Tiers
La BibUoihèque révolutionnaire du Louvre possède un nombre de Cahiers^ que je ne saurais déterminer avec certitude faute d*un catalogue détaillé. Ils n'y forment pas une section séparée, mais, au contraire, sont mêlés à des brochures et pièces plus où moins officielles de la même époque.
La Collection de feu le comte H. de laBédoyère, dont le libraire France a publié récemment (fin 1862) la description historique et bibliographique, paraît être très-riche en Cahiers origioaux*
Cependant^ comme les Cahiers réduits des bailliages et sénéchaussées de premier ordre^ les Cahiers encore réduits des sénéchaussées et bailliages secondaires^ les Cahiers primitifs de la Noblesse^ du Clergé^ des villes^ des corporations^ des paroisses rustiques, etc., ne sont pas distingués les uns des autres et sont même confondus avec d'autres pièces relatives aux élections^ j'ai lieu de supposer que cette riche collection^ qui a absorbé la célèbre collection Deschiens et plusieurs autres fort importantes, n'élève pas au delà du chiffre précédemment fixé — i78, — le total des Cahiers authentiques du Clergé,- de la Noblesse et du Tiers-État des bailliages principaux, imprimés en 1789.
Élevât-on ce chiffre à 200, il ne formerait pas encore la moitié des Cahiers émanés de toutes les assemblées du degré supérieur. La majorité, la presque totalité des Cahiers eût été imprimée dès 1789, si les électeurs, partout empressés de donner à leurs doléances et remontrances la plus grande publicité, avaient eu des imprimeries à leur portée. Ceux du Tiers-État de Mirecourt (Lorraine) et de Lannion (Bretagne), par exemple, se plaignaient d'être privés, £Eiute d'instruments, du droit naturel de transmettre, par la voie de la presse, leurs griefs et leurs vœux à leurs concitoyens^ et demandaient l'établissement d'une imprimerie dans chaque district. Les nobles d'Évreux et de Lyon voulaient que tous les Cahiers fussent imprimés.
IV. — DE LÀ COLLECTION GÉNiRÀLE DES PROCÈS- YEKBÀtJX, BIÉMOIRES, LETTRES ET AUTRES PIÈCES CONCERNANT LES DÉPUTÀTIONS À l' ASSEMBLÉE NATIONALE DE 1789.
L'idée première d'une collection générale et d'un résumé authentique des Cahiers se trouve exprimée dans les Cahiers mêmes et particulièrement dans ceux de la Noblesse d'Évreux et des Communes du bailliage royal de Meudon, banlieue de Paris.
« Que tous les députés du Tiers-Ordre, demandent les électeurs primaires de Meudon, commencent par confronter et comparer les divers Cahiers, les diverses instructions dont ils sont porteurs, afin de les mettre en concordance et pour en former un seul Cahier d'État qui présentera :
» 1<^ L'unanimité dn vœu de tous les citoyens sur les points cottstjtntiftnnete;
» 2* Ladite unanimité «ir les points d'administration généiaie ^ particulière;
» 3^ Les rapports et les différences des demandes et motions particulières à chaque bailliage, à chaque sénéchaussée, et les motifs qui las appuient ou qui Les dét^minent*
» Qu'à chacun des points de ces trois divisions soient apposés ^ margd k^ noms des baiilia^s ou sénéchaussées qui les auront notés,
» Qu'avant de les soumettre h aucune di^U>â^ation, le tableau qui les contiendra isoit rendu public par la voie de TirnivessiaD, pour qu'il servç do ténioignage à la nation de U fidélité et du ]Eèl9 da ses représentants, et qu^ copie dudit tabl^u soit incantiniNat envoyée à tous les bailliages et sénéchaussées qui auront député, afin que, chacun y trouvant l'expression exacte de sa volonté, la restauration s'opère sans réclamation, sans murmure,
» Que copie du même tableau soit présentée aux deux Ordres du Clergé et de la Noblesse pour obtenir leur adhésion au)ç diflé* rents points constitutionnels et d'administration y contenus, afin que la santé du eorps national devienne le fruit d^ l'union et de la concorde de tous ^es membres,
» Quand tous les intérêts de corps seront com^iliés, q^and les trois Ordres n'auront plus qu'une seule et même impulsion, le bonheur de la patrie commune; quand enfin tous les députés pourront dire, suivant Le mot des Ëtats^Généraux de Tours, en 1487, qu'ils sont envoyés, non pour leur Ordre, mais pour la nation entière; alors il sera indispensable de s'occuper provisoirement des besoins actuels de TÉtat, etc.. »
Ce ne fut pas, on le sait, grâce à une conciliation, mais grâce à une lutte héroïque^ commenoée h YersuiU^Sj Mm la s^lle du leu d^ Paumo, achevée h Paris, nur la plaee où fut la Dustille, <{ue les Étots-fténéraux réussirent à être et à r^st^ l'AJ^mblée »*■ tional^. U devint donc inutile de sati^£iiro m vœu d^s hi^bitaots de Maydon, et la CoUection générale des o^Ass relatif $ à la ^pnvomUon 0iàla dépuWim à VAsmfMk mtio»QM de 1789 ne H ^treprise, sur les ordres de la Constituante et ^ou^ 1^ direction d^ Camus, qu'en i790 et dan^ un but pUis historiqw» qwe j^litiqwfl.
Camus lui-même en a expliqué la çQïx^^tm, ïél/^io» ^
ET ÉGLilUGISSEMENTS. 359
rimportance dans une pièce manuscrite que je dois reproduire in extenso,
« LacoBvocatiaa des États-Géaéraux eu 1789, et les opéra' lions d$ l'Asseioblée nationale qui a été la suUe de cette oonvQoa^tion^ sont des événements assez mémorables dans les fastes d^ la nation française, pour que la postérité doive désirer dQ connaîtra tous les détails de la convocation aussi bien que des opérations qui Toat suivie. Cette seconde portion de l'histoire de VA^ semblée nationale se trouve dans Si&s procès-verbaux et dans le» pièce* manuscrites et imprimées que j'ai assemblées aux Archiver itationales, avec le plus de soin qu'il m'a été possible.
