AN-FRANÇOIS-LES-BAS-BLEUS
où j'allais commencer de nouvelles études. L'époque et oit peu Favorable aux doctrines des spiritualistes, et j'oubliai aisémeni Jean-François au milieu des émotions de tous les jours qui tourmentoient la société.
Les circonstances m'avoient ramené au printemps. Vn matin (c'étoit, je crois, le 3 messidor), j'étois entré dans la chambre de mon père pour l'embrasser, selon mon usage, avant de commencer mon excursion journalière à la recherche des plantes et des papillons. — Ne plaignons plus le pauvre Jean-François d'avoir perdu la raison, dit-il en me montrant le journal. Il vaut mieux pour lui être fou que d'apprendre la mort tragique de sa bienfaitrice, de son élève, et de la jeune demoiselle qui passe pour avoir été la première cause du dérangement de son esprit. Ces innocentes créatures sont aussi tombées sous la main du bourreau.
— Seroit-il possible! m'écriai-je... — Hélas! je ne vous avois rien dit de Jean-François, parce que je sais que vous craignez pour moi l'influence de certaines idées mystérieuses dont il m'a entretenu... — Mais il est mort !
— Il est mort ! reprit vivement mon père ; et depuis quand ?
— Depuis trois jours, le 29 prairial. Il avoit été