LE GÉNÉRAL DE BRIGADE DAENDELS A VANDAMME
16 juin 1794.
« J'ai appris que différents objets que j'avais mis en réquisition à Dixmude, consistant en bière, vinaigre, savon, etc., pour être distribué aux troupes de ma brigade, en payant, avait été mené chez toi ; j'envoie un officier de mon état-major pour les chercher, te priant de vouloir bien les lui faire remettre.
• Donne-moi quelques nouvelles du siège , j'ai
fait hier une découverte jusqu'à deux lieues d'Ostende et sur la route de Bruf^es. Les Anjçlais sont campés dans les dunes devant Ostende, et les Hanovriens sont derrière le canal de Bruges, à Gand. Clairfait est à Thielt. Donne-moi des nouvelles du siège. »
njuin n94.
« J'ai appris, mon cher camarade, par le citoyen Thierry Fallignant, que tu jouis d'une bonne santé et que notre ancien bataillon était sous tes ordres, je n'ai pas besoin de te le recommander, ils sont tes anciens camarades, et je t'en dis assez, mais individuellement je te recommande le citoyen Thierry, lieutenant, si tu peux faire quelque chose pour lui, tu m'obligeras, dans les qualités que je lui connais, j'ai remarqué celle de bon soldat ; dans plusieurs affaires, où il s'est trouvé avec moi, particulièrement au siège de Lille et à la prise de Mouveaux, je n'ai point eu d'autre reprochée lui faire que celle de ce qu'il se portait souvent trop en avant. S'il a éprouvé quelques désagréments, ils ne pouvaient provenir que de la méchanceté ou des compagnies qu'il fréquentait, et je ne te cacherai pas que je me suis employé pour sa liberté. Tu connais ma franchise républicaine, à ce titre, si je lui avais connu des tords, je les aurai fait connaître.
■ Si tu vois le général Moreau, dis-lui qu'il
est un paresseux, ou qu'il m'oubli ; dans Tun ou l'autre cas, tu lui feras mes compliments, dis-lui encore que je rappelle son amitié à Tordre, la mienne pour lui et pour toi est aussi sincère que les sentiments de ton camarade et ami.
• P.'S. — Nous nous sommcsbattus, hier, comme des enragés ; l'ennemi a perdu beaucoup d'hommes et (le chevaux, mais nous, un peu de terrain, que nous regagnerons avec usure. »
MOREAU A VANDAMME
• Mou cher Vandamme , la capitulation est
sij^nee. »
MOUEAU.
MOREAU A VANDAMME
18 juin 1TJ4.
• Le général de brigade Vandamme fera prendre les armes à sa brigade, demain malin à sept heures précises ; il la portera à la porte do Messine, où elle sera mise en bataille dans le plus grand ordre pour voir défiler une partie de la garnison. La tenue de la troupe sera la meilleure possible, le plus grand silence et la plus grand * décence Sv»ront observés sur la responsabilité des chefs de corps.
f 11 détachera de sa brigade un bataillon, quatre compagnies de grenadiers et un fort piquet de cavalerie pour l'escorte de la garnison jusqu'à
Lille. Cette escorte empêchera les insultes qu'on voudrait faire essuyer aux prisonniers de guerre; et rejoindra le lendemain sans séjour.
« Il donnera des ordres à sa brigade dès qu'elle rentrera de défaire sur le champ tous les retranchements, batteries ou autres ouvrages faits pour la défense ou l'attaque de la place devant son front. Il préviendra que personne n'entrera en ville sans une permission signée d'un officier général.
« Il fera prendre une position face en arrière de la ligne qu'il occupe actuellement, se rassemblera entre les routes de Dixmude et de Menin.
« Aussitôt le départ des Hessois il retirera tous les postes qu'il a investi, excepté la garde de la demi-lune de la porte de Messine, qui sera ensuite relevée par la garnison de la ville. »
PICHEGRU A VANDAMME
20 juin 1794.
