CARICATURE CONTRE LA FAYETTE
général ressemble à une chandelle qui ne brille que chez le peuple et pue en s'éteignant i i ). » C'est à la baronne
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de Staël, femme de l'ambassadeur de Suède et amie de La Fayette, qu'on prêtait ce propos.
(i) Cette caricature, qui fait partie de ma collection révolutionnaire, est reproduite ici.
2^2 LE GÉNÉRAL LA FAYETTE [lyÇO]
Les intrigues nouées autour du général, les racontars colportés dans les salons, les relations avec la Cour et avec le marquis de Bouille, expliquaient des soupçons, qui n'allaient que se fortifier. Le retour du duc d'Orléans à Paris devait encore embrouiller davantage la situation. « Le prince à la Cour, écrivait Mirabeau au roi le i" juillet 1790, sera un embarras de plus pour La Fayette; ces deux ennemis, en présence l'un de l'autre, se contiendront respectivement (i). »
Les préparatifs de la fête de la Fédération absorbaient alors La Fayette et lui faisaient oublier quelque peu les ennuis et les délicatesses de sa situation politique. Sur le terrain du commandement de la garde nationale il se sentait solidement établi ; sa puissance était aussi grande qu'il la pouvait souhaiter, et la Fédération ne devait que l'accroître encore et donner un regain à une popularité battue en brèche par tant d'ennemis. Le 3 juillet, La Fayette assista à la nomination, par les électeurs désignés par les soixante bataillons de la garde nationale, des députés qui devaient assister à la Fédération. Il déclara qu'on ne pouvait pas dire qu'il y avait eu division dans la garde nationale et il signa le procès-verbal (2). Le même jour, le duc d'Orléans envoya à l'Assemblée nationale, au roi et La Fayette, une note protestant contre les démarches faites auprès de lui par M. de Boinville, de la part du commandant général, pour le dissuader, au nom du repos public, de revenir à Paris.
Dans la séance du 6 juillet, La Fayette donna des explications à l'Assemblée sur les motifs de la démarche qu'il avait fait faire auprès du prince, et il exprima sa
(1) Cf. Correspondance entre Mirabeau et La Marck, t. II, p. 71.
(2) Cf. P. Robiquet, Le personnel municipal de Paris sous la Réfoluticn, p. J15 à J17.