ET V\AA R DKS POIS
Fèves en se retournant. Eh! oui, vraiment, c'est cette mièvre effrontée de chevrette de montagne, qui rôdoit toujours avec ses petits autour de mon champ pour me rafler quelque bonne lippée. Vous voilà donc, madame la maraudeuse!
— Que dites- vous de marauder, joli Trésor! Ah! vos haies étoient trop bien frondues, vos fossés trop
profonds, et vos échaliers trop serrés pour cela! Tout ce qu'on pouvoit faire étoit de tondre le bout de quelques feuilles qui for-issoient entre les joints de la claie, et c'est au grand bénéfice des pieds que nous émondons, comme dit le commun proverbe :
Dent de mouton porte nuisance Et dent de chevrette abondance.
— Voilà qui suffit, dit Trésor des Fèves, et le mal
que je vous ai souhaité puisse-t-il m'advenir incontinent! Mais qu'aviez-vous à m' arrêter, et que saur ois-je faire qui vous fût à gré, clame chevrette?
— Hélas! réponclit-elle en versant de grosses larmes... Béé-é, béé-é, bekki... c'est pour vous dire qu'un méchant loup a mangé mon mari le chevret, et que nous sommes en grand misère, l'orpheline et moi, depuis qu'il ne va plus fourrager pour nous; de sorte qu'elle est en danger de mourir de maie- faim, si vous ne lui portez aide, la malheureuse biquette! Je vous appelois donc, noble Trésor, pour vous prier de nous faire la charité d'un de ces bons litrons de fèves que vous portez pendus à votre bâton, et qui nous seroit un suffisant réconfort, en attendant que nous ayons reçu des secours de nos parents.
— Ceci, dame Chevrette, s'écria Trésor des Fèves en détachant du bout de son bâton un des deux litrons de fèves qui lui appartenoient encore, c'est une œuvre de bienfaisance et de compassion que je me tiens heureux d'accomplir.
La chevrette le happa du bout des lèvres, et d'un bond disparut dans le hallier.
— Oh ! que vous partez donc vite! reprit Trésor des Fèves. Oserois-je vous demander, ma voisine, si
KT FLE1 i; DES POIS.
je suis encore loin du monde où ma mère m'envoie? — Voua > êtes déjà, cria la chevrette en s'enfonçant parmi les broussailles.
Et Trésor des Fèves se remit en chemin, allégé de deux de ses litrons, et cherchant du regard les murailles de la ville, quand il s'aperçut, à quelque bruit qui se
faisoit sur la lisière du bois, qu'il devoit être suivi de près. Il s'avança soudainement de ce côté, sa serfouette ouverte à la main; et bien lui en prit, car le compagnon qui l'escortoit à pas de loup n'étoit autre qu'un vieux loup dont la physionomie ne promettoit rien d'honnête.
— C'est clone vous, maligne bête, dit Trésor des Fèves, qui me réserviez l'honneur de figurer chez vous au banquet de la vesprée ? Heureusement ma serfouette a deux dents qui valent bien toutes les vôtres, sans vous faire tort; et il faut vous tenir pour dit, mon compère, que vous souperez aujourd'hui sans moi. Regardez-vous de plus comme bien chanceux, s'il vous plaît, que je ne venge pas sur votre vilaine personne le mari de la chevrette, qui étoit le père de la biquette, et dont la famille est réduite par votre cruauté à une piteuse misère. Je le devrois peut-être, et je le ferois justement, si je n'avois été nourri dans l'horreur du sang, jusqu'au point de ménager celui des loups!
Le loup, qui avoit écouté jusqu'alors en toute humilité, partit subitement d'une longue et plaintive exclamation, en élevant les yeux au ciel comme pour le prendre à témoin :
— Puissance divine qui m'avez donné la robe des loups, dit-il en sanglotant, vous savez si j'en ai jamais senti dans mon cœur les mauvaises inclinations ! Vous êtes maître cependant, monseigneur, ajouta-t-il avec abandon, la tête respectueusement penchée vers Trésor des Fèves, de disposer de ma triste vie, que je remets à votre merci, sans crainte et sans remords. Je périrai
content de nos mains, s'il vous convient de m'immoler en expiation des crimes trop avérés de ma race; car je vous ai toujours aimé tendrement, et parfaitement honoré, depuis le temps où je prenois un innocent plaisir à vous caresser au berceau, quand madame votre mère n'y étoit pas. Vous étiez dès lors de si bonne mine, et si imposante, qu'on auroit deviné, rien qu'à vous voir, que vous deviendriez un prince puissant et magnanime comme vous êtes. Je vous prie seulement de croire, avant de me condamner, que je n'ai pas trempé mes pattes sanglantes à l'assassinat perpétré sur l'époux infortuné de la chevrette. Élevé dans les principes d'abstinence et de modération, auxquels je n'ai failli de toute ma vie de loup, j'étois alors en mission pour répandre les saines doctrines de la morale parmi les tribus lupines qui relèvent de ma communauté, et pour les amener graduellement, par l'enseignement et par l'exemple, à la pratique d'un régime frugal, qui est le but essentiel de la perfectibilité des loups. Je vous dirai mieux, monseigneur, l'époux de la chevrette fut mon ami; je chérissois en lui d'heureuses dispositions, et nous voyageâmes souvent ensemble en devisant, parce qu'il avoit beaucoup d'esprit naturel et de goût pour apprendre. Une' malheureuse rixe de préséance (vous savez combien
le caractère de sa nation est chatouilleux sur ce chapitre) occasionna sa mort en mon absence, et je ne m'en suis pas consolé.