« J'avais requis avant toi, mon cher camarade, la collection de Ferrary (1) que tu as enlevée à Ypres, tu es trop honnête sans doute pour vouloir les retenir dans ta riche bibliothèque ; en conséquence je les attends par le retour de l'ordonnance.
« Lorsque tu en manqueras, je m'empresserai de satisfaire à tes besoins en tant que possible. »
(1) Le 2â juin, Pichegru écrivit à Vandamme : Je viens de recevoir, général, les caries de Ferrary que tu m'as envoyées je t*en remercie.
A cette époque, les commissaires de la Convention, frappés de la confusion qu'occasionnait la multiplicité des commandants en chef (1), jugèrent convenable de mettre sous les ordres de Jourdan deux divisions du Nord et Tarmée des Ardennes, fonnée aussi de deux divisions. Le Comité de salut public approuva cette disposition (2). Ce ne fut cependant que le 29 juin que la Convention décréta que ces troupes, réunies à celles de la Moselle, formeraient une armée distincte, sous le nom de Sambre-et-Meuse, dont Jourdan eut le commandement en chef.
Celte armée passa la Sambre, investit et prit Gharleroi. Elle livra ensuite la bataille de Fleurus, tandis que Taile gauche de Tarmée du Nord s'emparait d'Ypres.
Les succès obtenus par Jourdan et la jonction (les armées fi^ançaises ayant déterminé la retraite (les Autrichiens au delà de la Meuse, on occupa Namur, Liège et Anvers.
(1) n y en avait trois : Charbonnier commandant r armée des Ardennes, Uesjardins commandant en chef deux divisions de rarmée du Nord, etFerrand commandant également en chef toutes les troupes de la môme armée , depuis Guise jusqu'au-dessous de Maubcuge. L'arrivée de Jourdan allait en porter le nombre ù (luaire.
(-2) Le Comité de salut public , en approuvant la réunion, sous les ordres de Jourdan, des troupes des trois armées, décida que Pichcgru aurait la direction des opérations, mais cette disposition se trouvant rapportée par le décret de la convention du 29 juin, qui créa l'armée de Sambre-et-Meuse, et la mit sous les ordres du général en chef Jourdan, jamais Pichcgru n'adressa d'ordres à son collègue.
L armée du Nord eut alors Tordre de s'emparer, sur Textréme gauche do la ligne, de Nieuportet du fort rÉcluse. La division Moreau et les brigades Vandamme et Laurent furent plus spécialement chargées de ces dernières opérations.
Le 19 juin, après la prise de la place d'Ypres, la brigade Vandamme fut dirigée vers le nord-est et poussa ses avant-postes sur Thielt et jusqu'aux bords de la Lys, vers Dreynse. Elle se rabattit, après quelques opérations sans importance sur sa gauche, le ^2i, et fit une grande reconnaissance pour obtenir des renseignements sur le corps anglais de six mille hommes, alors à Ostende. Ce corps rejoignit l'armée du duc d'York le 26, et la division Moreau reçut ordre, au Heu de se rendre à Oudenardc pour effectuer le passage de l'Escaut, avec les autres divisions de Tannée du Nord, de se jeter à Touest pour compléter la conquête de la West-Flandre, en s'emparant d'Ostende, de Nieuport et de Furnes.
A la suite d'une marche forcée, opérée le 29 juin, la brigade Vandamme occupa Bruges, et le lendemain Ostende, abandonné par l'ennemi.
Le l^**" juillet, Nieuport, défendu par dix-huit cents Hanovriens, quatre cents émigrés et cinquante gendarmes hessois fut investi, excepté sur le coté est, rendu impraticable par les inondations s'étendant à huit ou dix lieues. La brigade Laurent fut chargée d'observer l'ennemi, la brigade Vandamme défaire le siège.
