‹ Le Génie bonhommeChapitre 26 sur 35 · V \Kl \ \l\V. DE L \ Cil WDKLKl · texte numérisé non relu

V \Kl \ \l\V. DE L \ Cil WDKLKl

de la main. Ne craignez pas que sa pensée s'arrête à ces résolutions forcenées de l'athéisme et du crime. Le suicide, qui désespère de la bonté de Dieu, calomnie Dieu. Il fait plus que de le nier. Il proteste contre son âme en lui cherchant le néant pour refuge, et il ne trouvera pas le néant, car l'âme ne peut mourir. Tout

ce que Dieu a créé vivra toujours, et, si Dieu pouvoit lui-même rendre au néant l'être qu'il anima de son souffle, c'est le néant qui seroit le châtiment du suicide; mais le suicide en aura un autre : il saura ce qu'il perd, il comprendra les biens que la patience et la résignation lui auroient acquis, et il n'espérera plus. Les méchants, peut-être, attendront quelque rémission dans

l'éternité; il n'y aura point de rémission pour le suicide, il vivra toujours, toujours, dans un monde fermé qui n'aura plus d'avenir; il a rompu avec l'avenir, et son pacte ne se résoudra jamais. Entre Cécile et l'époux que son père lui avoit donné, il n'y a qu'un petit nombre d'instants qui se succèdent et qui s'effacent l'un l'autre. Il y a l'infini entre Cécile et le suicide...

— Arrêtez, arrêtez, mon père ! m'écriai-je en m'appuyant sur son sein. Je vivrai, puisqu'il le faut!...

Et voilà pourquoi j'ai vécu.

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