Et le loup pleura, ce sembloit, du profond de son cœur, ni plus ni moins que la chevrette.
— Vous me suiviez pourtant, dit Trésor des Fèves, sans remboîter le double fer de sa serfouette.
— Il est vrai, monseigneur, répondit le loup en câlinant; je vous suivois dans l'espérance de vous intéresser à mes vues bénévoles et philosophiques en quelque endroit plus propre à la conversation. Las! me disois-je, si monseigneur Trésor des Fèves, dont la réputation est si étendue et si accréditée dans le pays, vouloit contribuer de sa part au plan de réforme que j'ai fait, il en auroit une belle occasion aujourd'hui; je suis caution qu'il ne lui en coûteroit qu'un des litrons de bonnes fèves qu'il porte pendus à son bâton, pour affriander une table d'hôte de loups, de louvats et de louveteaux, à la vie granivore, et pour sauver des générations innombrables de chevrettes et de chevrets, de biquettes et de biquets.
— C'est le dernier de mes litrons, pensa Trésor des Fèves; mais qu'ai -je affaire de bilboquet, de rubis et de toupie? et qu'est-ce qu'un plaisir d'enfant au prix d'une action utile?
— Voilà ton litron de fèves ! s'écria-t-il en détachant du bout de son bâton le dernier des litrons que sa mère lui avoit donnés pour ses menus plaisirs, mais sans fermer sa serfouette.
— C'est le reste de ma fortune, ajouta-t-il ; mais je n'y ai point de regret, et je te serai reconnaissant, ami loup, si tu en fais le bon usage que tu m'as dit.
Le loup y enfonça ses crocs et l'emporta d'un trait vers sa tanière.
— Oh î que vous partez donc vite ! reprit Trésor des Fèves. Oserois-je vous demander, messire loup, si je suis encore loin du monde où ma mère m'envoie?
— Tu y es depuis longtemps, répondit le loup en riant de travers, et tu y resterois bien mille ans sans voir autre chose que ce que tu as vu.
Trésor des Fèves se remit alors en chemin, allégé de ses trois litrons, et cherchant toujours du regard les murailles de la ville, qui ne se montroient jamais. II commençoit à céder à la lassitude et à l'ennui, quand des cris perçants, qui partoient d'un petit sentier détourné, réveillèrent son attention. Il courut au bruit.
— Qu'est-ce, dit-il, la serfouette à la main, et qui a besoin de secours? Parlez, car je ne vous vois pas.
— C'est moi, monsieur Trésor des Fèves; c'est
Fleur des Pois, répondit une petite voix pleine de douceur, qui vous prie de la délivrer de l'embarras où elle se trouve; il ne faut que vouloir, et il ne vous en coûtera guère.
— Eh! vraiment, madame, je n'ai point coutume de regarder à ce qu'il m'en coûtera pour obliger ! Vous pouvez disposer de ma fortune et de mon bien, continua-t-il, à l'exception de ces trois litrons de fèves que je porte pendus à mon bâton, parce qu'ils ne m'appartiennent pas, mais à mon père et à ma mère, et que j'ai donné tout à l'heure ceux qui étoient miens à un vénérable hibou, à un saint homme de loup qui prêche comme un ermite, et à la plus intéressante des chevrettes de montagne. Il ne me reste pas une seule fève que j'aie licence de vous offrir.
— Vous vous moquez! reprit Fleur des Pois un peu piquée. Qui vous parle de vos fèves, seigneur? Je n'ai que faire de vos fèves, grâce à Dieu ; et on ne sait ce que c'est dans mon office. Le service que je vous demande, c'est de mettre le doigt sur le bouton de ma calèche pour en enlever la capote, sous laquelle je suis près d'étouffer.
Je ne demanderois pas mieux, madame, s'écria
Trésor des Fèves, si j'avois l'honneur de voir votre
calèche, mais il n'y a pas ombre de calèche dans ce sentier, qui me paroît d'ailleurs peu voyable aux équipages. Cependant je ne mettrai pas longtemps meshuy à la découvrir, car je vous entends de bien près.
