pinlhon vient de me dii'e qu'il ne doit point manquer de viande à Maubeuge.

J'approuve très fort les dispositions que tu as prises pour faire baraquer les troupes dans le bois entre Solre-s-Sambre et l'Abbaye de la Ture, d'autant plus que ce bois est essentiel à garder.

Je suis instruit que le Général Fromentin a arrêté des armes bien mal à propos, et sans ordre. Tu peux compter qu'à l'avenir cela n'arrivera plus. Je ferai partir après demain mille fusils pour

Maubeuge, qui seront escortés, et le chef de Tescorte en sera personnellement responsable. Il faudra laisser dans Tarsenal 3,000 fusils, et faire distribuer Tezcédent aux bataillons des trois divisions.

Dis moi si tu as reçu 2,000 paires de souliers et 1,000 habits qu^on t'a expédié. Sois tranquille, surveille tes postes, et repose toi sur moi pour Thabillement et Téquipement.

Signé : Golaud.

Le 29 Mars 1794, 9 Germinal, An 2.

ARMÉE DU nord.

Bapport de la journée du 9 germinal, par le général

de brigade Boland.

L'artillerie de Position a canonné pendant 10 minutes le retranchement du Pont de Catillon. Le 1" Bataillon de Saint-Denys impatient d'arriver à Tennemi a demandé Tordre de charger el Ta fait avec tout le succès possible. Ce bataillon ayant franchi les retranchements, on les a fait abattre pour ouvrir un passage au reste des troupes et à Tartillerie. Le Général^ a fait porteries troupes hors Catillon ; du côté d'Ors il a trouvé Tennemi retranché dans les chemins creux et des épaulements où if était entièrement couvert. Il a fait avancer le 1*' Bataillon de Saint-Denys par la droite le long de la Sambre, et le 2* de la Meurthe par la gauche des retranchements ennemis; lorsque ces bataillons ont été déployés, le pas de charge a été ordonné, et ces deux bataillons ont enlevé les chemins creux, les épaulements, et trois redoutes en moins d'une demi-heure. L'ennemi tenait encore à Ors, le Général a fait avancer Tartillerie de position en avant du Bois rËvéque, et ordonné à deux compagnies du l*** Bataillon de Saint-Denys d*attaquer Ors par derrière, pendant que la demibrigade aux ordres du Chef de Bataillon de la 34« D«" de Gendarmerie, et Tadjudant-Général Bonnet l'attaquerait de front. Cette mesure a forcé Tennemi de se retirer dans le Bois l'Évoque. Le

Général s'est porté à Ors ; il a ordonné à la 34« D^" de Gendarmerie, et au 19« Régiment d'Infanterie de poursuivre Tennemi dans le bois jusqu'aux avant-postes de Landrecy; il a donné le même ordre au 2* bataillon de la Meurthe et au 1*'' de Saint- Denys ainsi qu'au 47« Régiment dlnfanterie pour protéger les deux autres; ces bataillons ont traversé le bois malgré les retranchements et abattis multipliés qui y existaient. Le Général, avec la Cavalerie et Tarlillerie de position, s'est porté bien avant de la dernière redoute enlevée à l'ennemi. Il a attendu avec ses hussards et un escadron du 3* Régiment de Dragons, que la Colonne de gauche chargeât sur le Cateau, afin de se porter en avant sur le même point. Il a ordonné au 10« bataillon de se mettre en bataille a côté de la redoute pour la conserver et proléger sa retraite ; il a fait avancer deux pièces de position près du village de Pomereuil pour arrêter la cavalerie ennemie qui se portait sur sa droite, ce qui a forcé l'ennemi à se retirer derrière un ravin qui lui a servi à se retirer jusqu'à l'entrée du Bois l'Ëvêque, oà il a rencontré les Bataillons qui avaient traversé le bois, avec lesquels il s'est fusillé pendant quelques temps ; ce ayant entendu le Général Solaod à fait retirer du village ses pièces de position pour les porter sur la hauteur, eu avant de la redoute susditte, où il les a placées en batterie, ce qui lui a réussi pour arrêter la Cavalerie ennemie qui est venue le charger par la droite du village, pendant que l'infanterie arrivait par la gauche le long du bois. La Cavalerie française a chargé avec succès celte de l'ennemi. Pendant ce temps, l'artillerie de position a fait sa retraite sans ordre quelconque jusqu'à la Croise, ce avec tant de précipitation qu'elle a culbuté une pièce de ISI dans un ravin. Lorsque le Général a eu rallié ses troupes, il a harangué à cheval, le 10® Bataillon de Paris pour l'engager a tenir ferme, en leur prouvant que la notre venait de la faire fuir (il manque quelque chose dans cette phrase, mais on a copié littéralement) ils me l'ont promis soUennellement; mais à peine l'ennemi eut -tiré quelques coups de fusils sur la redoute que les recrues de ce bataillon qui en font la majeure partie, ont déchargé leurs armes^ même sur les Français qui étaient dedans, et ont pris la fuite en jettant leurs havresacs pour courir plus vite. Les dragons et hussards en ont fait autant, et les deux pièces d'artillerie du 40* Bataillon

