LE PRINCE JÉRÔME A VANDAMME
« Breslau, 29 mars 1807.
« Monsieur le général. Je reçois vos deux lettres du 28. Vous vous mettez en tête des choses qui n'existent point. Personne ne peut vous desservir auprès de moi, parce qu'un officier général qui sert avec le zèle, les talents et l'activité qui vous distinguent ne peut avoir aucune inquiétude à cet égard.
« Je ne puis que désapprouver qu'après avoir Iules ordres du jour que j'ai donnés à mon corps darmée, un officier général autorise une mesure qui est expressément défendue. C'est par l'administration que me viennent les plaintes à ce sujet, et nullement d'autre part. Le capitaine Hammerer devait être mis à l'ordre du jour, comme ayant
contrevenu à mes ordres, mais d'après le bien que vous m'en dites, j'ai supprimé cet ordre du jour.
« Le lieutenant général De Wrède, qui a passé ici avant-hier, m'a demandé tous les officiers de sa division, et même le commandant de mon quartier général est parti avec lui. Vous verrez par là, monsieur le général, que le départ du capitaine Hammerer n'est qu'une suite naturelle de la permission que j'ai accordée au général de Wrède de faire rejoindre tous les officiers de sa division. Mais cet officier m'ayant dit que, comme dernier capitaine, il serait obligé d'aller au dépôt à Cronach, je vous le renvoie en vous engageant à écrire au général de Wrède pour le prévenir de ce changement.
€ J'ai demandé à Sa Majesté de l'avancement pour vos aides de camp. Je n'ignore point la manière dont ils servent, et je conçois que vous n'ayez point assez d'officiers auprès de vous. Je vous ai envoyé un officier du génie.
c Agréez, monsieur le général, l'assurance de mes sentiments. »
HÉnOUVILLK A VANDAMME.
« Breslau, 30 mars 1807.
« Le capitaine de Hammerer m'a remis, mon cher général, votre lettre du 28 relative à Tordre que je vous ai transmis de l'envoyer ici ; deux raisons ont motivé cet ordre, la première: la
demande que le général de Wrède a faite que cet officier rejoignît son corps ; et la deuxième : plusieurs réquisitions contraires aux ordres du jour, qu'ila signées et pour lesquelles Son Altesse Impériale m'avait ordonné de le faire traduire à une commissionmilitaire. Je ne connaissais pas encore les motifs de ce dernier ordre, toutes les réquisitions illégales parvenant directement par Tadministralioa à Son Altesse Impériale.
« Il n'y a donc dans cette affaire rien qui vous soit personnel, à moins que le capitaine Hammerer n'ait agi d'après vos ordres, et alors Son Altesse Impériale en serait d'autant plus peinée qu'elle a sévèrement réprimandé les autres généraux de division qui s'étaient permis de faire des réquisitions illégales, et qui ne manqueraient pas de s'autoriser de votre exemple pour les continuer, ce qui nuirait à la rentrée des contributions et des objets requis par ordre de l'Empereur.
« Comment pouvez-vous imaginer qu'on prend à tâche d'éloigner de vous les personnes que vous affectionnez et qui vous sont utiles? Son Altesse Impériale, persuadée que vous n'avez pas assez d'officiers avec vous, n'a rien négligé pour que vous conserviez l'adjudant commandant Duveyrier et le général commandant le 6* corps d'armée a sûrement seul contribué aux ordres réitérés que vous avez reçus à cet égard. Vous savez bien, au surplus, que Son Altesse Impériale n'est susceptible d'aucune impression étrangère, et j'ose vous
assurer quo qui voudrait tenter de vous faire perdre dans son esprit l'opinion avantageuse qu elle a de vos services, n'obtiendrait que son mépris.
« Son Altesse Impériale sait aussi combien vous avez à cœur le bien-être des troupes sous vos ordres ; mais nul ne peut, même avec ce but, s'écarter des ordres généraux sans y avoir été autorisé.
• Vous ne pouvez donc attribuer ce qui s'est passé dans cette affaire qu'aux réquisitions illégales du capitaine de Hammerer (1).
« C'est en m'expliquant avec cette franchise que je crois, mon cher général, vous donner une preuve de mon sincère attachement et de ma parfaite considération. D