— Eh quoi ! dit-elle en éclatant de rire, vous ne voyez pas ma calèche! vous avez failli l'écraser en courant comme un étourdi! Elle est devant vous, aimable Trésor des Fèves, et il est facile de la reconnoître à son apparence élégante, qui a quelque chose de celle d'un pois chiche.
— Tellement l'apparence d'un pois chiche, rumina Trésor des Fèves en s'accrouptonnant, que je me serois laissé pendre avant d'y voir autre chose qu'un pois chiche.
Un coup d'œil suffit pourtant à Trésor des Fèves pour remarquer que c'étoit un fort gros pois chiche, plus rond qu'orange, et plus jaune que citron, porté sur quatre petites roues d'or et muni d'un joli portemanteau qui étoit fait d'une petite gousse de pois, verte et lustrée comme maroquin.
Il se hâta de mettre la main sur le bouton, et la porte s'ouvrit.
Fleur des Pois en jaillit comme une graine de bal-
samine et tomba leste et joyeuse sur ses talons. Trésor des Fèves se releva émerveillé, car il n'avoit jamais rien imaginé de si beau que Fleur des Pois. G'étoit en effet le minois le plus accompli qu'un peintre puisse
inventer : des yeux longs comme des amandes, violets comme des betteraves, aux regards pointus comme des alênes, et une bouche fine et moqueuse qui ne s'enfr'ouvroit à demi que pour laisser voir des dents blanches comme albâtre et luisantes comme émail. Sa
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robe courte, un peu bouffante, panachée de flammes roses, comme les Heurs qui viennent aux pois, parvenoit à peine à moitié de ses jambes faites au tour, chaussées d'un bas de soie blanc aussi tendu que si on y avoit employé le cabestan, et terminées par des pieds si mignons, qu'on ne pouvoit les voir sans envier le bonheur du cordonnier qui les avoit de sa main emprisonnés dans le satin.
— De quoi t'étonnes-tu? dit Fleur des Pois. — Ce qui prouve, par parenthèse, que Trésor des Fèves n 'avoit pas l'air extrêmement spirituel dans ce moment-là.
Trésor des Fèves rougit; mais il se remit bientôt. — Je m'étonne, répondit-il modestement, qu'une aussi belle princesse, qui est à peu près de ma taille, ait pu . tenir dans un pois chiche.
— Vous déprisez mal à propos ma calèche, Trésor des Fèves, reprit Fleur des Pois. On y voyage trèscommodément quand elle est ouverte; et c'est par hasard que je n'y ai pas mon grand écuyer, mon aumônier, mon gouverneur, mon secrétaire des commandements, et deux ou trois de mes femmes. J'aime a me promener seule, et ce caprice m'a valu l'accident qui m'est arrivé. Je ne sais si vous avez jamais ren-
contré en société le roi des Grillons, qui est fort inconnaissable à son masque noir et poli, comme celui d'Arlequin, à deux cornes droites et mobiles, et à certaine symphonie de mauvais goût dont il a coutume d'accompagner ses moindres paroles. Le roi des Grillons me faisoit la grâce de m'aimer; il n'ignoroit pas que ma minorité expire aujourd'hui, et qu'il est de l'usage des princesses de ma maison de prendre un mari à dix ans. Il s'est donc trouvé sur ma route, suivant l'usage, pour m'obséder du tintamarre infernal de ses carillonnantes déclarations, et je lui ai répondu, comme à l'ordinaire, en me bouchant les oreilles!
— 0 bonheur ! dit Trésor des Fèves enchanté ; vous n'épouserez pas le roi des Grillons !
— Je ne l'épouserai pas, répondit Fleur des Pois avec dignité. Mon choix étoit fait. — Je ne lui eus pas plutôt signifié ma résolution, que l'odieux Cri-Cri (c'est le nom de ce monarque) s'élança d'un bond sur ma voiture, comme s'il avoit voulu la dévorer, et qu'il en fit brutalement tomber la capote. — Marie-toi maintenant, me dit-il, impertinente mijaurée! marie-toi si tu le peux et si jamais mari vient te chercher clans cet équipage ! Quant à moi, je ne fais pas plus cas de ton royaume et de ta main que d'un pois chiche.
— Si vous pouviez me dire eu quel trou le roi des Grillons s'est caché, s'écria Trésor des Fèves furieux,. je l'aurois bientôt déterré avec ma serfouette, et je l'amènerois pieds et poings liés, princesse, à votre discrétion. — Je comprends cependant son désespoir, ajouta-t-il en laissant tomber son front sur sa main. — Mais ne pensez-vous pas qu'il faut que je vous accompagne jusque dans vos États, pour vous mettre à l'abri de ses poursuites?