Le 3 juillet, trois bateaux, chargés crémigrés, sortirent de la place, dans le but de rejoindre Tescadre anglaise, encore dans le port et dans la rade. Les émigrés s'avancèrent avec beaucoup d'intrépidité, et Tennemi, pour favoriser leur projet, opéra une sortie en longeant le canal et en faisant de la ville un feu des plus vifs, mais tout cela devint inutile. Les troupes de Vandamme s'étant réunies avec célérité et en force sur les deux bords du canal , dirigèrent leur feu sur les bateaux qui éprouvèrent des pertes considérables. L'artillerie acheva de les foudroyer; tous ces malheureux furent tués ou pris en se sauvant à terre et sacriliés aux barbares usages qui les condamnaient, à cette époque, à être passés par les armes.
Le 6 juillet, les pièces de siège et quatre compagnies de sapeurs du génie arrivèrent au camp de Vandamme. La tranchée fut ouverte entre le canal (le Furnes et le fort Viervont. Quelques jours plus tard, vingt-huit bouches à feu foudroyèrent la place, qui, le 18 juillet, était en feu. Le commandant envoya un parlementaire et la capitulation fut signée. La garnison, prisonnière de guerre, déposa ses armes sur le glacis et fut menée à Dunkerque. On trouva dans la place cent bouches à feu et des magasins considérables.
Ce siège coûta peu de monde, mais un village voisin, enfilé par deux batteiies, fut écrasé par les boulets ennemis.
Le général Diepenbroeck, qui commandait à
Nieuport, sommé de livrer les émigrés, avait répondu qu'il n'y en avait aucun dans la garnison sous ses ordres , mais les précautions les plus minutieuses avaient été prises pour empêcher ces pauvres gens, dont on connaissait la présence dans la ville, de pouvoir s'échapper. Ils eurent beau se déguiser en paysans, plus de cent soixante furent reconnus, saisis et fusillés. Ces émigrés étaient ceux qui s'étaient échappés de Menin, la nuit, eu forçant les postes de Vandamme.
Nieuport au pouvoir de la division Moreau, cette division reçut l'ordre, le 20 juillet, de se porter au nord, sur l'île do Gazand et sur le fort l'Ecluse.
Il ^'agissait de passer dans cette ile en franchissant un petit bras de mer, communiquant de Biervliot à l'Écluse et formant l'ile. Le canal était défendu par plusieurs forts et quelques batteries. Près de trois mille hommes composaient les troupes chargées de la défense. La brigade Laurent fut destinée à maintenir la garnison du fort l'Ecluse, la brigade Vandamme à se jeter dans l'ilo et à s'emparer du camp retranché de Tennemi. Le 27 juillet, l'opération, menée avec une extrême vigueur, par Vandamme, eut lieu et réussit, comme tout ce qu'entreprenait cet officier général, ardent soldat, homme de talent et alors chaud républicain. L'ennemi se relira partie à Flessiague, en s'embarquant, partie à Philippine.
Pendant que ceci avait lieu, 1? général Laurent prenait un petit fort, passait le canal et venait
camper à Ost-Bourg. Vandamme, continuant son mouvement, enleva le fort de Bresckens, à Tex- Irémité nord de Tîle de Cazand.
La brigade Laurent revint alors sur rÉcluse, dont elle fit le siège, tandis que la brigade Vandanmie s'établit, dans Tîle Cazand, en corps d'observation.
Le fort l'Écluse, d'un abord difficile à cause des inondations, se défendit jusqu'au 28 août. Pendant ce temps-là, on avait été obligé de faire évacuer l'île Cazand à une partie de la brigade Vandamme, décimée par les fièvres qui régnent dans ce pays malsain et marécageux.
L'Assemblée nationale décréta que la division Moreau avait bien mérité de la patrie, mais chaque jour deux et trois cents hommes entraient aux hôpitaux. Vandamme lui-même paya le tribut commun. Après la reddition du fort l'Écluse, dont les fortifications furent détruites, et dont la garnison de dix-huit cents hommes fut conduite prisonnière en France, on évacua complètement ce pays dangereux, ne gardant que le canal, dit de Coxicke, et les deux petites villes de Ysendyck et Biervliet.
