‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 128 sur 284 · FUITE DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

FUITE DE LA FAYETTE

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reconnaissance, quittèrent Bouillon. Vingt et un officiers de l’état-major de La Fayette les accompagnaient : les maréchaux de camp César de LaTour-Maubourg, Laumoy et Du Roure; les colonels Sicard, du 43e régiment, et Victor de La Tour-Maubourg ; les lieutenants-colonels Langlois et Charles de Cadignan ; les adjudants généraux Philippe d’Agrain, aide de camp de Du Roure, et d’Arblay; les capitaines Masson, Victor Gouvion, Sionville, Alexandre et Louis Romeuf, La Colombe, Curmer et Soubeyran, aide de camp de César de La Tour-Maubourg; le capitaine du génie Bureaux de Pusy, ex-constituant; le lieutenant Victor Romeuf et le commissaire des guerres Pillet. Tous franchirent la frontière dans la soirée et entrèrent sur le territoire ennemi.

Avant de quitter la France, La Fayette avait écrit à la municipalité de Sedan une lettre d'adieu, où il disait qu’il s’éloignait de Sedan pour ne pas compromettre cette ville :

Le meilleur moyen de la servir est d’éloigner d’elle une tête que tous les ennemis de la liberté ont proscrite et qui ne se courbera jamais sous aucun despotisme. Pénétré de douleur de ne pouvoir plus, en ce moment, être utile à ma patrie, je ne me consolerai qu’en faisant des vœux pour que la cause sacrée de la liberté et de l’égalité, profanée, si elle pouvait l’être, par les crimes d’une faction, ne soit pas, du moins, pour longtemps asservie, et en renouvelant le serment, dans les mains d’une commune vraiment patriote, d’être fidèle aux principes qui ont animé ma vie entière (1).

(1) Copie, Arch.nat., C 5158, pièce n° 27. — Le 19 août, les commissaires à l'armée du Centre, Baudin, Isnard et Quinette, écrivaient de Reims à l’Assemblée nationale (Orig., Arch. nat., C 358, n° 22) : « Nous croyons qu’il est temps de séparer La Fayette de son armée par un acte qui en impose aux coupables et qui réveille le courage des hommes faibles ou trompés. 11 faut contre lui un décret d’accusation. 11 serait bon de demander aux armées la prestation de serment de défendre la liberté et l'égalité. Elles ne peuvent rester à la solde de la nation et servir un général qui veut les mener à la guerre civile. »

Arrivée de La Fayette et de ses compagnons à Rochefort, le 19 août 1792.

— Ils sont arrêtés par les Autrichiens. — Protestation contre cette violation du droit des gens. — La Fayette prévient sa femme de sa fuite et de son arrestation et exprime le désir d'aller en Angleterre et d’y être rejoint par sa famille (21 août). — Il est conduit à Namur et refuse de donner sa parole de prisonnier de guerre. — Instructions du duc de Saxe-Teschen (24 août). — La Fayette est transféré à Nivelles (25 août).

— Lettres à La Rochefoucauld, à Mmo de Chavaniac et à William Short (25 et 26 août). — 11 excipe de sa qualité de citoyen américain pour réclamer son élargissement. — Lettre du prince de Reuss au duc de Saxe-Teschen sur la nécessité de retenir La Fayette prisonnier (26 août). — Lettre à la princesse d'Hénin (27 août). — 11 est séparé de ses compagnons d’infortune et est gardé prisonnier avec César de La Tour-Maubourg, Alexandre Lameth et Bureaux de Pusy, en qualité de constituants. — 11 fait ses adieux à Louis Romeuf et lui adresse une déclaration, qui est un véritable testament moral. — Il est transféré à Arlon (2 septembre 1792). — Mesures prises par la Commune de Paris et l’Assemblée législative contre La Fayette. — Le coin de sa médaille est brisé en place de Grève et la saisie de ses biens est décrétée (25 août). — Arrestation de Mme de La Fayette à Chavaniac (10 septembre). — 11 écrit d’Arlon à la princesse d’Hénin (3 septembre). — Il arrive à Luxembourg (4 septembre). — Le duc de Saxe-Teschen explique à La Fayette que son rôle dans la Révolution le force à le garder en captivité jusqu’à ce que le roi de France soit rétabli sur son trône (8 septembre). — La Fayette est transféré à Trêves, puis à Coblentz, et enfin dans la forteresse de Wesel, en Westphalie (18 septembre). — Il est enfermé dans un cachot obscur. — Il repousse les propositions du roi de Prusse. — Correspondance entre Short et Gouverneur Morris. — Sommes prêtées par Gouverneur Morris à La Fayette et à sa femme. — Lettre de Short (7 décembre). — Pamphlet de Rivarol. — La Fayette est transféré à Magdebourg (31 décembre 1792.) — 11 est mis au secret. — Lettre écrite avec un cure-dents à la princesse d’Hénin (13 mars 1793). — Description de son cachot. — Correspondance entre Mmc de La Fayette et Washington. — Lettre de La Fayette au journaliste hambourgeois d'Archenholtz (27 mars). — On lui permet de se promener pendant une heure. — Visite du duc Frédéric de Brunswick.

— Il écrit au ministre américain à Londres, Pinkney, pour célébrer le 17° anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis (4 juillet). — Projets d’évasion. — Il est séparé de ses compagnons d’infortune et transféré à Neisse (iôjanvier 1794).

La Fayette et ses compagnons de fuite arrivèrent, le 19 août 1792, vers huit heures du soir, à Rochefort, petite ville du pays de Liège, située à vingt-quatre kilomètres

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