J FONCTIONS DE COMMANDANT GENERAL
ficat d'estime et de reconnaissance pour sa bonne conduite dans la Révolution (i). Le 5, il obtint la fixation de la solde des gardes françaises (2). Le 6, au soir, il dut tenir tête à une foule qui réclamait la tête du marquis Adrien-Nicolas delà Salle, coupable d'avoir signé l'ordre de transporter dix milliers de poudre hors de Paris (3). Le même jour, il manda à Bailly que les places d'officiers dans la garde nationale dépendaient uniquement des citoyens (4). Le 8 au soir, il procéda à l'interrogatoire d'un sieur Crettet, qui déclarait savoir la retraite du prince de Conti, et la séance ne se termina qu'à deux heures du matin (5). Le dimanche g, il assista, dans l'église Saint-Nicolas-des-Champs, à la bénédiction du drapeau du bataillon du district et il revêtit pour la première fois l'uniforme national (6). Le 12, il désignales membres de son état-major (7) et son choix fut ratifié, le lendemain, par l'assemblée des représentants (8). Le 13, il se rendit, avec sa femme, à la bénédiction du drapeau du district des Cordeliers,et des couplets furent composés sur cette cérémonie (9). Le 14 août, il présenta comme quar-
(i) Cf. s. Lacroix,!. I, p. 87. — La Fayette, retenu à Paris, n'assista pas à la mémorable nuit du 4 août, mais il applaudit à la destruction des privilèges. (Cf. Mémoires.)
(2) Cf. S. Lacroix, t. I, p. loi.
(3) Cf. S. Lacroix, t. I, p. 112.
(4) Cf. A. Tuetey, t. II, n» 5628.
(5) Cf. S. Lacroix, t. 1. p. ij8 à 148.
(61 Cf. Mémoires de BaiHr, t. II, p. 242.
(7) Cf. la lettre de La Fayette dans S. Lacroix, 1. 1, p. 188. — L'état-niajor se trouva ainsi composé : Major général : Jean-Baptiste Gouvion. son ancien compagnon d'armes en Amérique; — Aides-majors généraux : i» Pierre- Auguste de Lajard, capitaine; — 2° Jacques Souet d'Ermigny, capitaine; — jo Louis-Ange de la Colombe, son ancien aide de camp en Amérique; — Secrétaire général : Poirey.
(8) Gouvion déclara, le 2? août 1789, dans une circulaire aux districts, que, nommé major général de la garde nationale par les représentants de la Commune, il n'acceptait ces fonctions que pour trois mois et renonçait durant ce temps aux appointements de sa place, (Cf. catalogue révolutionnaire Jacques Charavay, n0 25i.)
(9) Cf. le texte des couplets aux Pièces justificatives, n° xvi.
tier-maître général Jean-Charles Chadelas (i). Le 15, il visita l'atelier de charité de Montmartre et réussit à apaiser les ouvriers. Il jouissait d'une telle considération qu'on poursuivit plusieurs personnes convaincues d'avoir tenu des propos injurieux sur le compte du commandant général (2).
Le 17 août 178g, les ingénieurs chargés de la démolition de la Bastille vinrent présenter à La Fayette cinq boulets que les ouvriers avaient trouvés encastrés dans les pierres d'une des tours de la forteresse et qui provenaient de l'époque de la Fronde (3). Le 23, le général décida l'assemblée des représentants à se charger de l'armement et de l'équipement de la garde nationale (4). Le 25. jour de la Saint-Louis, il se rendit avec Bailly à Versailles pour présenter leurs compliments au roi; tous deux furent acclamés par la population et très bien accueillis par Louis XVI et par la reine. La Fa3'ette alla voir le dîner que la garde nationale de Versailles donnait à celle de Paris et il refusa le commandement général que les Versaillais voulaient lui conférer (5). Le 7 septembre, il déclina l'offre que lui faisait l'assemblée des représentants d'un traitement de 120,000 livres : « Ma fortune, écrivait-il, suffit à l'état que je tiens, et mon temps ne suffirait pas à plus de représentation (6). )) Le 8, il exposa à l'assemblée des représentants son projet d'organisation des compagnies soldées et il l'incita à demander à l'Assemblée nationale de réformer la procédure criminelle et de prendre, en atten-
(i) Cf. s. Lacroix, t. I, p. 227 et 246.
(2) Cf. A. Tuetey, t. I, n'*" 88j, 898, 911 et 957.
(j) Cf. Journal de Paris, du 26 août 1789. — Ces boulets étaient conservés au château de Chavaniac. '^Cf. H. Mosnier, p. vj
(4) Cf. Mémoires de Bailly, t. II, p. 29O, et S. Lacroix, t. II, p. ?i8. • {<jj C(. Mémoires de Bailly, t. II, p. joj.— Cf.dans S. Lacroix, t. i, p. J22, la composition du détachement qui se rendit à Versailles.
(6j Cf. S. Lacroix, t. I, p. 500.