— Il le faudroit en effet, magnanime Trésor des Fèves, si j'étois loin de ma frontière; mais voilà un champ de pois musqués où je ne compte que des sujets fidèles, et dont l'approche est interdite à mon ennemi. — Ainsi parlant, elle frappa la terre du pied et tomba suspendue des deux bras à deux tiges penchantes qui s'inclinèrent et se relevèrent sous elle, en semant ses cheveux des débris de leurs fleurs parfumées.
Pendant que Trésor des Fèves se complaisoit à la regarder (et je vous réponds que j'y aurois pris plaisir moi-même), elle le fixoit des traits acérés de ses yeux, le lioit des petits plis de son sourire, tellement qu'il auroit voulu mourir de la joie de la voir ainsi, et qu'il y seroit peut-être encore si elle ne l'avoit averti.
— C'est trop vous avoir retenu, lui dit-elle, car je sais que le commerce des fèves est fort affaireux par le temps qui court; mais ma calèche, ou plutôt la vôtre, vous fera regagner les moments perdus. Ne m'offensez pas, je vous prie, du refus d'un si mince cadeau. J'ai des millions de calèches pareilles dans les greniers du château, et quand j'en veux une nouvelle, je la trie sur le volet au milieu d'une poignée, et je donne le reste aux souris.
— Le moindre des bienfaits de Votre Altesse feroit la gloire et le bonheur de ma vie, répondit Trésor des Fèves; mais elle ne pense pas que je suis encore chargé de provisions. Or, je conçois à merveille, si bien mesurées que soient mes fèves, qu'il y aurait moyen de faire entrer assez commodément votre calèche dans un de mes litrons; mais mes litrons dans votre calèche, c'est une chose impossible.
— Essaye, dit Fleur des Pois en riant et en se balançant à ses fleurs; essaye, et ne t'émerveille pas du tout, comme un enfant qui n'a rien vu. — En effet, Trésor des Fèves n'éprouva aucune difficulté à placer les trois litrons dans la caisse de la voiture; elle en auroit contenu trente et davantage. Il fut un peu mortifié.
— Je suis prêt à partir, madame, reprit-il en se
plaçant lui-même sur un coussin bien rembourré dont l'ampleur lui permettait de s'accommoder fort agréablement dans toutes les positions, jusqu'à s'y coucher tout du long s'il lui en avoit pris envie. Je dois à la tendresse de mes parents de ne pas leur laisser d'inquiétude sur ce que je suis devenu à notre première séparation, et je n'attends plus que votre cocher qui s'est enfui épouvanté, sans doute, à l'incartade grossière du roi des Grillons, en reconduisant l'attelage et en emportant les brancards. Alors j'abandonnerai ces lieux avec l'éternel regret de vous avoir vue sans espérer de vous revoir.
— Bon ! repartit Fleur des Pois, sans avoir l'air de prendre garde à cette dernière partie du discours de Trésor des Fèves , qui tiroit fort à conséquence ; bon î ma calèche n'a ni cocher, ni brancards, ni attelage : elle marche à la vapeur, et il n'y a pas d'heure où elle ne fasse aisément cinquante mille lieues. Je te demande si tu seras en peine de retourner chez toi quand cela te conviendra. Il suffira que tu retiennes bien le geste et le mot dont je me servirai pour la mettre en route. — Le porte-manteau contient différents objets qui peuvent te servir en voyage, et qui t'appartiennent sans réserve. En l'ouvrant à la manière dont tu ouvrirois une gousse
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de pois verts, tu y trouveras trois écrins de la forme et de la juste grosseur d'un pois, suspendu chacun d'un fil léger qui les soutient dans leur étui comme des pois en cosse, de telle façon qu'il ne puisse se heurter dommageablement dans les déménagements et le transport : c'est un travail merveilleux. Ils céderont à la pression de ton doigt comme le soufflet de ma calèche, et tu n'auras plus qu'à en semer le contenu en terre dans un trou fait à la pointe de ta serfouette, pour voir poindre, trésir, éclore tout ce que tu auras souhaité. N'est-ce pas miracle, cela? Retiens bien seulement que, le troisième épuisé, il ne me reste rien à t'offrir, car je n'ai à moi que trois pois verts, comme tu n'avois que trois litrons de fèves, et la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. — Es-tu disposé à te mettre en route maintenant?
Sur le signe affirmatif de Trésor des Fèves, qui ne se son toit pas la force de parler, Fleur des Pois fit claquer le pouce de sa main droite contre le doigt du milieu, en criant : Partez, pois chiche!
Et le pois chiche étoit à plus de quinze cents kilomètres du champ musqué de Fleur des Pois, que les yeux de Trésor des Fèves la cherchoient encore inutilement. — Hélas! dit-il.
l l FLEUR DES POIS.