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ont cnlbatté dans nn ravin d'où nous les aurions retiré facilement ainsi que la pièce 42, si nous eussions pu rallier celte nouvelle infanterie, si la cavalerie qui ne s'est ralliée qu'avec peine, n'eut pas eu un défilé dangereux flanqué par deux pièces d'artillerie. (Copié littéralement.)

La Cavalerie s*est portée sur le bord du ravin, mais n'étant pas secondée par l'iofanterie, le Général a cru devoir faire sa retraite par échelons, pour ne pas la laisser exposée sans succès au feu de rinfanterie et de l'artillerie. La retraite s'est faile au pas, et nous n'avons perdu qu'un cheval de hussard, tué d'un boulet de canon. Le Régiment des hussards a resté en bataille jusqu'à la nuit close et a bivaqué le reste, entre la Croise et Calillon. Le iO' Bataillon de Paris a bivouaqué dans Catillon même, et s'y est gardé militairement. Je dois rendre justice aux officiers et sous-officiers de ce bataillon, ainsi qu'à la compagnie de Canonnierset auxancieus qui ont fait tous leurs efforts pour arrêter les fuyards, qui au nombre de deux cents demandent à réparer la déroute de leurs recrues qui ont deshonoré le bataillon. Ces gens de Saint-Quentin m'ont toujours paru de la plus mauvaise volonté. Plus de trente se sont sauvés jusqu'au Grand Fayt où ils ont reçu les embrassements de leurs pères et mères qui sont sans doute venus les féliciter sur leur bonne conduite. J'ai ordonné d'arrêter cette séquelle et la faire conduire dans les prisons d'Avesnes. L'ennemi a repris poste à Ors d'où nous l'avions chassé, et y est établi comme ci-devant.

Journée du 10.

L'ordre est donné au 4* Régiment de Hussards de sortir de Catillon à la pointe du jour pour aller à la découverte et de rester en bataille en avant de ce village jusqu'à nouvel ordre. Le 10® Bataillon de Paris s*est porté par ordre du Général sur la droite de ce village, dans les pâtures, le long de la Sambre. A peine y a-l-il été placé, que l'ennemi qui cherchait à se glisser par notre droite, l'a attaqué. Les anciens Volontaires du dit bataillon l'ont chargé avec vigueur, et l'ont repoussé jusqu'à près d'Ors, d'où le Général les a fait revenir, crainte qu'ils ne fussent pris en flanc par l'ennemi qui est dans le Bois TÉvéque. La Cavalerie ennemie a fait aussi des mouvements du côté de Basuyau, mais le 4" régi-

ment de hussards Ta arrêtée fermement, et a fait un prisonnier. Ces mouvements de Tennemi m'annoncent qu*il cherche à distraire notre attention par ce moyen, afin d'enlever de Basuyau des fourages qu'ils y avaient amassés.

L'ennemi est encore venu par la droite, mais le 10* B*** de Paris, brûlant de réparer son erreur, l'a repoussé jusqu'à Ors par un feu très soutenu. Le Général Balland a fait avancer partie de sa Cavederie et une compagnie d'artillerie légère au dessus de Catillon. Il est quatre heures et demie. A quelques tiraillements près, tout est tranquille. La prise de Catillon a fait avancer les cantonnements du Général Balland; en conséquence, il est disposé à le garder, et le 1**' B^^ de Saint Denys établi à la Groise le secondera par ses postes, le long de la Sambre de ce côté cy.

Il résulte de ces deux journées que la D^''^ de Balland a avancé ses cantonnements du côté de Tennemi et que nous sommes en possession du côté de Catillon.

J'observe que si Ton voulait faire une seconde attaque du même côté, il faudrait augmenter la Brigade du Général Soland, au moins de trois bataillons et de deux Régiments de troupes à cheval, ce qui, avec de Tartillerie de position, nous mettrait dans le cas de reprendre nos avantages, et de marcher avec succès.

Signé : le Général de Brigade Soland.

Le 29 Mars 1794.

Relation authentique de Tattaque faite le 29 mars 1794, par les Français, vers le Cateau, et de Tavantage remporté sur eux, par le corps de réserve de Tarmée impériale et royale ^

...Dans cet intervale, l'aile gauche de nos avant-postes qui, sous les ordres du Colonel Michalowitz, s'était portée dans un taillis qui s'étendait depuis le village de Pomereuil jusqu'à Ors, n^eut

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