‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 71 sur 284 · LA COCARDE TRICOLORE · texte numérisé non relu

LA COCARDE TRICOLORE

districts de Paris une circulaire sur les limites à fixer aux différents pouvoirs et il y définit nettement les fonctions de commandant général :

C’est à M. le maire de la ville de Paris, c’est à vos représentants, Messieurs, que doiventêtrefaitestoutesles demandes; c’est d’eux que doivent émaner toutes les décisions. Veiller à la sûreté de la capitale, au bon ordre parmi les citoyens armés, exécuter les décrets de vos représentants, vivre pour vous obéir et mourir, s’il le faut, pour vous défendre, voilà les seules fonctions, les seuls droits de celui que vous avez daigné nommer commandant général.

Le 30, La Fayette accompagna, avec sa femme, Necker et la baronne de Staël à l’assemblée des représentants de la Commune (1) et à celle des électeurs (2), dans ces fameuses séances où Necker arracha à la générosité des Parisiens la mise en liberté du baron de Besenval. Le 31, il apporta à l’assemblée des représentants le règlement de l’organisation de la garde nationale, dont il avait confié la rédaction à son ancien compagnon d’armes, le colonel Mathieu Dumas (3). Si on en croit les Mémoires du général, c'est ce jour-là qu’il présenta la cocarde tricolore et qu’il prononça ces paroles prophétiques :

Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde et une institution, à la fois civique et militaire, qui doit triompher des tactiques de l’Europe et qui réduira les gouvernements arbitraires à l’alternative d’être battus, s'ils ne l’imitent pas, et renversés, s’ils osent l imiter (4).

(1) Cf. S. Lacroix, t. I, p. 45. — La Fayette n’est pas mentionné dans le compte rendu, mais il figure dans celui de l’assemblée des électeurs. Il est vraisemblable qu'il assista aux deux réceptions.

(2) Cf. Procès-verbal de l’assemblée des électeurs, en date du 30 juillet.

(3) Cf. S. Lacroix, t. 1, p. 64, et Souvenirs de Mathieu Dumas, t. I , p. 4? ?.

(4) Le procès-verbal de la séance du 31 juillet de l’assemblée des représentants de la Commune de Paris ne mentionne ni les faits ni les paroles.

La Fayette fait décider la délivrance d'un diplôme aux gardes françaises (4 août 1789). — Il sauve le marquis de La Salle. — Il revêt pour la première fois l'uniforme national (9 août). — Le jour de la Saint-Louis, il va présenter ses hommages au roi. — Il refuse le traitement de 120,000 livres que lui offre l’assemblée des représentants. — 11 assiste, dans Notre-Dame, à la bénédiction des drapeaux de la garde nationale (27 septembre). — Réunions chez Jefferson avec Du Port, Barnave, Mounier, etc. — Journées des 5 et 6 octobre. — La Fayette suit la foule à Versailles et parvient à sauvegarder l’Assemblée nationale et la famille royale. — 11 ramène Louis XVI à Paris et reçoit ses remerciements. — 11 force le duc d’Orléans à partir pour l’Angleterre. — Lettre de La Fayette au duc. — 11 va présenter au roi les témoignages de respect et d’amour de la ville de Paris (9 octobre). — II reçoit le commandement des troupes placées à quinze lieues à la ronde (10 octobre). — 11 réclame la réforme de la procédure criminelle. — Antipathie réciproque de La Fayette et de Mirabeau. — Intrigues du comte de La Marck pour amener une alliance entre les deux rivaux. — La Fayette parle à Mirabeau de la nécessité d’un changement de ministère et il est blâmé par Gouverneur Morris de rechercher une telle collaboration. — Entrevue avec Mirabeau. — Les relations entre eux deviennent presque quotidiennes. — Mirabeau refuse l’ambassade de Constantinople. — Eloge de La Fayette par Mirabeau à l’Assemblée nationale, le 19 octobre, et lettre de protestations d’amitié et d’estime. — Conférences pour la formation d’un nouveau ministère. — La Fayette fait poursuivre les gardes nationaux qui ont laissé pendre le boulanger François (22 octobre). — Lettre à Mounier. — Propositions faites à Mirabeau. — Plan de ministère tracé par Mirabeau. — Part réservée à La Fayette. — Médaille gravée par Duvivier. — Lettre de Washington (14 octobre).

La Fayette déployait une activité extraordinaire. Tout était à organiser ; il fallait veiller à la sûreté de la capitale et correspondre avec le maire, assister de temps à autre aux séances de l’assemblée des représentants et répondre à tous les quémandeurs et donneurs d’avis, qui l’assiégeaient, soit à la maison commune, soit dans son hôtel de la rue de Bourbon. Le 4 août, La Fayette fit décider par l’assemblée des représentants que le maire et le commandant général délivreraient à chaque soldat des gardes françaises, au nom de la ville de Paris, un certi-

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