C'est que ce seroil Taire tort à la célérité du pois chiche que de dire qu'il parcourait l'espace avec la célérité d'une balle d'arquebuse. Les bois, les villes, les montagnes, les mers disparoissoient incomparablement
plus vite sur sou passage que les ombres chinoises de Séraphin sous la baguette du fameux magicien Rototnago. Les horizons les plus lointains se dessinoient à
peine dans une immense profondeur, qu'ils s'étoient précipités sur le pois chiche, et que Trésor des Fèves se seroit efforcé en vain de les retrouver derrière lui. Pendant qu'il se retournoit, crac, ils n'y étoient plus. Enfin il avoit plusieurs fois repris l'avance sur le soleil; plusieurs fois il l'avoit rejoint au retour pour le devancer encore, dans de brusques alternatives de jour et de nuit, quand Trésor des Fèves se douta qu'il avoit laissé de
côté la ville qu'il alloit voir, et le marché où il portoit vendre ses litrons.
— Les ressorts de cette voiture sont un peu gais, imagina-t-il soudain; car on n'oublie pas qu'il étoit doué d'un esprit très-subtil. Elle est partie à l'étourdie avant que Fleur des Pois eût achevé de s'expliquer sur ma destination, et il n'y a pas de raison pour que ce voyage finisse dans tous les siècles des siècles, cette aimable princesse, qui est assez évaporée, comme le comporte sa jeunesse, ayant bien pensé à me dire en quelle sorte on mettoit sa calèche en route, mais non pas ce qu'il falloit faire pour l'arrêter.
Effectivement Trésor des Fèves s'étoit servi sans succès de toutes les interjections mal sonnantes qu'il eût jamais recueillies, pudeur gardée, de la bouche blasphématoire des voiturins et des muletiers, gens de pauvre éducation et de méchant langage. La diantre de calèche alloit toujours, elle n'alloit que de plus belle; et, pendant qu'il fouilloit dans sa mémoire pour varier ses apostrophes de plus d'euphémismes que n'en pourroit enseigner la réthorique, madame la calèche coupoit des latitudes à la course, et passoit sur le ventre de dix royaumes qui n'en pouvoient mais. — Le diable t'emporte, chienne de calèche! s'écriait Trésor des
Fèves : ei le diable obéissant ne manquoit pas d'emporter la calèche dos tropiques aux polos, ou clos pôles aux tropiques, et de la ramener par tous les cercles de la sphère, sans égard au changement insalubre des températures. Il y avoit de quoi rôtir ou se morfondre avant peu. si Trésor des Fèves n'avoit pas été doué, ainsi que nous l'avons dit souvent, d'une admirable intelligence.
— Voire, dit-il en lui-même, puisque Fleur des Pois l'a lancé à travers le monde, en lui disant : Partez, pois chiche î... on l'arrêteroit peut-être en lui disant le contraire. Gela étoit extrêmement logique.
— Arrêtez , pois chiche ! cria Trésor des Fèves en faisant claquer le pouce de sa main droite contre le doigt du milieu, comme il l'avoit vu faire à Fleur des Pois.
Voyez si une académie tout entière auroit aussi bien trouvé ! Le pois chiche s'arrêta si juste , que vous ne l'auriez pas mieux arrêté en le fichant sur terre avec un clou. Il ne bougea.
Trésor des Fèves descendit de son équipage , le ramassa précieusement, et le laissa couler dans une bougette de cuir qu'il avoit à sa ceinture pour y serrer les échantillons de ses fèves, mais après en avoir retiré le porte -manteau.
L'endroit où la calèche de Trésor des Fèves s'étoit ainsi butée à son ordre n'est pas décrit par les voyageurs. Bruce le place aux sources du Nil, M. Douville au Congo, et M. Caillé à Tombouctou. C'étoit une plaine sans bornes, si sèche, si rocailleuse et si sauvage, qu'il n'y avoit pas un buisson sous lequel gîter, ni une mousse du désert pour reposer sa tête endormie, ni une feuille nourricière ou rafraîchissante pour apaiser la faim et la soif. Trésor des Fèves ne s'inquiéta point. Il fendit proprement de l'ongle son porte-manteau, et il en détacha un des petits écrins dont Fleur des Pois lui avoit fait la description.
Ensuite, il l'ouvrit comme il avoit fait de la calèche, et semant son contenu en terre, à la pointe de la serfouette : — Il en arrivera ce qui pourra, dit-il, mais j'aurois grand besoin d'un pavillon pour me couvrir cette nuit, ne fût-il que d'une plante de pois en fleur; d'un petit régal pour me nourrir, ne fùt-il que d'une purée de pois au sucre; et d'un lit pour me coucher, ne fùt-il que d'une plume de colibri. Aussi bien, je ne saurois revoir mes parents d'aujourd'hui , tant je me sens pressé d'appétit, et courbattu de la fatigue du voyage.