» Par rapport h la première partie ou h rhistoire de la convocation ou de la députation^ il s'en trouvait une portion dans le$ piocè^verbaux d'élection des députés^ dont rAssemblée avait or*donné la remise h ses Archives. Mais cette portion d'histoûe était ^trêmement incomplète^ d'abord parce que tous les députés n'ont pas été exacts à satisfaire aux décrets qui leur ordonnaient de remettr<^ leurs pouvoirs aux Archives, ensuite parce que plu' «ieurs ont pensé que les décrets de l'Assamblée ne les obligeaient pas à remettre les Gabiers dressés par leurs covomettanta, et de fait ne les oat pas remis; eu troisième lieu^ parce que les pr(K)è> verbauK d'élection et les Cahiers ne fcmt pas^. à beaucoup près, la totalité des actes relatifs à la convocation et à la députatioo* Dans la plupart des bsôlliages^ ces deux opérations ont donné lieu à des mànoires, des lettres jpour consulter les ministres» des décisions^ des rédamalÂons^ etc. Les opérations des baiUia^ges seeoor daires ont dk)uné lieu à 4es actifs du mèim g^nre» et presqi^ aucnn de ces actes n'avait été remis aux Archives.
« Presque tous ces actes se trouvaient réunis dans un dépôt formé par M. le garde àe» sceaux Bareixtia. Le» prooè$-verbaux d'élection et les Cahiers tant des bailliages principaux que <les baillia^ secox^daires lui avaient ét4 fournis en expédition par les grands baillis et leurs lieutenants ^généraux; beaucoup de méipcôres et de lettres lui avaient été adressés; celles mênsies qui vivaient été écrites aux autres ministjses^ avaient éié la plupart re- Bûses À M. le garde des sceaux ; les notes des décisiens et les mir Mt^. deac^ponseï s'y trouvaient |ointes^
9 Instruit de Texistence de ce dépôts je demandai à Tarchevèque de Bordeaux, successeur de M. Barentin, qu'il me permit d'y prendre la copie des pièces qui seraient nécessaires pour compléter le dépôt de l'Assemblée nationale. Il y consentit^ en me demandant pareille communication des pièces qui seraient dans le dépôt de l'Assemblée et qui ne se trouTaient pas dans celui de la cbancel* lerie.
» Ma demande avait été faite dans le temps où l'Assemblée tenait ses séances à Versailles. Le transport de l'assemblée à Paris, et divers événements qui suivirent, en retardèrent l'effet. Au mois de février 1790^ j'eus occasion d'apprendre de M. Natale de Lenart, maître des requêtes, l'un des commissaires qui avaient travaillé à l'examen et au rapport des questions relatives à la convocation, qu'il était chargé du soin de veiller à l'ordre et à la conservation du dépôt de la chancellerie, auquel on avait donné pour garde particulier M. Rondonneau, secrétaire de la commission établie pour décider les difficultés relatives à la convocation. Le dépôt était établi dans un logement dépendant de l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés : M. Rondonneau était chargé de m^tre l'ordre dans les pièces et d'en faire des répertoires. Après avoir jeté les yeuï sur la quantité de pièces qui étaient dans le dépôt, je sentis l'impossibilité de se contenter de ce que j'avais projeté d'abord et qui était uniquement de faire faire des copies des pièces originales, et je conçus la nécessité de faire le travail dans un genre tout différent.
» Le seul parti à prendre me parut de faire copier l'universalité des procès-verbaux, actes, mémoires, etc., déposés tant à Saint-Germain qu'aux Archives nationales, selon l'ordre des dates relativement à chaque sénéchaussée, bailliage, etc., soit que les originaux se trouvassent ou non déjà déposés aux Archives. Je pensai qu'en faisant relier ces copies par volumes, en tète desquels je placerais des tables chronologiquos, il serait facile de compulser, lorsqu'on aurait besoin de le faire, chacune des pièces qui avait eu trait à la convocation des États-Généraux et aux députations.
» Ce plan a été exécuté. Chacun des cartons du dépôt de Saint- Germain a été transporté successivement aux Archives, d'après la permission obtenue de M. le garde des sceaux^ constatée par la lettre de M. Delessart, ci-jointe. Les copies ont été faites sous mes yeux et collationnées sur leurs originaux. J'ai fait succéder les se-
nëchaussées^ bailliages^ etc., les uns aux autres, conformément aux titres imprimés (2^ édition de Timprimerie royale); la table chronologique des pièces relatives à chaque bailliage^ sénéchaussée^ etc.^ est en tête après le nom du bailliage. Lorsque les copies seront achevées, mon projet est de faire faire des répertoires par ordre alphabétique d«%s personnes, lieux et matières dont il est parlé. Une note marginale indique celles des pièces copiées dont les originaux ou les authentiques sont aux Archives ^ » Paris, aux Archives nationales, le 20 juin 1790.
» Signé : Camus. )>
Formée d'après les principes exposés dans V Avertissement de rarchiviste Camus, la collection générale devrait contenir, nonseulement les 178 Cahiers des bailliages principaux impriméSy maïs, en outre, les 304 des bailliages principaux restés manuscrits et dont voici la liste :
LISTE DES SÉNÉCHAUSSÉES ET BAILLIAGES PRINCIPAUX DONT LES CAHIERS n'ONT PAS ÉTÉ IMPRIMÉS EN 1789.