Les bataillons , forts de neuf cent cinquante hommes à leur arrivée à l'île de Cazand, étaient réduits à trois cent cinquante hommes sous les armes, lors de la prise du fort l'Écluse, et cela par suite de maladie, d'entrée aux hôpitaux, de fièvres, de diarrhées, etc., sans compter un nombre considérable de galeux.
Ce fut alors, qu*en exécution du décret de la Convention, en date du 1:2 août 1793, l'organisation des demi-brigades eut lieu à l'année du Nord, par l'amalgame d'un bataillon de ligne avec deux de volontaires, organisation qui fut de la plus haute importance pour les troupes françaises en ce qu'elle lit cesser Tindiscipline et donna une cohésion nécessaire à Tinfanterie.
La division Moreau (:2° de l'armée du Nord) put jouir de quelques jours de repos. On la laissa dans ses nouveaux et salubres cantonnements jusqu'au 13 septembre.
Pendant ce laps de temps, les malades purent être traités, les fièvres disparurent ; on fit des éliiblissements de galeux; riiabillement fut œparé, ainsi que l'armement, et les cadres se renforcèrent d'hommes sortis guéris des hôpitaux.
Le reste de l'armée du Nord, cependant, marchait de victoires en victoires, en appuyant la gauche de celle de Sambre-et-Meuse. Les alliés. Anglais, Ilanovriens, Hessois, s'étaient retirés sur Bréda, Bois-le-Duc, Nimègue. Les Autrichiens étaient concentré.^ derrière la Meuse, depuis Liège.
Le 13 septembre, la division Moreau, en vertu des ordres qui lui enjoignaient de rallier l'armée, se mit en marche vers le nord-est, après avoir Lii.*sé deux demi-brigades à Garni. La brigade Vandamme, traversant Bruxelles, Matines, Liège, gagna les bords des deux Nèlhes, et laissant Maastricht sur sa droite, remonta jusqu'à Venloo sur la
Meuse, rivière sur les bords de laquelle elle se trouvait le 4 octobre, s'altendant à recevoir la mission de la franchir en attaquant Tennemi, lorsque le 4 octobre, elle vit avec étonnement cette ligne de défense abandonnée, ainsi que les redoutes qui la protégeaient.
Les alliés s'étaient repliés dans Nimègue et Wesel sur le Rhin.
La brigade Compère fut aussitôt détachée sur Venloo, par le sud, pour tenir la garnison en échec, les brigades Varidamme et Laurent se rapprochèrent de la même place, par le nord, et* complétèrent son investissement. On étabUt ensuite un pont de bateaux sur la Meuse, et le siège fut mis régulièrement devant Venloo.
Cette place, sans être défendue par des inondations, avait de bons ouvrages dans le meilleur état possible, et une nombreuse artillerie avec dix-huit cents à deux mille Hollandais pour garnison.
Comme Tarmée du Nord faisait en même temps le siège de Bois-le-Duc^ place vers laquelle on avait dirigé le parc de la division Moreau, on était réduit, devant Venloo, aux petites pièces de campagne de quatre des bataillons. En outre, les troupes étaient si peu nombreuses que souvent le soldat descendait de garde le matin et était commandé le soir pour la tranchée.
Néanmoins , malgré les conditions médiocres dans lesquelles on se trouvait, malgré une sortie
vigoureuse de l'ennemi, on poussa l'attaque avec vigueur.
Pour intimider l'ennemi, en attendant les
bouches à feu de gros calibre, on se décida à une démonstration sur le fort Saint-Michel, situé sur la rive gauche de la Meuse et gardé par quatre cents hommes.