Trésor des Fèves n'avoit pas fini de parler, qu'il vit sourdre du sable un superbe pavillon en forme de
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plante de pois, qui moula, grandit, s'épanouit au loin, s'appuya d'espace en espace, sur dix échalas d'or, se repandit de toutes parts en gracieuses tentures do feuillage, parsemées do fleurs do pois, et s'arrondit en
arcades innombrables, dont chacune supportoit à la clef de son cintre un riche lustre de cristal chargé de bougies musquées. Tout le fond des arcades étoit garni de glaces de Venise, d'une hauteur démesurée, qui n'avoient pas le moindre défaut, et qui réfléchissoient les
lumières à éblouir d'une lieue la vue d'un aigle de sept ans.
Sous les pieds de Trésor des Fèves, une feuille de pois, tombée d'accident de la voûte, s'élargit en magnifique tapis diapré, de toutes les couleurs de l' arc-en-ciel et d'une multitude d'autres. Bien plus, ce tapis étoit bordé de guéridons de bois cl'aloès et de sandal, qui sembloient prêts à s'affaisser sous le poids des pâtisseries et des confitures, ou sur lesquels des fruits glacés au marasquin cernoient élégamment dans leurs coupes de porcelaine surdorée une bonne jatte de purée de petits pois au sucre, marbrée à sa surface de raisins de Corinthe noirs comme le jais , de vertes pistaches , de dragées de coriandre et de tranches d'ananas.
Au milieu de toutes ces pompes, Trésor des Fèves ne fut cependant pas en peine de rcconnoître son lit, c'est-à-dire la plume de colibri qu'il avoit souhaitée, et qui scintilloit dans un coin , comme une escarboucle tombée de la couronne du Grand Mogol, quoiqu'elle fût si petite, qu'on l'auroit cachée dans un grain de mil. Trésor des Fèves pensa d'abord que ce sommier répondent peu au reste des commodités du pavillon ; mais , à mesure qu'il regardoit la plume de colibri, elle se mit à foisonner tellement qu'il eut bientôt des plumes de coli-
bri à la hauteur de la main, couchettes de molles topazes, de flexibles saphirs et d'opales élastiques, où un papillon auroit enfoncé en s'y posant. — Assez, dit Trésor des Fèves, assez, plume de colibri! je dormirai trop bien comme cela!
Que notre voyageur ait fait fête à son banquet, et qu'il eût hâte de se reposer, cela n'a pas besoin d'être dit. L'amour lui trottoit bien un peu dans la tête; mais douze ans ne sont pas l'âge où l'amour ôte le sommeil, ei Fleur des Pois, à peine vue, n'avoit laissé à sa pensée que l'impression d'un rêve charmant, dont le sommeil seul pouvoit lui rendre l'illusion. Raison de plus pour dormir, s'il vous en souvient comme à moi. Toutefois, Trésor des Fèves étoit trop prudent pour s'abandonner à cette joie paresseuse avant de s'être assuré de l'extérieur de son pavillon, dont l'éclat suffisoit pour attirer de fort loin les voleurs et les gens du roi. 11 y en a en tous pays. Il sortit donc de l'enceinte magique, la serfouette ouverte à la main, comme d'habitude, pour faire le tour de sa tente, et aviser au bon état de son campement.
Aussitôt qu'il fut parvenu à son extrême frontière (c'étoit un petit ravin creusé par les eaux, et que la biquette auroit franchi sans façons), Trésor des Fèves
s'arrêta transi du frisson d'un homme de cœur ; car le vrai courage a des terreurs communes à notre pauvre humanité, et ne s'affermit en lui-même que par réflexion. Il y avoit, ma foi, de quoi réfléchir au spectacle dont je
parle.
C'étoit un front de bataille où reluisoient dans l'obscurité d'une nuit sans étoiles deux cents yeux ardents et
immobiles au-devant desquels couroient sans relâche, de la droite à la gauche, de la gauche à la droite et sur les flancs, deux yeux perçants et obliques dont l'expression indiquoit assez la ronde d'un général fort actif. Trésor des Fèves ne connoissoit ni Lavater, ni Gall, ni Spurzheim ; il n'éloit pas de la société phrénologique, mais il avoit l'instinct de simple nature qui instruit tous les êtres créés à discerner de loin la physionomie d'un ennemi; et il n'eut pas regardé un moment le comman-
dant en chef de cette louvetaillc affamée , sans reconnoître en lui le loup couard et patelin qui lui avoit adroitement escroqué, sous couleur de philosophie et de vertu, le dernier de ses litrons.
