JEAN-FUANÇOIS-LES-BAS-BLEUS
je vous parle (c'étoit un visionnaire) paraissoit entretenir une communication cachée, qui ne se faisoit connoitre qu'au mouvement perpétuel de ses lèvres.
Le costume de ce pauvre diable étoit cependant de nature à égayer les passants et [surtout les étrangers. Jean-François étoit le fils d'un digne tailleur de la rue d'Anvers, qui n'avoit rien épargné pour son éducation, à cause des grandes espérances qu'il clonnoit, et parce qu'on s'étoit flatté d'en faire un prêtre, que l'éclat de ses prédications devoit mener un jour à l'épiscopat. Il avoit été en effet le lauréat de toutes ses classes, et le savant abbé Barbélenet, le sage Quintilien de nos pères, s'informoit souvent dans son émigration de ce qu'étoit devenu son élève favori; mais on ne pouvoit le content'T. parce qu'il n'apparoissoit plus rien de l'homme de génie dans l'état de déchéance et de mépris où Jean- François les Bas-Bleus étoit tombé. Le vieux tailleur, qui avoit beaucoup d'autres enfants, s'étoit donc nécessairement retranché sur les dépenses de Jean- François , et bien qu'il l'entretînt toujours dans une exacte propreté, il ne l'habilloit plus que de quelques vêtements de rencontre que son état lui donnoit occasion d'acquérir à bon marché, ou des mise-bas de ses frères cadets, réparées pour cet usage. Ce genre d'accoutrement, si