Trois cents échelles furent réunies dans un dépôt de tranchée pour une attaque de vive force sur le fort. La brigade Vandamme était chargée de ce coup de main, mais le commandarit de Venloo s'étant rendu le !24 octobre, veille du jour fixé pour l'assaut de Saint-Michel, cetle opération n'eut pas lieu. On trouva dans la place cent bouches à feu, six mille fusils, trois cent mille livres de poudre.
Au moment de la reddition de Venloo, Pichegru, malade, ayant obtenu un congé pour rétabhr sa santé, Moreau fut appelé au commandement par intérim de l'armée du Nord, et Vandamme à celui de la division Moreau.
C'est à cette circonstance qu'il faut attribuer le titre de général de division qui lui est donné à tort, dans quelques-unes des lettres qui lui sont écrites.
Vers la même époque, Maéstrich, un des boulevards de la Hollande, tomba au pouvoir des Français, après onzcjours de tranchée.
Ce fut le dernier acte de la brillante campagne de 1794.
VANDAMME A MOREAU
Menlebecke, 23 juin 1794.
« Conformément à tes ordres, je suis parti ce matin avec huit bataillons et toute ma cavalerie, pour aljer en reconnaissance sur Thielt et Gaeneghem. Arrivé à ce premier endroit, j'ai envoyé reconnaître les troupes de Daendels à Arseld ; elles y entraient avec les miennes. Après avoir aissé deux bataillons à Thielt, je suis allé avec le estant de ma troupe prendre une position à ^aeneghem, et ayant entendu une forte canonnade ima droite qui paraissait être du côté de Deyns, ai cru devoir protéger ce feu en envoyant toutes [les troupes légères et ma cavalerie à Vinckt, d'où lies détachèrent de fortes reconnaissances par leveren sur Deyns , où elles ont approché de rès-près. J'avais aussi des troupes en obseration à Ruysselede et Poucque.
« A Thielt'et dans les autres villages, de petites atrouilles ennemies venaient d'en sortir. J'ai vu ntre Zeveren et Deyns le débarquement du camp e Glairfait. On pense que ce général a 14,000 ommes. Les soldats qui composent son armée ant frappés de terreur ; tous les villages qu'Us uiltent sont pillés par eux ; aussi sont - ils en orreur chez tous les habitants du pays. J'ai à )uer la conduite de ces habitants ; aucun d'eux 'ont quitté leurs foyers, ils se sont empressés e nous apporter pain et bière ; nos soldats se
li-J-
iont aussi bien conduits, il ne m'est venu au- qpx :une plainte. ci
« La chaleur excessive jointe à la poussière a -ic. atigué la troupe ; elle a besoin d'un peu de 'epos.
« J'ai reçu le rai)port du général Laureiilje avais donné à Scron, adjoint, pour le le remcUre; i^ nais connue il est chargé de la conduite de l'ar- u riùre-garde, tu éprouveras un peu de relard dans la réception. Je vais te dire ce qu'il contient : il écrit de Wardane, il dit qu'il a trouvé ,] i*enneini dans différents villages d'où ils ont fui; il s'est porté jusqu'à trois quarts de lieue de Bruges, d'où il a vu le camp ennemi. J'attends Scron, je te ferai passer aussitôt ce rapport. »
MOREAU A VANDAMME
i juillet 1794.
« Mons et Tournay sont au pouvoir desF'ranjais. Ces nouveaux succès exigent un mouve- ^rement dans notre armée, voici ce qui s'exécute : Souham se porte avec son armée vers Gand ; Laurent avec sa brigade fera l'armée l'observation du siège de Nieuport, et ta brigade, à laquelle seront joints 3,000 hommes que Michaud fait avancer à Ost dunkerque et VolpiMi, le siège. Tu pourras disposer d'un des bataillons destinés à la garnison d'OstendQ , il en restera un et demi pour la place , et l'autre demibataillon occupera les écluses de Sliken. Tu feras
occuper sur-le-champ les villages de Vesthende et Loinbardzive, Manekcnsverc , Saint-Jooris et Ramscapelle. Les plus grarides forces doivent être i Saint-Jooris, Mannekensvere et environs, puisque c'est le front d'attaque, la partie en avant de îaint-Jooris n'étant pas inondée. Tu feras en sorte l'établir tes communications avec les troupes qui ccuperont Vulpen. Je me rends à deux heures •récises à Guistel où se trouvera le général ti chef. Tu laisseras un piquet de cavalerie à ►stende. •
Lombarzydc, 5 juillot 1794.
