MOREAU AU REPRÉSENTANT LACOMBE-SAINT-MICHEL
« Saint-Michel, 21 juillet 1794.
« Jeté fais passer copie de Tinstruction que je laisse au général qui commandera Nieuport, tu lui feras passer tes ordres.
« Il existait dans Nieuport une grande quantité d'habitants des campagnes : les uns y étaient comme pionniers, les autres étaient des paysans armés ; ces derniers ont jeté leurs armes il y a plusieurs jours, et se trouvent confondus avec les autres. Que doit-on faire de ces gens? Provisoirement je les fais travailler au comblement des tranchées. Le chef de ces volontaires armés, trèsconnu, est arrêté; pour celui-là, il existe assez de preuves d'espionnage contre lui, et, d'après ton arrêté , je pense que le général qui restera ici pourra le faire juger par une commission militaire. Je me rends sur le champ à Bruges pour la conférence avec Deshayes.
« Environ cent trente émigrés ont été fusillés hier ; les précautions sont si bien prises qu'il n'en échappera pas (1). »
(I) Celle dernière phrase de la lellre de Moreau prouve que les ordres étaient formels pour rexccutiou des émigrés prison-
EBLE A VANDAMME.
Nieuport, 21 juaiel 1794.
« Je viens d'apprendre,, mon camarade, que la partie du parc d'artillerie de siège qui a été employée à Tattaque de Nieuport, du côté de Westhende, est restée sans garde d'infanterie, ce qui peut la compromettre. On me dit aussi que tu as donné ordre aux pièces de position qui étaient dans les dunes de rentrer à Ostende. Cette disposition contrarie mes opérations et cette artillerie est inutile à Ostende. Je t'ai déjà dit plusieurs fois que les mouvements de cette arme me regardaient et que j'aime à faire mon service. Je te préviens, en conséquence, que je ne changerai rien aux mesures que j'ai cru devoir prendre relativement à la défense d'Ostende, et que je ne suis nullement responsable des entraves que pourrait éprouver le service de ces bouches à feu, tant pour leui approvisionnement que pour leur position ; je te préviens encore que je ne donnerai aucun ordre pour qu'il leur soit fourni des munitions, à moins que je ne sois instruit de leurs mouvements et de la nécessité de ces mouvements. »
niers; et qu*cn les faisant fusiller, Vandamme n*était que rinstrument passif de son général de division, comme ce dernier était rinstrument de la Convention.