— Messire loup, dit Trésor des Fèves, n'a pas perdu de temps pour rassembler son bercail et le mettre à ma poursuite ! Mais par quel mystère ont-ils pu me rejoindre, tous tant qu'ils sont, si ces vauriens de loups n'ont aussi voyagé en poids chiche? — C'est probablement, reprit-il en soupirant, que les secrets de la science ne sont pas inconnus des méchants; et je n'oserois juger, quand j'y pense, que ce ne sont pas eux qui les ont inventés pour mieux engeigner les bonnes créatures dans leurs détestables machinations.
Trésor des Fèves étoit réservé dans ses entreprises, mais soudain dans ses résolutions; il exhiba donc hâtivement de sa bougette le porte-manteau qu'il y avoit glissé à côté de sa calèche; il en détacha le second de ses petits pois, l'ouvrit comme il avoit fait le premier et la calèche, et sema son contenu en terre, à la pointe de la serfouette. — Il en arrivera ce qui pourra, dit-il; mais j'aurois grand besoin cette nuit d'une muraille solide, ne fût-elle pas plus épaisse que celle de la chau-
mine, et d'une claie bien serrée, ne fût-elle pas plus forte que celle de mes échaliers, pour me défendre de messieurs les loups.
Et des murailles se dressèrent, non pas murailles
de chaumine, mais murailles de palais; et des claies germèrent devant tous les portiques, non pas claies en façon d'échalier, mais hautes grilles seigneuriales d'acier bleu, à flèches et buissons dorés, où loup, ni
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blaireau, ni renard n'auroil passé sans se meurtrir ou se navrer la fine pointe de son museau. An point où en étoil alors la stratégie dos loups, l'armée dos loups n'y
avoit que fairo. Après avoir tenté quelques pointes, ollo se retira en mauvais ordre.
Tranquille sur la suite de eet événement, Trésor (ïc> Fèves regagna son pavilton; mais ce fut cette fois sur des parvis de marbre, à travers des péristyles illuminés comme pour une noce, des escaliers qui montoient toujours et des galeries sans fin. 11 fut tout aise de retrouver son pavillon de fleurs de pois au cœur d'un grand jardin verdoyant et florissant qu'il ne se connoissoit pas, et son lit de plumes de colibri, où je suppose qu'il dormit plus heureux qu'un roi. On sait que je n'exagère jamais.
Son premier soin du lendemain fut de visiter la somptueuse demeure qu'il s'étoit trouvée dans un petit pois, et dont les moindres beautés le remplirent d'étonnement, car l'ameublement répondoit très-bien à la bonne mine du dehors. 11 examina en détail son musée de tableaux, son cabinet des antiques, son casier de médailles, ses insectes, ses ' coquillages , sa bibliothèque, délicieuses merveilles encore nouvelles pour lui. Ses livres le charmèrent surtout par le goût déli-
cal qui avoit présidé à leur choix. Ce qu'il y a de plus exquis dans la littérature et de plus utile dans les sciences humaines s'y trouvoit rassemblé pour le plaisir et l'instruction d'une longue vie, comme les Aventures de l'ingénieux Don Quichotte de la Manche, les chefsd'œuvre de la Bibliothèque bleue, de la fameuse édition de M'"e Oudot; des Contes des fées de toute sorte, avec de belles images en taille-douce; une collection de Voyages curieux et récréatifs dont les plus authentiques étoient déjà ceux de Robinson et de Gulliver ; d'excellents Almanachs pleins d'anecdotes divertissantes et de renseignements infaillibles sur les phases de la lune et les jours propres aux semailles; des Traités innombrables, écrits d'une manière fort simple et fort claire, sur l'agriculture, le jardinage, la pêche à la ligne, la chasse au filet, et l'art d'apprivoiser les rossignols; tout ce qu'on peut désirer enfin quand on est parvenu à connoître ce que valent les livres de F homme et son esprit : il n'y avoit d'ailleurs point d'autres savants, point d'autres philosophes, point d'autres poètes, par la raison incontestable que tout savoir, toute philosophie, toute poésie sont là ou ne seront jamais nulle part : c'est moi qui vous en réponds. Pendant qu'il procédoit ainsi à l'inventaire de ses
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richesses, Trésor des Fèves se sentit frappé du reflet de son image clans un des miroirs dont tous les salons étoient ornés. Si la glace n'étoil menteuse, il devoit
avoir grandi, o prodige! de plus de trois pieds depuis la veille ; et la moustache brune qui ombrageoit sa lèvre supérieure annonçoit distinctement en effet qu'il commençoit à passer d'une adolescenee robuste à une jeunesse virile. Ce phénomène le travailloit un peu, quand une riche pendule, placée entre deux trumeaux, lui permit de l'éclaircir à son grand regret ; une des aiguilles marquoit le quantième des années, et Trésor des Fèves s'aperçut, à n'en pas douter, qu'il avoit réellement vieilli de six ans.