• J'ai retenu hier le capitaine Raindrc pour 'aider dans la recherche de différents objets d'arllerie. Je te l'envoie aujourd'hui. Salut, porte- >i bien et f bien le bal à ces b. ... là. »
MOREAU A VANDAMME
7 juillet 1194.
« J'arrive à l'instant, mon camarade, de Dunîrque. Il serait important que nous conférions isemble sur l'attaque de Nieuport avec Dejean
le général Éblé. Si l'ingénieur Poitevin est
(1) Eblé qui devint un des plus remarquables généraux du cmier empire, commandait alors rartilleric du siège. Son ngagc se ressentait alors encore beaucoup de celui qu*on iployait dans l'armée et partout.
avec toi, emmène-le, je t'altends ce sbir à Ostende, le plus tôt qu'il te sera possible.
« Je fais mon compliment à tes canonniers,
ils ont bien arrangé hier soir les aux
émigrés. »
VANDAMME A MOHEAU.
Wcstendc , 1 juillet 1794.
• Hier matin deux bâtiments chargés d'émigrés et de plusieurs habitants de Nieuport sont sortis du port et ont gagné le large. Les pièces d'artillerie n'avaient pas été placées comme je l'avais ordonné et n'ont pu défendre la sortie. Instruit dans la journée que d'autres bâtiments qui étaient encore dans le port devaient aussi tenter le passage, je fis établir au bord du canal trois pièces de 8 et trois obusiers de 6 pouces, de manière que j'étais maître du passage, et fis canonner le port que l'ennemi garde avec du canon, et vers lequel s'avançaient les tirailleurs d'Ostdunkerque.
« A midi mes deux obusiers de 6 pouces firent feu sur la ville. Deux bombes tombèrent sur la maison de ville, elles y mirent le feu et tuèrent deux chefs des émigrés qui, dans ce moment, prenaient congé de MM. les magistrats. Une autre bombe renversa la porte du port el tua plusieurs personnes.
« A six heures du soir, trois bateaux chargés du reste des émigrés qui avaient reçu l'ordre
e se rendre à Tile de Vlissengen, voulurent )rlir du port ; mais, lorsqu'ils furent à ma pore, je fis faire un feu d'enfer sur eux, et ils rent coulés bas et brûlés ; cent cinquante émiés furent pris de mon côté, et beaucoup du lé d'Ostdunkerque; quelques-uns se sauvèrent ns le fort et dans Nieuport, tout nus ; le reste t englouti ou brûlé. Nos soldats firent, je t'asre, une bonne capture en or et en argent ns ces bâtiments.
« J'ai fait fusiller un émigré à la tète de aque corps, le surplus fut assommé par nos Idats ; on ne voit qu'habits rouges et cada- 3s au bord de la mer.
« Cette nuit, j'ai voulu mettre en batterie isieurs pièces de 12 etobusiers de 6 pouces, lis le capitaine Suisse étant ivre, il m'a fait rouver un accident malgré que je lui aie dé- ;né un emplacement pour mettre ses munins ; il fit avancer deux caissons d'obus à la ncliée; l'ennemi les vit, et fit un feu très- , et parvint à les faire sauter ; je n'ai heuisement perdu ni hommes ni chevaux.
« L'ennemi continue toujours à faire un feu s-vif. Nous perdons très-peu de monde. Il LIS manque absolument des munitions de tous ires et nous ne savons pas où en prendre ; -moi donc où je pourrai en prendre. >