— Six ans! s'écria-t-il, malheur à moi! Mes pauvres parents sont morts de vieillesse et peut-être de besoin! peut-être, hélas! sont-ils morts de la douleur de ma perte! et qu'auront-ils pensé, en mourant, de mon cruel abandon ou de ma pitoyable infortune? Je comprends, calèche maudite, que tu fasses bien du chemin, car tu dévores bien des jours dans tes minutes ! Partez donc, partez donc, pois chiche! continua-t-il en tirant le pois chiche de sa bougette, et en le lançant par la fenêtre. Allez si loin, damné de pois chiche, que l'on ne vous revoie jamais! — Aussi, n'a-
t-on jamais revu, à ma connoissance, de pois chiche, en façon de chaise de poste qui fît cinquante lieues à l'heure.
Trésor des Fèves descendit ses degrés de marbre plus triste qu'il n'avoit jamais fait l'échelle du grenier aux fèves. Il sortit du palais sans le voir; il chemina dans ses plaines incultes, sans prendre garde si les loups n'y avoient pas insolemment bivouaqué pour le menacer d'un blocus. Il revoit en marchant, se frappoit le front de la main et pleuroit quelquefois.
— Et qu'aurois-je à souhaiter, maintenant que mes parents n'existent plus? dit-il en tournant machinalement son porte-manteau entre ses doigts... Maintenant que Fleur des Pois est depuis six ans mariée, car c'étoit le jour où je l'ai vue qu'expiroit sa dixième année, et cette époque est celle du mariage des princesses de sa maison! D'ailleurs, son choix étoit fait. — Que m'importe le monde entier, le monde qui ne se composoit pour moi que d'une chaumière et d'un champ de fèves que vous ne me rendrez jamais, petit pois vert, ajouta-t-il en le détachant de sa gousse, car les jours si doux de l'enfance ne se renouvellent plus. Allez, petit pois vert, allez où Dieu vous portera, et produisez ce que vous devez produire à la gloire de
votre maîtresse, puisque c'en es! l'ail de mes vieux parents, de la chaumine, du champ de fèves et de
Finir des Pois! Allez, petit pois vert, allez bien loin!
Et il le lança de si grande force, que le petit pois vert auroit facilement rattrapé le gros pois chiche, si cela avoit été de sa nature. — Après quoi, Trésor des Fèves tomba par terre d'accablement et de douleur.
Quand il se releva, tout l'aspect de la plaine étoit changé. G'étoit jusqu'à l'horizon une mer sans bornes de brume ou de riante verdure, sur laquelle se rouloient comme des flots confus, au petit souffle des brises, de blanches fleurs à la carène de bateau et aux ailes de papillon, lavées de violet comme celles des fèves, ou de rose comme celles des pois; et quand le vent courboit ensemble tous leurs fronts ondoyants, toutes ces nuances se confondoient dans une nuance inconnue, qui étoit plus belle mille fois que celle des plus beaux parterres.
Trésor des Fèves s'élança, car il avoit tout revu, le champ agrandi, la chaumine embellie, son père et sa mère vivants, et qui accouroient au-devant de lui, bien qu'un peu cassés, de toute la force de leurs jambes,
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pour lui apprendre comment, depuis le jour de son départ, ils n'avoient jamais manqué de recevoir de ses nouvelles tous les soirs avec quelques gracieusetés qui ameilleuroient leur vie, et de bonnes espérances de retour qui les avoient sauvés de mourir.
Trésor des Fèves, après les avoir tendrement embrassés, leur donna ses bras pour l'accompagner à son palais. A mesure qu'ils en approchoient, le vieux et la vieille s'ébahissoient de plus en plus, et Trésor des Fèves auroit craint de troubler leur joie. Jl ne put cependant s'empêcher de dire en soupirant : Ah! si
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VOUS aviez vu Fleur des Pois ! Mais il y a six ans qu'elle est mariée!
— Et que je suis mariée avec toi, dit Fleur des Pois en ouvrant la grille à deux battants. Mon choix étoit fait alors, t'en souvient-il ? Entrez ici, continua-telle en baisant le vieux et la vieille qui ne pouvoient se lasser de l'admirer, car elle étoit aussi grandie de six ans, et l'histoire indique par là qu'elle en avoit seize. — Entrez ici chez votre fils : c'est un pays d'âme et d'imagination où l'on ne vieillit plus et où l'on ne meurt pas.
Il étoit difficile d'apprendre une meilleure nouvelle à ces pauvres gens.
Les fêtes du mariage s'accomplirent dans toute la splendeur requise entre de si grands personnages, et leur ménage ne cessa jamais d'être un parfait exemple d'amour, de constance et bonheur.
C'est ainsi que finissent les contes de fées.